DIVERS
La pleurésie syphilitique du stade roséolique.
{Bullelia de la Sxiélemédicale des Mpilam:, 1890. - Bullclin médical, 1891.
Les premières communications sur l’existence de la pleurésie syphilitique ont été faites par Widal et moi à la Société médicale des hôpitaux (1890). Nous lui avons attribué la dénomination de pleurésie syphilitique du stade roséolique. Depuis lors, j’ai publié trois nouveaux cas dans le Bulletin médical en 1891, et deux autres observations en 1894 dans une clinique faite à l’Hôtel-Dieu pendant que je suppléais le professeur Germain Sée (Presse médicale).
Mes publications ont suscité des travaux confirmatifs : les cas de Talamon, Ferrand, Rochon, Lyon, Preetorius (d’Anvers), etc.
Je me suis efforcé, dans la leçon clinique à laquelle je viens de faire allusion, de signaler les caractères saillants de cette affection et de donner les éléments qui permettront de la diagnostiquer.
J’ai étudié successivement le mode de début, la date de l’entrée en scène de la complication pleurale relativement à l’apparition antérieure du chancre infectant; les lésions anatomiques supposées, pleurésie sèche ou avec épanchement ; l’uniiatéralité ou la bilatéralité de Texsudat, sa nature séreuse révélée parla ponction exploratrice dans un cas unique et personnel.
J’ai décrit l’évolulion, comparable par bien des points ii celle de la pleurésie rhumatismale. J’ai insisté sur la bronchite concomitante, qui peut atteindre un tel degré congestif qu’une hémoptysie peut se produire, comme dans un cas que j’ai observé à Lourcine. J’ai émis l’hypothèse qu’au point de vue pathogénique cette pleurésie pourrait bien être expliquée par une éruption secondaire à la surface de la plèvre, rappelant ce qui se passe du côté de la peau ou des muqueuses à la même période de la maladie.
C’est parce qu’on incrimine trop aisément une névralgie intercostale, une myalgie, une périostite, en présence d’un syphilitique qui se plaint de point de côté, que cette manifestation pleurale de la syphilis a été si longtemps méconnue.
La nature syphilitique de cette complication a été contestée par quelques auteurs. Je soutiens qu’il y a là plus qu’une coïncidence. Parmi les nombreux arguments que j’ai donnés, la disparition rapide des signes sous l’influence du traitement spécifique suffirait à lever les doutes.
Le sol, Veau et l'air.
Agents de transmission des maladies infectieuses.
(Tome II du Traité dt Palhologié générale, 1895.)
J’ai consigné dans ce travail les principaux faits connus actuellement sur la microbiologie générale du sol, de l’eau et de l’air. J’ai tâché de montrer, en me servant des expériences publiées par les auteurs et de celles qui me sont personnelles, le rôle des microbes saprophytes et pathogènes qui habitent ces divers éléments.
Dans le sol, j’ai passé en revue le mode de destruction de la matière organique répandue à la surface de la terre ou dans sa profondeur, sous l’influencedes ferments de la nitrification ; l’oxydation de l’azote des composés ammoniacaux, l’épuration spontanée du sol et les processus par lesquels elle se produit d’une
manière parfaite ou incomplète. J’ai étudié la persistance des microbes, variable avec la profondeur dans laquelle ils sont enfouis et variable aussi avec leur race, leur mode de reproduction, etc. Je me suis efforcé de dégager les facteurs du travail dont les expériences nous donnent les résultats : l’influence de la concurrence microbienne, de la température, de la composition de l’air, du sol ; le rôle des microbes dans la production du charbon, de la tourbe, d u fumier des champs, et celui des bactéroïdes des légumineuses, etc. L’étude des saprophytes du sol m’a conduit il celle des germes pathogènes, spores du charbon, bacilles de la fièvre typhoïde, du choléra, de la tuberculose, du tétanos, etc., envisagés au point de vue de leurs moyens de conservation et de transmission à notre contact. La critique de la théorie do Pettenkofer et l’étude de l’épuration des eaux d’égout terminent le premier chapitre.
Dans l’étude hygiénique de l’eau potable j’ai montré comment les enquêtes épidémiologiques avaient conduit aux recherches de la bactériologie. J’ai fait l’historique des premières découvertes ; celles de Pasteur et Joubert, celle de Koch sur le vibrion cholérique trouvé dans un étang de l’Inde, celle de Chantemesse et Widal sur le bacille typhique, etc. La critique des expériences des auteurs sur la longévité des microbes pathogènes renfermés dans l’eau m’a conduit à rechercher les causes des résultats contradictoires publiés de divers côtés. J’ai tâché de montrer les imperfections des méthodes techniques qui entachaient d’erreurs les résultats des expériences, et de signaler les points sur lesquels tout le monde tombait d’accord. Ces préliminaires établis, j’ai cherché les limites de la vitalité dans l’eau des microbes de la tuberculose, du charbon, de la suppuration, du choléra, de la fièvre typhoïde, etc. Chemin faisant, j’ai dû revenir une fois de plus sur les caractères distinctifs du bacille d’Eberth etducoli-bacille, et conclure à l’aide de la bactériologie, de l’anatomie pathologique et de la médecine expérimentale à leur différenciation profonde. La critique de la valeur des analyses bactériologiques pour juger la qualité des eaux
potables m’a amené à comparer l’importance des données fournies par la bactériologie à celle des résultats que nous procurent les analyses chimiques et à conclure qu’un jugement équitable en pareille matière ne pouvait s’appuyer sur un seul élément de diagnostic et qu’il devait contrôler successivement les unes par les autres les analyses bactériologiques, chimiques, microscopiques et les enquêtes géologiques.
L’étude des méthodes d’épuration et de stérilisation des eaux impures occupe les dernières pages de ce travail.
Les microbes de l’atmosphère n’ont été l’objet d’une recherche vraiment scientifique que depuis les découvertes de M. Pasteur et les travaux de M. Miquel. L’énumération dés expériences et des résultats obtenus m’a conduit à l’étude dés germes pathogènes qui trouvent un véhicule dans l’air ambiant. J’ai recherché les causes pour lesquelles tant de maladies contagieuses ont un si faible pouvoir d’extension, et j’ai dû passer en revue l’influence de la dessiccation et de l’oxygénation sur les germes pathogènes répandus dans l’atmosphère. J’ai étudié particulièrement la contagion aérienne de la malaria, du typhus, de la fièvre typhoïde, du choléra et celle de la tuberculose dont les recherches de M. Dieulafoy et de M. Straus nous ont montré les traces si fréquentes dans le mucus des voies aériennes et dans le tissu adénoïde qui les tapisse.
Les glandesparathyroUliennes de l’homme. (En collaboration avec M. René Marie.)
Un anatomiste suédois, Sandstrôm, avait décrit, avec beaucoup de détails, de petites glandes qui se trouvent dans le voisinage immédiat du corps thyroïde chez l’homme, le lapin, le chien, le chat, le cheval, le bœuf, et leur avait donné le nom de glandes parathyroïdiennes. Krause et Gley les ont retrouvées chez le lapin, et le chien ; Christiani, chez le rat, mais aucun anatomiste n’a vérifié
la description de Sandstrôm en Ce qui concerne les glandes parathyroïdiennes de l’homme.
Avec l’aide de M. R. Marie j’ai recherché ces glandules que j’ai retrouvées constamment. Elles forment au niveau du bord postérieur de chaque lobe deux groupes, accompagnant chacun une des artères thyroïdiennes. Le groupe supérieur est le plus inconstant. Elles sont situées très près du corps thyroïde dans sa capsule ou dans le tissu cellulo-adipeux environnant. Leur couleur se rapproche beaucoup de celle de la glande principale et elles sont réunies à une des branches des vaisseaux thyroïdiens, par un petit pédicule vasculaire. Leur volume varie d’un grain de blé à, une lentille. Leur structure histologique les rapproche des glandes thyroïdes embryonnaires. Ce sont des tubes pleins ; et ce n’est qu’en de très rares points que l’on voit quelques vésicules se former et se remplir de matière colloïde.
L’existence de ces glandules offre une certaine importance au point de vue chirurgical, elle légitime le mode opératoire de l’énucléation sous-capsulaire, lorsque la thyroïdectomie ne peut être évitée.
Hyçjiène de teau potcèle.
(Rapport au Congrès international a'hygiène de Buda-Pesl.)
Dans ce rapport, je passe en revue les causes d’insalubrité de l’eau potable dues à la présence de substances cbimiques, des parasites animaux et des microbes. J’insiste particulièrement sur le rôle de l’eau au point de vue de l’étiologie de la dysenterie, du choléra, de la fièvre typhoïde.
J’étudie ensuite les conditions qui doivent présider au choix d’une eau potable, les manières d’épuration spontanée de l’eau, les méthodes de puriBcation par la filtration, la stérilisation thermique et l’action des agents chimiques
Permtance des germes de la tuberculose dans teau de rivière.
(En collaboration avec M. Widal.)
[Cmgrhde la tuberculose, 1888.)
Les conclusions de ces expériences ont été les suivantes :
1“ Les germes de la tuberculose se sont conservés vivants pendant cinquante jours dans l’eau de Seine stérilisée et laissée entre 8 et 12 degrés.
2” Ils se sont conservés vivants pendant soixante-dix jours dans l’eau de Seine stérilisée, maintenue entre 15 et 18 degrés.
Les résultats de nos expériences ont été confirmés par le travail deMM.StrausetDubarry.(i.rcA. * OTé*c.er/)«rim., 1889.)
Recherches e.xpérimentales sur les anlisqitiques applicables au traitement de la diphtérie.
(En collaboration avec M. Widal.)
Nous avons étudié expérimentalement l’action de divers antiseptiques sur la vitalité du bacille de Lœffler. La formule légèrement modifiée du D‘ Soûlez de Romorantin (huile, acide phénique et camphre) nous a paru avoir un réel pouvoir antiseptique.
Diagnostic de la diphtérie. (En collaboration avec M. Widal.)
Nous avons consigné ici les résultats de nos recherches sur le diagnostic de la diphtérie par la culture sur tubes de sérum.
Ce procédé, devenu classique aujourd’hui, nous avait été indiqué par MM. Roux et Yersin. Nous avons été les premiers à l’employer dans la clinique courante et à en montrer la valeur.
La Rubéole.
Dans ce travail, je rapporte une observation de rubéole faite
sur un étudiant de mon service : éruption simulant celle do la rougeole avec angine rappelant celle de la scarlatine. Dès le troisième jour de la maladie, l’adénopathie dans les régions latérales et postérieures du cou était très intense tandis que l’éruption cutanée n’est apparue que le sixième Jour et a persisté pendant sept jours.
A cette éruption s’était joint un catarrhe prolongé des muqueuses et un rhumatisme comparable à celui qu’on voit survenir après la scarlatine.
Les pseudo-parasites du sang observés dans le cours de Finfluenza.
Dans le cours de la grande épidémie d’influenza qui sévit è Paris en 1890, j’ai recherché, comme beaucoup d’autres, la présence du parasite dans le sang au moment de la période fébrile de la maladie. Klebs venait de décrire une nomade qui se trouvait en grand nombre dans le sang de grippés. J’ai vu les formes mobiles, munies de flagella qu’il indiquait, mais je n’ai pu les rattacher à des parasites proprement dits.
J’ai pensé que les figures aperçues par Klebs n’étaient pas autre chose que des modifications des globules rouges telles qu’on les voit survenir dans beaucoup de maladies fébriles et non fébriles.
Quelques-unes des formes que j’ai observées ressemblaient aux modifications globulaires décrites par M. Hayem dans les anémies graves.
Typhus exanthématique à Lille.
{ro»™a(o//!»iW, mai 1893.)
L’enquête que je fis pendant cette épidémie à Lille me montra l’influence pathogénique des produits de l’expectoration des malades atteints de typhus. Je signalai le rôle de la contagion qui s était exercée au palais de justice, et dont l’intermédiaire était
probablement des crachats desséchés et projetés dans la salle par le balayage.
Intoxication provoquée par les poêles à combustion lente.
{Journal of/icid, im.)
Ce travail est une étude sur la cause et le mécanisme des empoisonnements observés fréquemment dans le chauffage par les poêles à combustion lente et surtout par les poêles mobiles. L’agent toxique est l’oxyde de carbone, qui grâce au faible tirage de l’appareil est facilement reflué dans les appartements.
Itapport sur le Congrès international Æhygiène de Budajiest.
Comme chef de la délégation française au Congrès do Budapest, j’adressai ce rapport au ministre de l’Intérieur. Il contient l’analyse sommaire des principales, communications faites à ce congrès et en particulier celle du travail de M. Roux sur la sérothérapie de la diphtérie, et de M. Metchnikoff sur l’étiologie du choléra expérimental. L’historique de la sérothérapie renferme au sujet de la priorité de cette grande découverte une erreur dont j’ai depuis reconnu l’existence.
Luxation du pied en dehors, compliquée de fracture.
Cancer de la vessie.
Rems syphilitiques contenant des collections d'aspect caséeux dues probablement à des gommes.
Adénie avec autopsie.
Pachi/méningite cervicale tuberculeuse ayant évolué avec les caractères cliniques analogues à ceux de la pachyméningite cervicale hypertrophique de M. Joffroy.
{Soc. Ami., 18S2.)
Cirrhose hypertrophique avec ictère.
(Soc. Ami., 1881.)
Ce travail est une contribution à l’étude du type mis en lumière par llanot. L’observation clinique et l’examen anatomique et histologique viennent confirmer entièrement la description qu’il avait donnée.
Pouls lent qiermanent avec attaques épideptiformes et syncopales.
Le malade était albuminurique. A l’autopsie il y avait des lésions d’atliérome généralisé, do néphrite, de myocardite, mais les vaisseaux du bulbe ne présentaient pas de lésions athéromamateuscs. Dans ce cas la théorie de l’ischémie bulbaire ne semble pas justifiée, à moins qu’il ne s’agisse d’une ischémie spasmodique.
Anéwysme volumineux de la crosse de l’aorte guéri par tiodure de potassium.
Anévrysme volumineux animé de battements et présentant un double souffle. La malade souffrait de violentes douleurs angineuses. Pas de traces apparentes de syphilis. Le traitement continué pendant deux ans consista dans la prise quotidienne de deux grammes d’iodure de potassium. Les douleurs s’amendèrent rapidement. Les mouvements d’expansion de la tumeur cessèrent et son volume diminua.
'Irois ans plus tard la malade succomba, non aux progrès de son anévrysme, mais à une tuberculose vésicale.
H^mnrrhfir/ie périprini'milii/iie. (En collaboration avec M, Griffon.)
Nous avons observé un cas d’athérome localisé aux branches du tronc cœliaque, ayant abouti à la rupture vasculaire dans tout le territoire du pancréas, et à la formation d'hémorrhagies diffuses autour de la glande. Le tableau clinique avait été celui de la colique hépatique; on nota des selles décolorées, graisseuses : ce caractère, joint h l’absence de l’ictère, aurait pu faire soupçonner une lésion du pancréas.
Nfvra/f/ies bilatérales et dilatatmi de l’estomac.
(En collaboration avec M. Le Noir.)
Dans ce travail, nous étudions les caractères des névralgies thoraciques qui surviennent chez les dyspeptiques atteints de dilatation de l’estomac. Bilatérales, elles ne sont que rarement symétriques. Elles jouent un rôle actif dans les douleurs des patients et sont confondues fréquemment avec des douleurs intestinales, et chez les dyspeptiques fébricitants elles peuvent faire craindre l’apparition d’une pleurésie.
Tuberculose spontanée du chien (septembre 1891 ).
(En collaboration avec M. Le Dantec.)
La tuberculose spontanée existe chez le chien, mais elle passe souvent inaperçue parce qu’elle revêt chez lui des apparences de lésions carcinomateuses ou cancéreuses. Nous avons cité l’observation d’un chien qui paraissait atteint à l’autopsie d’une tumeur cancéreuse. 11 a fallu pratiquer des inoculations et colorer les bacilles pour reconnaître la tuberculose.
L'Institut dhygiène à Munkh.
{Progrès médical,\%U.)
Description accompagnée de dessins de l’Institut de Pettenkofer. Les méthodes d’enseignement et les programmes des cours faits aux médecins qui se destinent à devenir fonctionnaires du service sanitaire sont analysés longuement.
L’Institut dhygièm de Berlin.
Rapport adresse au ministre de l’Instruction publique après la mission qui m’avait été donnée pour aller étudier la bactériologie au laboratoire de M. Koch.
L'Hôpital municipal de Berlin (en collaboration avec M. Clado).
[Progrès médical, 18813.)
Description accompagnée de planches et de dessins de ce nouvel hôpital dont l’installation matérielle était bien supérieure à celle des hôpitaux de Paris à celte époque.
Infection mixte par le bacille de la tuberculose et celui de la fièvre typhoide.
(En collaboration avec M. Ramond.)
[Société médicale des hôpitaux, 1897.)
Dans un cas évoluant cliniquement comme la méningite tuberculeuse, nous avons trouvé des taches rosées et la réaction agglutinante du sérum. L’autopsie ne montra que la méningite tuberculeuse avec bacille de Koch. La culture de la rate et des ganglions mésentériques permit d’en extraire le bacille typhique.
Fièvre typhoide expérimentale.
(En collaboration avec M. Ramond.)
[Société de Biologie, 17 juillet 1897.)
Depuis la découverte du bacille d’Eberth, les tentatives pour donner la fièvre typhoïde aux animaux ont été extrêmement nombreuses, mais on n’était parvenu qu’à leur donner une infection qui n’avait ni les allures, ni l’évolution de la fièvre typhoïde humaine. Chez le singe et chez le lapin, à l’aide d’un procédé instrumental particulier, nous avons pu réaliser une maladie éberthienne qui se rapproche beaucoup de la dothiénentérie de l’homme.
Le singe macaque soumis, autant que faire se peut, à l’antisepsie intestinale par le régime lacté exclusif continué pendant quinze jours, prend bien la fièvre typhoïde. Il suffit, en effet, lorsque les garde-robes sont devenues blanches, de lui faire absorber pendant trois ou quatre jours une petite quantité de bacille d’Eberth prise sur une culture fraîche et très virulente. L’ingestion se fait facilement lorsqu’un raclage d’un tube de gélose est mélangé à de la confiture. Deux ou trois jours plus tard, l’animal est pris de fièvre, son appétit est diminué; il a parfois
de la diarrhée et on trouve naturellement des bacilles d’Eberth dans ses garde-robes. Cependant la fièvre s’accentue et l’état général devient mauvais. Souvent, dans les derniers jours de la vie, la température baisse au-dessous de la normale et l’animal succombe du huitième au douzième jour.
L’autopsie est caractéristique et confirme la notion de l’existence de la fièvre typhoïde. On constate la présence de lésions, de congestion, d’hémorrhagie, d’exulcération delà tunique muqueuse de l’intestin grêle au niveau de sa dernière portion et surtout du cæcum. Les ganglions mésentériques sont hypertrophiés. La rate est d’un rouge foncé, dense et augmentée de volume ; le foie est volumineux et congestionné. Les poumons présentent des zones de congestion et d’atélectasie. La culture des organes donne des bacilles d’Eberth. L’examen histologique de la rate fournit surtout dos renseignements typiques. Sur les coupes que nous présentons à la Société de Biologie et dont la coloration depuis dixhuit mois s’est suffisamment conservée, on voit très nettement les foyers de bacilles d’Eberth, où les microbes sont entassés en amas les uns à côté des autres, tandis que le reste du parenchyme n’en renferme pas ou presque pas. Ces foyers microbiens sont tellement semblables à ceux que présentent les rates typhiques humaines qu’à un examen limité à la vue de ces foyers, une confusion entre les lésions de rates typhiques de l’homme et du singe serait possible.
Quelques-uns de ces foyers présentent encore leurs cellules non dégénérées munies d’un noyau bien coloré, d’autres montrent dans leur intérieur des cellules atteintes do nécrose.
La tunique du cæcum est épaissie. La couche glandulaire est en partie abrasée et les cellules de la profondeur sont tuméfiées, se colorent mal; dans le tissu sous-muqueux, on trouve des vaisseaux congestionnes et des bacilles en petit nombre infiltrés çà et là. Le foie est congestionné, atteint par places de véritables hémorrhagies capillaires. On y découvre des zones où les travées
hépatiques ne se colorent plus. Nulle part nous n’avons trouvé dans le foie du singe l’infiltration leucocytique que l’on constate dans le foie du lapin atteint de fièvre typhoïde.
Le lapin peut, en effet, contracter la fièvre typhoïde par ingestion buccale. La condition de la réalisation de l’infection est dans la virulence du microbe pour le corps du lapin ou bien, si le microbe utilisé n’a qu’une virulence moyenne, dans l’abaissement de la résistance organique de l’animal. Celle-ci s’obtient à l’aide de divers procédés. Un des plus simples consiste à injecter dans la cavité péritonéale du lapin, aussitôt après l’ingestion virulente, 25 à 35 gouttes de laudanum de Sydenham. On obtient ainsi, pendant un certain temps, un sommeil des phagocytes qui favorise beaucoup 1 infection.
Voici un résumé des symptômes qui apparaissent chez les animaux sou’mis aux expériences. Quelques heures après l’ingestion d’une dose de 3 à 5 centimètres cubes d’une culture jeune de bacille d’Eberth dans du bouillon, la température s’élève à 40“ ou 4t“,5 ; le lapin ne mange pas de la journée. La diarrhée, lorsqu’elle existe, est peu abondante; l’animal se blottit au fond de sa cage, la tête rentrée dans les épaules, les oreilles tombantes. Le lendemain tous ces phénomènes ont disparu, mais la température reste de quelques dixièmes au-dessus de la normale. Les jours suivants, le poids baisse de 150 à 200 grammes, la fièvre est légère, l’appétit est un peu diminué. Vers le douzième jour environ, il se fait une brusque élévation tnermique qui aiieint ou dépasse 40“, puis, pendant une quinzaine de jours, la fièvre persiste, s’élevant au-dessus de la température normale de un demi à un degré et demi; enfin l’animal reprend sa température normale, 38“,8. Pendant le cours de la maladie, l’appétit est diminué, la diarrhée se montre irrégulièrementpendant quatre ou cinq jours ; les mouvements respiratoires sont ralentis (sauf les cas de pleurésie) et les urines ne contiennent pas d’albumine. L’abattement de l’animal est évident ; il ne s’enfuit pas à l’approche, il reste re-
pliésur sesmembres, le do3 voûté, la tête rentrée dans les épaules, les oreilles pendantes, les yeux mi-clos. Si l’assoupissement est plus considérable, les yeux sont fermés, la tête oscille verticalement à chaque mouvement respiratoire. A ces symptômes s’ajoute parfois une conjonctivite purulente de peu de durée.
Peu à peu, vers le quinzième jour, si l’évolution doit être favorable, les signes s’amendent et en peu de temps le lapin revient k son état normal. Dans le tableau des symptômes que nous venons de décrire, on peut reconnaître avec certitude l’image de la fièvre typhoïde expérimentale, et cela pour deux raisons tirées des résultats de l’examen anatomique et bactériologique, lorsqu’on sacrifie l’animal dans le cours de sa maladie et des renseignements tournis par la réaction agglutinante. L’épreuve faite chez nos lapins avant l’ingestion virulente a toujours été négative; elle est devenue positive très rarement dès le septième jour et le plus souvent du neuvième au douzième jour. Dans aucun cas l’agglutination du bacille d’Eberth par le sérum des animaux n’a manqué d’apparaltre, pourvu que la maladie dure assez longtemps. Une épreuve faite, dans un cas, soixante-trois jours après l’ingestion, était encore positive.
Les données recueillies par l’examen anatomique et bactériologique ne sont pas moins précises. Si on sacrifie le lapin dixjours après l’ingestion, on trouve une rate hypertrophiée ayant deux ou trois fois son volume normal; le foie congestionné, l’intestin grêle rempli de matières diarrhéiques ocreuses, les plaques de Peyer saillantes atteintes fréquemment d’ulcérations à leur surface, les ganglions mésentériques augmentés de volume. L’ensemencement des pulpes splénique et hépatique donne du bacille d’Eberth pur; le sang du cœur est stérile.
Tel est le tableau, chez le lapin, de la fièvre tvphoïde expérimentale de moyenne gravité. Elle montre réalisé chez l’animal un schéma des cas moyens de la dothiénentérie humaine. D’autres exemples de la même maladie expérimentale s’éloignent beaucoup
du tableau précédent, les uns par la gravité et la rapidité de la marche de la maladie, laquelle parcourt ses étapes entre quelques heures et trois ou quatre jours, les autres par la terminaison mortelle qui se montre spontanément du vingt-cinquième au trentième Jour; d’autres enfin présentent des exemples de cas abortifs, les uns bien caractérisés et les autres frustes où l’infection s’accompagne d’un minimum de symptômes et d’une très faible élévation thermique. N’était l’épreuve positive du séro-diagnostic constatée vers le dixième jour, on laisserait passer inaperçue cette fièvre typhoïde ambulatoire du lapin. 11 n’est pas jusqu’aux écarts de régime qui n’aient un rôle dans l’évolution de la maladie. La diète est relativement favorable ; chez des animaux en voie de guérison, la reprise d’une alimentation copieuse a provoqué une diarrhée profuse et la mort est survenue dans un abaissement de tempéture.
Toxine soluble et sérum antitoxique de la fièvre typhoïde.
Dans cette communication j’indique le mode de préparation, les caractères, et les principales propriétés physiques et chimiques de la toxine typhoïde soluble, apparaissant rapidement dans les milieux de culture et se détruisant bien vite par oxydation atmosphérique. J’ai étudié, avec M. Courtade, l’action de la toxine sur le système neuro-musculaire de la grenouille, sur la respiration du chien, sur la pression sanguine et sur le nombre et la force des battements cardiaque?.
Un ou deux centimètres cubes de toxine, injectés sous la peau ou dans le péritoine de la grenouille, produisent des effets qui se montrent en quelques minutes si la toxine est très active, ou en vingt-cinq ou trente minutes, si elle est plus faible. C’est d’abord une paresse générale qui gêne la marche et le saut. Les mouvements deviennent de plus en plus difficiles et l’animal ne répond
à aucune excitation sensitive. Si on ouvre le thorax on voit le cœur battre très lentement, puis s’arrêter en diastole. La mort est la terminaison habituelle; cependant, même après une période d’immobilité complète, la grenouille peut revenir à la vie.
Pendant la durée de la paralysie, les muscles répondent très bien aux excitations faradiques. Si, avant l’injection on isole les nerfs lombaires et que par une ligature on serre les parties molles de manière à empêcher toute circulation dans les membres inférieurs, l’excitabilité musculaire persiste. Donc, la toxine typhique n’agit pas à la manière du curare. Elle n’agit pas non plus sur les filets nerveux, car, dans l’état paralytique, l’excitation du sciatique par le courant amène, comme à l’ordinaire, pour la même intensité, la contraction du gastrocnémien.
La cause de l’impotence musculaire réside dans l’altération des centres nerveux. On sait que la section de la tête d’une grenouille augmente l’irritabilité réflexe de la moelle. Si on pratique cette section sur la grenouille intoxiquée, on voit que l’irritabilité réflexe a disparu, et cependant, à ce moment même, l’excitation électrique, de la moelle, par action des cordons blancs, détermine encore des contractions très fortes dans les membres.
Les centres cérébraux ne sont paralysés qu’après que l’excitabilité médullaire n’existe plus.
La faiblesse et la diminution de fréquence des battements cardiaques peuvent être attribuées à la paralysie des ganglions du cœur. Alors même que cet organe est arrêté en diastole, on peut par des excitations, soit mécaniques, soit électriques, déterminer des contractions. Cette paralysie ganglionnaire est tardive et ne se montre qu’après que les centres médullaires et cérébraux sont atteints.
La médecine expérimentale confirme donc la justesse des vues de Liebermeister sur la valeur pronostique de l’état du pouls dans la fièvre typhoïde.
L’injection de 6 à, 7 centimètres cubes de toxine dans la veine du chien amène, au bout de dix à quinze minutes, des modifications profondes dans l’état de la circnlation et de la respiration. Le cœur précipite ses battements ; le pouls devient rapide et n’est plus influencé par les mouvements respiratoires. La pression s’abaisse peu à peu jusqu’à 4 ou 5 centimètres de mer-
La respiration devient plus rapide, moins ample; elle peut doubler et même tripler de fréquence.
Ces phénomènes ne sont pas dus à l’hyperthermie ; car ils surviennent bien avant que la température ne s’élève. Us débutent pendant la première heure, et augmentent pendant la seconde
C’est à ce moment que la température commence à s’élever. Pendant cette augmentation, on voit la pression s’élever graduellement et monter de plusieurs centimètres de mercure ; mais elle n’atteint pas la hauteur primitive. Pendant cette élévation thermique, le pouls reste toujours fréquent et petit, et la respiration n’augmente pas d’étendue et ne diminue pas de fréquence.
Les vomissements surviennent habituellement pendant la première heure ; ils peuvent se répéter plusieurs fois durant le cours de l’expérience. Ces vomissements paraissent très pénibles et sont précédés d’agitations de l’animal en expérience; la respiration devient irrégulière et le cœur se ralentit. Le tracé de la pression présente alors de grandes oscillations.
Préparation du sérum antitoxique. — J’ai pu injecter des chevaux et les immuniser contre la toxine typhique, grâce à la libéralité de l’Institut Pasteur, qui a mis à ma disposition des animaux pour ces longues et coûteuses expériences.
Le cheval est très sensible à cette toxine, et son accoutumance est très lente et très pénible, entremêlée de périodes oii la santé de l’animal décline et nécessite l’arrêt du traitement. J’ai injecté des chevaux pendant deux ou trois ans consécutifs, une fois par
huitaine ou par quinzaine, sans obtenir un degré d’immunisation solide. A chaque nouvelle injection l’animal réagit violemment, et on ne peut que très lentement augmenter les doses.
Cette toxine persiste longtemps dans le sang du cheval avant d’être modifiée. Deux mois après la dernière injection intra-veineuse, le sang du cheval est encore légèrement toxique; il faut attendre davantage pour le voir dépouillé entièrement de toxicité et ne renfermant que l’antitoxine,
L’antitoxine avec laquelle j’ai fait les expériences que je vais rapporter provient d’un cheval qui a été immunisé pendant deux ans, et qui a reçu dans ce laps de temps sous la peau et dans les veines plus de 6 litres de toxine. Son sérum possède des propriétés préventives et des propriétés thérapeutiques, contre l’infection et contre l’intoxication typhique.
Pi'opriétés préventives. —Si on injecte à des cobayes, qui ont reçu la veille dans la peau d/200, 1/100, 1/50 de centimètre cube de sérum antitoxique, la dose de toxine qui tue les cobayes en cinq ou six heures, les animaux qui ont reçu 1 /50 de centimètre cube résistent; ceux à qui on a donné 1/200 de centimètre cube, vivent vingt-quatre heures; ceux qui ont reçu 1/100 de centimètre cube, survivent environ quarante-huit heures.
Si on injecte préventivement à des lapins de 1 000 à 1 200 grammes une dose de sérum égale à 1/20 ou 1/30 de centimètre cube, ils supportent une quantité de toxine qui tue les animaux témoins.
Dans toutes ces expériences, on remarque que les animaux qui ont, avant l’inoculation toxique, une tare organique quelconque, pseudo-tuberculose, psorospermie du lapin, ou simplement grossesse du cobaye, sont beaucoup moins résistants à la toxine; il faut, pour les protéger, une dose de sérum beaucoup plus grande que celle qui immunise les animaux sains.
Pour juger de la valeur préventive du sérum contre l’infection, inoculons sous la peau de l’oreille d’un lapin, qui, la veille,
a reçu 5 centimètres cubes de sérum, et sous la peau de l’oreille d’uu lapin neuf une émulsion de bacilles typhiques dans l’eau physiologique. Au bout de quelques heures, faisons avec une pipette fine des prises dans la boule d’œdème formée par l’inoculation de l’émulsion microbienne; sept heures après, on ne trouve presque plus de microbes libres dans le liquide pris sur le lapin qui a reçu le sérum. Les bacilles sont à peu près tous englobés par les phagocytes. L’exsudât étalé sur une lame, séché et coloré par le bleu de Kühue, montre les microbes ayant conservé leur forme bacillaire dans le protoplasma des leucocytes mononucléaires, tandis que, dans l’intérieur des leucocytes polynucléaires, ils se présentent sous la forme de grains ou de boules. Les deux variétés de phagocytes sanguins interviennent donc pour détruire les bacilles chez les animaux auxquels le sérum a conféré une immunité passive. Dans cette phagocytose, l’action des polynucléaires parait seule capable d’amener, la transformation en boule des microbes englobés. Cette constatation est tout à fait semblable à celle qui a été faite par M. Salimbeni dans l’étude de la destruction des vibrions cholériques chez les animaux immunisés contre le choléra.
Après ce même laps de temps, examinons le liquide de'l’émulsion typhique introduite sous la peau de l’oreille du lapin neuf. Le résultat est tout à fait différent. Les microbes sont libres dans le liquide ; ils ont conservé tonte leur activité et leur mobilité. C’est k peine si, dans le champ de préparation, on constate la présence d’un ou deux lococytes mononucléaires qui commencent à phagocyter ; les leucocytes polynucléaires sont encore absents.
La culture sur gouttes pendantes de l’exsudât pris au bout de sept heures sur le lapin qui a reçu le sérum ne se développe pas. Par conséquent, le sérum s’est montré doué d'un pouvoir antiinfectieux; il a fait rapidement englober et diriger les bacilles typhiques par les phagocytes.
Propriétés antitoxiques. — La valeur antitoxique pourra être
jugée chez les animaux qui, ayant reçu une dose de toxine sûrement mortelle en un temps donné, recevront, en outre, un traitement par le sérum, à des périodes qui s’éloigneront de plus en plus du moment de l’introduction du poison, c’est-à-dire, qui se rapprocheront de plus en plus du terme où la mort doit survenir. Il est facile de faire cette expérience sur un bon nombre d’animaux témoins et des animaux soumis à la sérothérapie. Injectons à quatre cobayes une dose de toxine mortelle en vingt à vingt-quatre heures. Prenons un autre lot de cobayes du même poids. Les témoins reçoivent un centimètre cube de toxine par SO grammes de leur poids ; les cobayes qui seront traités reçoivent une dose de toxine plus forte, soit 1 gramme pour40 grammes de leurs poids. Et puis d’heure en heure, injectons respectivement à chaque groupe une dose de sérum antitoxique qui vad’un quart à un, deux, trois, quatre centimètres cubes de sérum. Les témoins succombent en vingt heures. Les cobayes qui ont reçu une dose, même minime, de sérum, injectée plusieurs heures après l’introduction de la toxine, survivent. Plus on s’éloigne du moment de la pénétration du poison, plus la dose du sérum doit être grande pour être curatrice. Quatre et même cinq heures après le début de l’intoxication, m’ortelle en vingt heures, une dose de sérum antitoxique de un quart de centimètre cube, donnée à des cobayes, les fait résister à la toxine. Ceux des animaux qui ne résistent pas, malgré le traitement tardif par un quart de centimètre cube de sérum antitoxique, ont une snrvie qui atteint deux ou trois jours. Le sérum a donc un pouvoir antitoxique.
Armé de ces expériences, j’ai pu injecter à l’homme atteint de la fièvre typhoïde du sérum antitoxique. La valeur de ce nouveau mode de traitement ne peut se juger que par l’étude de statistiques et d’observations nombreuses.
Sérothérapie anti-typhique.
Dans la seconde édition de ma monographie « la fièvre typhoïde » [Traité de médecine de Bouchard et Brissaud), je donne les renseignements suivants :
J’ai réuni jusqu’à présent 70 cas de fièvre typhoïde traités par le sérum antityphique, soit seul, soit associé à des lotions froides ou des hains. Sur ce nombre, quatre malades sont morts. Les causes de la mort ont été les suivantes ;
Thrombose cérébrale.t
Perforation intestinale.t
Collapsus cardiaque. l
Phlegmon diffus consécutif à une injection d'eau salée après hémorrhagie intestinale.1
Je me hâte d’ajouter qu’on ne peut tirer de cette statistique aucune conclusion, sinon que l’emploi de ce moyen thérapeutique n’apas été suivi d’unemortalilé plus forte qu’à l’ordinaire, puisque précisément celle-ci est restée à un chiffre au-dessous de la normale. Pour invoquer l’utilité de la médication, il faudra juger sur une statistique plus nombreuse; il faudra surtout utiliser un sérum qui jouisse de propriétés antitoxiques plus fortes. On peut cependant penser dès maintenant que le sérum possède une action spécifique; on en trouve, je crois, la démonstration dans le fait suivant. Quand, après quelques jours d’apyrexie, la température se relève un peu et fait prévoir l’apparition d’une rechute, que cette rechute est caractérisée, non pas seulement par l’élévation de la température, mais surtout par le retour dans l’urine de la diazoréaction qui avait déjà disparu, l’injection de 10 à 20 centimètres cubes de sérum antityphique met fin à la poussée fébrile et fait disparaître la réaction diazoïque.
Lorsqu’il s’agit d’un cas léger, la médication sérothérapique amène dans les heures qui suivent un abaissement marqué de la température, un ralentissement du pouls, un mieux-être de l’état général, et la défervescence se fait aussitôt, régulièrement, par un abaissement quotidien. La maladie est abrégée el l’évolution comme refrénée. En effet, la convalescence ne s’installe pas suivant les conditions ordinaires avec cortège habituel de symptômes observés en pareil cas, c’est-à-dire la polyurie précédant ou suivant immédiatement la chute définitive de la température. Dans la défervescence précoce provoquée par l’intervention du sérum, l’urine reste rare pendant plusieurs jours encore après le début de l’apyrexie. Elle n'est pas albumineuse. Un autre fait montre l’abréviation anormale de la maladie, c’est la fréquence et la facilité des rechutes, qui d’ailleurs et dans tous les cas sans exception se sont montrées très bénignes. Lorsque le malade n’est plus sous l’influence protectrice du sérum et qu’il survient chez lui une perturbation de la santé, — même sous l’influence d’un léger érythème sérothérapique, — une rechute se dessine. 11 semble qu’un certain nombre de microbes, échappés à une destruction qui était restée incomplète par le défaut de la quantité ou de l’activité du sérum, se mettent à repulluler. L’intervention du sérum modère et arrête de nouveau cette rechute.
Les tracés suivants (fig. 1) enregistrent les températures quotidiennes qui sont la moyenne de huit températures prises de trois en trois heures. On y lit facilement (tracé I) l’abaissement de la fièvre à la suite des premières injections de sérum, la survenance d’un érythème quinze jours plus tard avec huit jours de guérison et consécutivement l’apparition d’une rechute, qui est maîtrisée et arrêtée définitivement par de nouvelles injections de sérum.
Le tracé II montre aussi les tentatives de retour de la fièvre après quelques jours d’apyrexie et l’arrêt immédiat des élévations thermique» »ous l’influence d’une petite quantité de sérum.
Dans le tracé III la dose du sérum injecté a été faible; la tem-
pérature n’est descendue que péniblement, par à-coups. A plusieurs reprises des tentatives de rechute se sont manifestées; une d’entre elles a fini par évoluer après une petite poussée de furoncles.
Dans les cas graves, l’intervention du sérum n’amène pas toujours une rémission immédiate, comme dans les cas légers. A la suite de l’injection sérothérapique, il se produit soit un abaissement pendant deux ou trois jours, puis la courbe reste stationnaire et il faut intervenir avec de nouvelles doses de sérum (tracé IV) pour entraîner l’abaissement régulier de cette courbe, soit même pendant deux ou trois jours une élévalion de la température qui descend ensuite (tracé V). Cette hyperthermie est manifeste surtout le lendemain de l’injection ; elle ne se voit, je le répète, que dans les formes graves et elle est le résultat d’un conflit violent entre les microbes qui ont envahi le corps et les cellules phagocytaires excitées par le sérum. On en a la preuve dans l’augmentation pendant deux ou trois jours de l’intensité de la réaction diazoïque. Au bout de ce laps de temps, la température baisse franchement, comme dans le tracé V.
En résumé, les faits montrent que cette sérothérapie n’est pas offensive, et qu’elle agit sur l’évolution de l’infection.
Elle raccourcit notablement la durée de la maladie. Je n’ai jamais vu, dans les cas traités par le sérum, même dans les formes les plus graves, la période d’état durer longtemps, comme il arrive souvent avec la méthode de Brand la plus rigoureusement appli-
Elle a les inconvénients de la sérothérapie en général, c’est-àdire qu’elle peut provoquer l’apparition d’érythèmes; mais les inconvénients sont très inférieurs aux avantages et ils le seront encore plus lorsqu’on possédera un sérum antityphique doué d’un pouvoir préventif et antitoxique plus puissant. Sur 70 cas, j’ai observé une seule fois la perforation de l’intestin, encore s’estelle montrée deux jours après l’injection du sérum. Je crois qu’un des avantages de cette médication sera d’assurer précisément la
prévention des nécroses locales profondes des follicules et des plaques de Peyer. La puissance anti-infectieuse se fera sentir dans la résistance de phagocytes qui infiltrent le tissu lymphoïde de la miiqneiise. et la destruction des éléments des tuniques intestinales sera modérée et réduite à une limite qui ne menacera plus la totalité de la paroi. C’est une espérance à laquelle conduisent et l’observation clinique et les constatations expérimentales.
Note sur la dégénérescence hyaline du cœur dans tempoisonnement typhique.
J’ai étudié dans ce travail les lésions du cœur provoquées par la fièvre typhoïde chez l'homme et les lésions cardiaques créées chez le cobaye par des injections faibles et répétées pendant des mois, de toxine typhoïde soluble.
Les résultats de mon étude expérimentale sont les suivants :
l’La myocardite scléreuse interstitielle n’est pas provoquée par la prolifération du tissu conjonctif comme le disent les auteurs, mais par une transformation spéciale de la fibre musculaire. C’est une dégénérescence hyaline ainsi que le démontrent les examens par la méthode de Van Giesson ;
2“ Les ganglions intra-cardiaqucs participent à la lésion. La méthode de Nissl permet de constater la chromatolyse et finalement la destruction d’un grand nombre des cellules nerveuses de
3° L’intoxication typhique lente provoque de l’aortite chronique commençant par une dégénérescence hyaline delà tunique interne.
Voici quelques détails sur le processus histologique de ces altérations.
A l’œil nu les lésions ont varié suivant l’ancienneté de l’intoxication , elles consistaient pour les états aigus et subaigus dans
une congestion du myocarde due à la présence d’hémorrhagies endo-péri, et myocardiques. Dans les cas anciens, le cœur était augmenté de volume, dur et scléreux à la coupe, d’apparence bizarre. Il y avait parfois de la péricardite avec épanchement.
Examen microscopique. — Animaux morts spontanément ou sacrifiés, dans une période de temps variant entre vingt-quatre heures et un mois et demi. Pendant les premiers jours, les lésions sont particulièrement marquées sur les petits vaisseaux : on note une congestion des capillaires; çà et là d’énormes dilatations ayant abouti à des épanchements d’hématies et de quelques globules blancs entre les fibres musculaires dissociées ; un œdème autour des gros vaisseaux, et une infiltration leucocytaire de leur tunique moyenne; enfin une tuméfaction accompagnée parfois de vésiculation des cellules endothéliales de la couche interne. Quelques capillaires sont obstrués par des dépôts de fibrine et de globules blancs.
Les altérations des fibres musculaires sont déjà très manifestes chez les animaux qui ont survécu une quinzaine de jours. Elles consistent dans une altération de la striation transversale, ou état granuleux de la fibre avec aspect grillagé. Ses traits scalariformes sont très accusés comme si la dissociation segmentaire était proche. Ses noyaux paraissent intacts. Vers le 40” jour, la tuméfaction des fibres et leur état granuleux se sont accentués. Les noyaux se sont entourés d’une cavité. Beaucoup de fibrilles musculaires se trouvent dissociées par l’œdème, certaines sont comme coagulées et présentent, colorées par la méthode de Van Giesson (fuchsine acide dans une solution aqueuse d’acide picrique), une teinte franchement rouge, tandis que les fibres moins altérées prennent une teinte rougeâtre.
Les lésions du tissu conjonctif ne sont représentées que par de l’œdème et par une infiltration leucocytique d’ailleurs peu considérable.
A partir du 4” mois, quand les injections de toxine ont été
supprimées, les phénomènes congestifs proprement dits diminuent dans le myocarde, bien qu’il persiste çà et là des foyers d’hémorrhagie avec globules rouges conservés. Dans les mailles du tissu conjonctif, surtout en certains points el dans les vaisseaux capillaires, on trouve un grand nombre de globules blancs. Ses lésions principales portent sur les fibres musculaires, un grand nombre de celles-ci ont perdu leur striation normale, elles sont devenues opaques, cassantes ; ainsi que leurs noyaux, elles prennent mal la matière colorante.
Au bout de cinq mois on constate encore la présence d’hémorrhagies dans le parenchyme. Les fibres musculaires sont profondément altérées ; les lésions ne siègent pas indifféremment dans tout le muscle ; elles sont constatables partout, mais plus développées dans certains foyers. En quelques points la fibre museulaire est augmentée un peu de volume par hypertrophie du protoplasma, tandis que la substance striée proprement dite a diminué de quantité; en d’autres la cellule a beaucoup diminué de volume etn’est plus représentée que par une petite quantité de protoplasme munie d’un noyau (myophage). Les leucocytes sont nombreux dans les capillaires et on les trouve en grand nombre dans des foyers de désintégration de la substance musculaire. Dans la période qui s’écoule entre sept mois et un an les lésions que l’on constate dans le muscle cardiaque deviennent alors très particulières; elles sont caractérisées surtout par une dégénérescence hyaline qui frappe en certains points les cellules musculaires el les capillaires et qui transforme le muscle en un cœur scléreux. On trouve sans doute dans le cœur, même à ces périodes tardives, des foyers de désintégration musculaire avec diminution du volume de la fibre, perte plus ou moins complète de sa striation, prolifération de noyaux musculaires et surtout infiltration leucocytique. Mais ce que l’on trouve surtout, en certaines places, ce sont des plaques de sclérose siégeant soit dans l’épaisseur du ventricule, soit dans les gros piliers du cœur, plaques colorées en rouge in-
tense par la méthode de Van Giesson. Ces plaques paraissent tout d’abord être formées de tissu conjonctif adulte, mais un examen plus attentif permet de constater, surtout quand on peut suivre la lésion se propageant longitudinalement dans une fibre, que cette sclérose n’est que le résultat d’une coagulation particulière, coagulation qui se propage soit en bloc dans toute la libre, soit progressivement de la périphérie au centre. Le noyau est touché le dernier et bien souvent on reconnaît dans ces foyers de sclérose encore jeunes la présence de noyaux musculaires diminués de volume pouvant en imposer pour l’existence de cellules du tissu conjonctif. Parfois cette dégénérescence hyaline ne réunit pas dans un bloc compact toutes les parties constituantes d’une fibre, de sorte que les fibrilles séparées, devenues hyalines, onduleuses parce que leur diamètre est agrandi dans le sens longitudinal et transversal ressemblent à des trousseaux de tissu conjonctif. En d’autres points la dégénérescence hyaline est complète; elle a frappé la fibre musculaire, la plupart des noyaux, les vaisseaux capillaires et leur contenu, et elle constitue un tissu de sclérose disséminé d’une façon irrégulière sans rapport précis avec le cheminement des vaisseaux. Peut-être la cause de cette distribution est-elle en rapport avec les lésions des ganglions nerveux intra-cardiaques dont je parlerai plus tard.
La dégénérescence hyaline frappe aussi la tunique externe des vaisseaux du myocarde et les fibres musculaires lisses de la tunique moyenne, caria tunique interne'n’est guère représentée que par la couche de cellules endothéliales qui tapisse la face profonde de la tunique moyenne. Sous le coup de cette même dégénérescence les tuniques de l’aorte peuvent subir des épaississements localisés aboutissant à la création de saillies dans la lumière du vaisseau. Ces tuméfactions constituent de véritables plaques dont la surface la plus profonde en contact avec le sang a subi presque tout entière la dégénérescence hyaline.
Quand on pratique dans les cœurs ainsi sclérosés des coupes
méthodiques suffisamment nombreuses et qu’on les colore par le bleu de méthylène, on rencontre les ganglions nerreux intracardiaques qui présentent — par comparaison avec les ganglions d’un cœur sain — des lésions très manifestes. Celles-ci sont caractérisées par la diminution du nombre et du volume des cellules nerveuses et surtout par l’état de beaucoup d’entre elles envahies par des globules blancs. A un degré près, les lésions ressemblent à celles que Van Gehuchten a décrites dans le ganglion plexiforqie du pneumogastrique chez les chiens morts de rage.
U est bien évident que cette altération anatomique des cellules nerveuses doit jouer un rôle important dans la distribution de la sclérose intra-myocardique et provoquer des troubles trophiques qui ne sont qu’indirectement d’origine toxique. Cette lésion fournit aussi une explication plausible de bien des manifestations cliniques observées chez les individus frappés d’une sclérose du myocarde. Avec une dégénérescence hyaline du cœur, pourvu qu’elle soit partielle, la santé des individus atteints peut se maintenir relativement satisfaisante pendant un temps prolongé. Souvent alors on assiste à l’apparition brusque de troubles cardiaques qui aboutissent vite à l’asystolie et qui ont eu pour point de départ un surmenage, une intoxication ou simplement des secousses morales. Les altérations anatomiques constatées dans le myocarde ne donnent pas la clef de la pathogénie d’accidents aussi rapides dans leur évolution; jl est probable que ceux-ci dépendent des modifications survenues dans les cellules ganglionnaires nerveuses dont l’intégrité déjà chancelante a subi récemment un choc
Les lésions dont je viens de parler ne se rencontrent pas seulement dans les cœurs d’animaux soumis à des intoxications expérimentales. Dans le cœur des malades qui ont succombé à une fièvre typhoïde grave et prolongée on trouve des alterations qui se rapprochent beaucoup, au degré près, des précédentes. En certains points, indépendamment de la congestion vasculaire avec
accumulation de leucocytes, on trouve de la dégénérescence hyaline des capillaires et de certaines fibres musculaires surtout à leur périphérie. Ces lésions sont plus particulièrement accusées dans les régions du muscle qui avoisinent l’endocarde. Quelques fibres présentent une altération spéciale : la fente, à la partie centrale de la fibre, du tissu strié en une masse compacte qui par la coloration de Van Giesson ne prend pas la teinte rouge de la fuchsine, mais la couleur violette de l’hématoxyline. Lorsqu’on a suivi pas à pas, dans les recherches expérimentales, la création des lésions scléreuses dont je viens de parler, il devient facile d’étudier chez l’homme les modifications du cœur qui sont décrites sous le nom de myocardites scléreuses. Ces myocardites s’observent chez les personnes âgées et surtout chez celles qui sont atteintes d’artério-sclérose. L’examen attentif des coupes de ces organes, colorées par la méthode de Van Giesson, montre que la plupart des zones et plaques de sclérose sont formées non de tissu conjonctif adulte et fibreux mais d’une modification des capillaires et des fibres musculaires caractérisée par une coagulation spéciale de ces éléments, c’est-à-dire par une dégénérescence
Action des toxines microbiennes sur le cœur isolé.
(En collaboration avec M. le D' Lamv.)
On connaît les effets généraux des toxines microbiennes, ainsi que les lésions qu’elles engendrent dans les organes. Mais on a très peu étudié les effets physiologiques de ces poisons. Nous avons pensé qu’il y aurait grand intérêt à appliquer à cette étude les procédés d’analyse expérimentale qu’on a employés pour les poisons d’origine végétale ou minérale (curare, strychnine, cocaïne, chloral, etc.).
C’est dans ce but que nous avons
1 appliqué la méthode des cir-
filiations artificielles dans le cœur isolé de la tortue, â l’étude de la toxine typhique et de la toxine diphtériqùe.
La principale difficulté que l’on rencontre dans ce genre de recherches réside dans la période latente qui précède toujours ici l’apparition des premiers effets toxiques. Si bien qu’en faisant agir sur le eoeur isolé des doses de poison correspondant aux doses minima nécessaires pour tuer le lapin ou le cobaye, on n’observe aucun changement dans le fonctionnement du cœur, — ou du moins les changements observés sont trop tardifs pour qu’on puisse tirer des conclusions d’expériences de ce genre.
En employant des doses massives, au contraire, on abrège la durée de cette période latente; et l’on constate que les toxines en question agissent directement sur le cœur. Ainsi, en additionnant le liquide qui sert à entretenir la circulation artificielle (sang défibriné de lapin) de toxine typhique, dans la proportion de 2 centimètre cubes pour 10 de sang, nous arrivons à tuer le cœur dans un laps de temps qui varie de une à deux heures. Le cœur s’arrêtè en paralysie diastolique, après avoir présenté la plupart du temps un ralentissement considérable. Une fois arrêté, il est définitivement inexcitable par tous les moyens connus, ce qui montre bien qu’il s’agit d’une intoxication véritable. Même résultat avec la toxine diphtérique, à cela près que le cœur s’arrête en systole. Durant toute la période latente, qui peut se prolonger trois quarts d’heure, une heure et plus, le cœur fonctionne comme à l’état normal.
Nous nous sommes demandé si cette période latente ne pourrait pas être supprimée par le contact préalable, prolongé in vitro, du sang défibriné avec la toxine. Et dans ce but, nous avons mis plusieurs heures à l’étuve le sang destiné à la circulation artificielle, additionné du poison dans les proportions indiquées. Le résultat est négatif ; et bon n’observe pas plus d’effet toxique immédiat que dans le cas précédent.
Nous avons fait alors la même recherche in vivo, c’est-à-dire
en injectant la toxine dans les veines du lapin, et en saignant celui-ci plusieurs heuresaprès, pour employer son sangdéflbriné à alimenter le cœur de tortue séparé de l’animal. Ici l’effet toxique est immédiat; il se manifeste au premier contact du sangtoxiné avec le cœur. Mais à une condition expresse, c’est que l’animal inoculé soit saigné au moment précis de la réaction.
Fait curieux et bien inattendu, la réaction manifestée par le cœur ici est toutautre quel’effet obtenu parle contact direct delà toxine. Dans ce cas, en effet, affaiblissement progressif des systoles, aboutissant à la paralysie définitive, précédée en général d’un grand ralentissement : tels étaient les phénomènes constatés. Ici, au contraire, accélération considérable du cœur, qui, de une contraction toutes les six à huit secondes, en moyenne, monte à une systole toutes les 2 secondes, voire même une systole par seconde — souvent augmentation du débit — accroissement d’énergie du myocarde qui reste contracté, ne se distendant que faiblement entre chaque systole : en somme, effet excito-cardiaque manifeste.
Comment expliquer ce fait singulier que le sang d’un animal inoculé avec une toxine exerce sur le cœur une action exactement opposée à celle de la toxine mise en contact direct de cet organe? Après avoir discuté les diverses hypothèses que l’on peut proposer, nous avons conclu que l’on avait affaire, dans ce cas, non à la toxine modifiée par son passage à travers l’animal, mais à une substance nouvelle fabriquée par l’organisme sous l’influence du poison injecté, à un anticorps, si l’on veut, dont la présence dans le sang serait liée aux phénomènes de la réaction, et qui aurait pour effet, en ce qui concerne le cœur, de lutter contre les phénomènes paralysants du poison typhique ou diphtérique.
Note sur la formule hémo-leucocytaire de l’éryâpèle.
(En collaboration avec M. Rey.)
(Société de Biologie, 18 février 1899.)
Dans l’érysipèle, comme dans la plupart des maladies infectieuses, les médecins jugent de l’état général du malade par un petit nombre de signes tirés de l’examen du pouls, de la température, de l’état des forces, etc. Ces signes fournissent sans doute des renseignements précieux, mais ils ont l’inconvénient d’être tous sous la dépendance du système nerveux, de n’obéir qu’à la sensibilité de eelui-ci, et de se montrer, par conséquent, dans bien des cas, ou frustes ou tardifs.
A cette première méthode d’investigation elinique, il est utile d’en ajouter une autre : l’inspection sur une préparation microscopique de l’état du sang, qui permet, dans une certaine mesure, par l’étude des réactions que montre ce tissu liquide, de préjuger l’action qu’il subit.
Pour fournir des renseignements précis, la leucocytose doit être envisagée dans l’érysipèle au point de vue de sa tenue générale en globules blancs et de la proportionnalité des diverses espèces de leucocytes qui entrent dans sa composition. Eile est quantitative et qualitative. Nos observations nous ont conduit aux conclusions suivantes :
t“ 11 y a dans l’érysipèle une concordance entre la courbe de la température et celle de la leucocytose totale; à l’élévation de l’une correspond l’élévation de l’autre ; mais la relation n’affecte pas des caractères d’étroite solidarité; parfois les eenlres thermiques peuvent être peu influencés, tandis que la venue des leucoeytes dans le sang est nombreuse; parfois c’est le phénomène inverse qui s’observe ;
2“ L’abaissement du chiffre de la leucocytose précède souvent rabaissement du chiffre thermique. Les leucocytes paraissent
doués d’une sensibilité plus vive que celle des centres nerveux pour apprécier la dose de toxine contenue dans le sang.
3" La proportionnalité des diverses espèces de globules blancs compris dans un chiffre donné, c’est-à-dire l’étude du pourcentage, fournit des renseignements très utiles qui varient avec les âges et les formes de la maladie.
Chez les adultes qui guérissent (la numération étant faite à partir du troisième jour de la maladie), les polynucléaires subissent jusqu’à la guérison confirmée une diminution de nombre constante.
Le nombre des grands mononucléaires peu modifié pendant la période fébrile s’accroît à la veille ou au début de la défervescence.
La courbe des lymphocytes marche en sens inverse de celle des polynucléaires. La richesse du sang en petits lymphocytes est le vrai témoin de la guérison solide.
Les éosinophiles absents en général pendant la période fébrile reparaissent au moment de la défervescence et parfois en assez grand nombre;
4“ Chez le vieillard, la formule hémo-leucocytaire se fait remarquer par l’élévation du chiffre de la proportion des polynucléaires; chez l’enfant, par l’abondance des lymphocytes surtout au moment de la défervescence ;
5“ Les cas devant aboutir à une mort prochaine, présentent une hyperleucocytose qui dépasse toujours le chiffre de 12000 et une hyperpolynucléose qui atteint et dépasse la proportion de 92 p.lOO;
6“ La persistance à un chiffre élevé ou le retour brusque d’une polynucléose dans le cours d’une convalescence annoncent l’imminence d’une rechute.
De l’examen de nos courbes on peut conclure que la richesse de la leucocytose, et surtout de la polynucléose est dans l’érysipèle en rapport étroit avec l’état de gravité de la maladie. Plus
forte est la proportion de toxine dans le sang, plus grand est le nombre des globules blancs attirés. Si le résultat de cette invasion phagocytaire du liquide sanguin n’est pas obligatoirement curatif, c’est que la cause de la mort dans l’érysipèle ne réside pas dans l’infection sanguine; elle prend son origine le plus souvent dans les lésions d’organes et en particulier dans le développement d’une culture streptococcique tntra-céphalo-rachidienne. Lorsque cette culture est réalisée, le microbe à l’abri des leucocytes actionne directement les centres nerveux par ses produits de sécrétion; la leucocytose sanguine est désormais impuissante.
(En collaboration avec M. Ramond.)
Dans la seconde moitié du siècle dernier, sous l’influence des travaux de Th. Roussel, l’histoire de la pellagre a vivement attiré l’attention des médecins et des hygiénistes. Trois groupes principaux de symptômes occupaient une place si prépondérante dans le tableau clinique de cette maladie, les troubles de la motilité, ceux des fonctions digestives et les érythèmes cutanés, qu’on en vint à considérer le trépied pellagreux comme la marque indélébile nécessaire et suffisante pour légitimer le diagnostic de pellagre. L’histoire de cette maladie ne tarda pas à se compliquer et à s’obscurcir. On vit la pellagre où elle n’était pas.
Un médecin de l’asile d’aliénés de Sainte-Gemmes-sur-Loire, le D' Billod, décrivit une pellagre aiguë observée sur ses malades. L’opinion de Billod, exposée dans diverses communications faites à l’Académie, et plus tard, dans un livre, ne rallia pas tous les suffrages.
Une épidémie semblable éclata dans le même asile de Sainte- Gemmes en 1896 et 1897.
Chargé par le ministre de l’Intérieur de procéder à une enquête, je publiai le résultat de celle-ci dans les Annales de l’Institut Pasteur. En voici le résumé :
« Pendant l’été de 1897, de mai à octobre, une épidémie a éclaté à l’asile d’aliénés de Sainte-Gemmes-sur-Loire, elle a atteint 150 personnes et en a tué environ 40.
Cette maladie se traduisait par des modifications de la peau, des troubles digestifs, des perturbations nerveuses qui faisaient penser à la pellagre ; elle montrait encore des œdèmes, des atrophies musculaires intenses, des douleurs, des phénomènes de paralysie ascendante, la perte des réfiexes tendineux qui la rapprochaient du Béri-Béri de l’Extrême-Orient.
Elle s’attaquait enfin à une certaine classe de la population de l’asile, les indigents ; elle frappait d’une manière plus généralisée certaines salles de malades, comme si la contagion jouait un rôle dans sa genèse.
Au mois de mai 1897, on remarqua chez les épileptiques internés à l’asile une mortalité inaccoutumée. Les malades mouraient au milieu de crises convulsives répétées, et leurs corps étaient atteints d’une enflure notable. L’éveil donné, ôn rechercha chez les autres malades l’existence de cet œdème, et on l’observa fréquemment chez les idiots, les épileptiques et les mélancoliques de la section des indigents. Cet œdème était, dans l’immense majorité des cas, le phénomène morbide appréciable. Il apparaissait le soir sur les pieds et dans les régions malléolaires et prétibiales. 11 envahissait successivement les jambes, les cuisses, les lombes, où il constituait une épaisse cuirasse, il gagnait enfin les membres supérieurs, la poitrine, la face, le scrotum et même les cavités séreuses. Le gonflement des replis aryténo-épiglottiques 8 été observé. Il se manifestait surtout dans les régions déclives. Cet œdème de la peau et du tissu cellulaire affectait la particu-
larité remarquable d’être dur, et de ne pas conserver l’empreinte du doigt qui le pressait.
Déjà, à ce moment, les battements du cœur étaient désordonnés, rapides, s’élevant à 100,140 pulsations par minute, sans fièvre bien manifeste. A mesure que la maladie progressait, le pouls devenait ordinairement plus rapide et plus misérable. Rarement il était ralenti.
En même temps que l’œdème, d’autres phénomènes apparaissaient. C’étaient de fréquentes nausées, surtout le matin au lever, du hoquet, des vomissements, malgré l’état de la langue qui était parfois saburrale et souvent d’apparence normale, ne s’accompagnant pas d’anorexie ; au contraire, les malades témoignaient d’une certaine avidité pour la nourriture. La constipation accompagnée de légères coliques et do météorisme était plus fréquente que la diarrhée. Les vertiges étaient constants. Les malades se plaignaient de ressentir des douleurs dans les reins, dans les côtés, autour de la ceinture ; ils accusaient surtout la sensation d’un poids qui les oppressait au-devant du sternum.
Cependant les forces étaient conservées, la station debout et la marche étaient possibles. Un examen attentif permettait de constater chez quelques malades un léger trouble dans la coordination motrice des jambes. Les réflexes tendineux étaient diminués. Parfois, mais non toujours, l’urine contenait de l’albumine.
Ce phénomène plus frappant était constaté déjà. Bon nombre de malades présentaient dans les parties découvertes de la peau, à la face et sur le dos des mains, une teinte brunâtre absolument semblable à celle qu’on voit sur la peau des hommes astreints aux travaux des champs.
Ces divers phénomènes morbides caractérisaient la première période de la maladie. Celle-ci pouvait être longue, les symptômes persistaient en l’état un mois ou deux.
Dans les cas les plus heureux, ils s’amendaient peu à peu, et le malade entrait en convalescence. Celle-ci était entrecoupée de
retours offensifs de l’œdème, qui obligeait le patient à reprendre le lit pour quelques jours.
Les signes de paralysie s’accentuaient souvent d’une manière plus ou moins brusque. Chez quelques malades la station devenait de plus en plus difficile ; dans le cours d’un mouvement, les jambes se dérobaient sous le corps; chez d’autres, les signes de cette paralysie frappaient brutalement avant tout autre phénomène prémonitoire, cutané ou digestif.
Quelle que fût la progression du début, arrivés dans cette période paralytique, les patients étaient dans l’impossibilité de marcher seuls ou de se tenir debout. Soutenus par un aide, ils lançaient les jambes en avant à la façon des ataxiques, et les pieds glissaient sur le parquet, la pointe tournée en dedans, le bord interne légèrement élevé et la face supérieure bombée. Assis, le malade laissait flotter ses jambes, qui subissaient, comme celles d’un polichinelle, les mouvements imprimés.
Le malade qui pouvait encore progresser ne le faisait qu’en prenant un point d’appui avec les mains. Le corps courbé, la tête en avant, il s’avançait en traînant les pieds qu’il heurtait par saccades l’un contre l’autre. S’il tombait, il lui fallait le secours d’une aide pour se remettre dans son lit. Plusieurs présentaient le signe de Romberg. Chez tous, les réflexes patellaires étaient abolis, les reflexes cutanés ne disparaissaient qu’à la période ultime.
La paralysie s’étendait parfois au rectum et à la vessie. Le cathétérisme devenait nécessaire. Sur ISO malades atteints, le tiers a été paralysé.
Chez plusieurs sujets, un notamment, dont nous avons fait l’autopsie, la paralysie a présenté une marche ascendante progressive et rapide. Les membres supérieurs comme les inférieurs étaient dans la résolution complète. Le diaphragme a été paralysé, et la scène s’est terminée lentement par des phénoinènes asphyxiques et cardiaques, tels qü’on les voit dans les lésions bulbaires.
Ces paralysies avaient un caractère particulier; elles s’accom-
pagnaient d’atrophies musculaires intenses et de troubles marqués de la sensibilité. Dès le début, l’atrophie frappait symétriquement les muscles des jambes, des cuisses, des bras; les fléchisseurs résistaient mieux que les extenseurs. Les muscles réduits, flasques, ballottants, étaient le siège de douleurs spontanées, sous la forme de fourmillements incessants, de crampes, de tiraillements extrêmement pénibles. La pression des masses musculaires atteintes arrachait des cris aux malades. On constatait parfois l’hyperesthésie ou l’anesthésie de la peau, plus rarement, la perte du sens musculaire.
La vaso-motricité présentait des troubles profonds. Couché, un paralytique offrait une teinte normale de la peau; mis debout, la moitié inférieure de son corps se couvrait en quelques instants d’une couleur écarlate.
L’examen ophthalmoscopique a été pratiqué chez la plupart des malades par M. le D' Motais, d’Angers. Chez tous, même les plus atteints, la pupille était normale et intacte. Ce médecin a constaté de l’hypermétropie chez quelques sujets, et une amblyopie marquée chez une femme d’une cinquantaine d’années.
A cette période de troubles trophiques musculaires, certaines régions de la peau étaient profondément touchées et présentaient des lésions qui se rapprochaient beaucoup de celles de la pellagre. Sur le dos des mains, des plaques d’érythème, roses d’abord, rouges ensuite, apparaissaient. Très irrégulières de forme et d’étendue, elles pouvaient envahir toute la face dorsale des mains et des poignets. A leur niveau, les malades accusaient une sensation de démangeaison, puis de brûlure. Sur ces plaques érythémateuses, des phlyctènes s’élevaient et se desséchaient rapidement, laissant de larges squames fendillées, très adhérentes à la peau. Leur desquamation mettait à jour une peau rouge par endroits, blanche en d’autres, comme cicatricielle.
Les troubles trophiques ne se limitaient point là. Il y avait fréquemment des eschares du sacrum, quelquefois du purpura et des
ecchymoses. Trois malades ont été pris, sans trace de rougeur ni d’empdtement articulaire, d’une lésion des jointures, deux fois au genou, une fois à l’épaule. Le début s’est fait progressivement par des douleurs vives dans les articulations atteintes. La palpation, très douloureuse, permettait de reconnaître la présence d’un épanchement considérable, on ne percevait pas de froissements articulaires.
Parvenue à cette période atrophique, l’évolution de la maladie variait suivant les cas. Chez certains malades les douleurs musculaires et les troubles trophiques diminuaient progressivement, le malade parvenait peu à peu à se lever et à marcher. Pendant le cours de l’atrophie musculaire il se créait des positions vicieuses sous l’influence du tonus des fléchisseurs, qui n’était pas contrebalancé par celui des muscles antagonistes ; des rétractions tendineuses s’installaient avec leurs conséquences : les figures 1 et 3 de la planche VI montrent des faits de ce genre.
Chez d’autres, au contraire, les symptômes nerveux au lieu de s’amender ne faisaient que s’accroître. Les troubles gastriques, cardiaques et respiratoires se montraient plus marqués. Les vomissements reparaissaient. Le pouls devenait misérable, imperceptible, très fréquent et fournissait ISO pulsations et au delà. On voyait la respiration se précipiter, le diaphragme se paralyser, les mucosités s’accumuler dans les bronches; le malade ne ponvait plus expectorer ni même déglutir. L’agonie commençait et durait quelques jours, accompagnée de sueurs profuses, parfois odorantes. Il n’y avait pas de lièvre. Il est à remarquer, en effet, que dans cette maladie où les perturbations nerveuses étaient si profondes, les modifications thermiques n’occupaient qu’une place modeste. Au début de la maladie, dans les formes à marche rapide, on' constatait assez souvent une fièvre de quelques jours de durée ne dépassant pas 39«, puis la maladie évoluait apyrétique. Dans les périodes ultimes de l’affection, quand des complications dues le plus souvent aux eschares du sacrum se développent, il n’était
pas rare de voir la température s’élever; il était difficile en pareil cas de ne pas accorder, dans la genèse de cette fièvre, une part importante à l’infection secondaire.
Les autopsies que j’ai pratiquées à l’asile de Sainte-Gemmes m’ont montré que les lésions présentées par les individus ayant succombé à cette épidémie n’étaient pas du tout celles de la pellagre. Elles consistaient essentiellement dans une polynévrite ayant frappé la plupart des nerfs périphériques et aussi le pneumogastrique; de plus, les cellules des cornes antérieures de la moelle portaient des altérations dégénératives très accusées.
J’ai retiré dans tous les cas par la culture du système nerveux un bacille du genre proteus. Inoculé sous la peau de lapin, ce microbe, lorsqu’il est très virulent, fait périr les animaux avec de la paralysie ascendante et de la suppuration méningée. Sa toxine soluble provoque également des paralysies. Ce microbe est-il étroitement spécifique? La question reste sans réponse précise. On sait, d’ailleurs, que certains microbes, germes banals, peuvent, par une culture répétée dans certains tissus, acquérir des qualités pathogènes électives presque spécifiques pour ces tissus.
Peut-être en est-il de même pour celte variété de proteus que j’ai rencontrée dans ces cas. Ce germe, au moins dans les premiers temps de l’épidémie, n’a trouvé de terrain favorable que dans le système nerveux des aliénés indigents épuisés par une alimentation insuffisante.
11 est en effet à remarquer que des épidémies semblables à celle dont je viens de parler et rappelant l’évolution clinique du Béri-Béri ne s’observent pas seulement dans les asiles d’aliénés de France (Bretagne, Anjou) mais aussi dans d’autres pays.
Les faits qui ont été signalés récemment dans un asile d’aliénés d’Irlande ofi'rent, à l’égard de l’épidémie qui nous occupe, de curieux enseignements.
Depuis 1894, trois épidémies rappelant singulièrement le Béri- Béri ont éclaté à l’asile d’aliénés de Dublin. La première épi-
démie sévit pendant l'été et l’automne de 1894, il y eut 2o décès sur 174 cas; la deuxième épidémie eut lieu en août 1896; sur 116 cas il y eut 9 décès. Durant cette épidémie, on constata pour la première fois la contagion chez les infirmières, dont 7 furent atteintes. Enfin la troisième épidémie date de juin 1897 : sur 124 cas, il n’y eut qu’un seul décès.
S. Conolly Norman, Stoker, Smith et Manson admirent qu’il s’agissait de vrai Béri-Béri; aussi le gouvernement hollandais délégua-t-il MM. Verschrur et Van Ijsselesteijn dont le rapport est consigné dans le Nedeiiandsch Tidschrift mor genesskûnie du 11 décembre 1897.
Après une étude clinique très approfondie, les médecins hollandais constatèrent de légères différences entre l’évolution de la maladie de Dublin et celle du vrai Béri-Béri. Cependant, la cause de cette épidémie étant aussi inconnue que celle du Béri-Béri indien, ils ne purent affirmer avec certitude que la polynévrite épidémique d’Irlande était de nature différente de celle de la polynévrite cinghalaise.
Comme à Sainte-Gemmes, la maladie a éclaté à Dublin dans un asile d’aliénés. Voici encore une épidémie américaine tout à fait semblable aux précédentes, qui s’est montrée dans l’asile d’aliénés de Tusculoosa (Alabama) en 1896. L’historien en a été le professeur Bondurant. Par les symptômes, par l’évolution de la maladie, par les planches photographiques qui accompagnent sa description, par les lésions anatomiques consistant endos polynévrites périphériques, avec altérations des cellules des cornes antérieures, l’épidémie américaine s’estmontrée absolument semblable à celle de l’asile de Sainte-Gemmes.
Pathologie générale et expérimentale (Cabré et Naod, éditeurs), (En collaboration avec le Professeur Podwyssotsky, d’Odessa.)
Cet ouvrage comprendra 3 volumes. Deux pour l’étude des Processus généraux, un pour la Pathologie microbienne.
Le premier volume des Processus généraux a paru. 'Voici le titre des chapitres ; Histoire naturelle delà maladie. Hérédité. Atrophies. Dégénérescences. Concrétions. Gangrènes.
Le second volume (sous presse) comprend : les hypertrophies, les tumeurs, les régénérations, la pathologie de la circulation, du sang et de la lymphe, l’inflammation, la fièvre.
Le troisième volume est réservé à l'exposé de la pathologie microbienne.
Le programme de cet ouvrage est l’étude des processus pathologiques observés chez l’homme dans leurs causes, leurs lois, leurs désordres physiologiques et anatomiques envisagés au point de vue général, en laissant de côté par conséquent les particularités et les détails qui ressortissent en propre aux descriptions de la pathologie spéciale.
Pour la rédaction de cet ouvrage, nous avons demandé à la physiologie, à l’anatomie pathologique et à la clinique humaines d’une part, et, d’autre part, à la pathologie expérimentale et comparée, les données qui ont servi de hase è nos descriptions.