L'hystérie à l'oreille
(Bulletins et Mémoires de la Société française d'oto^hino-laryngologie, l. XV, p. 80.)
H8. —.1900. Les poisons de l’oreille.
cation à la Section d'oColûgù du XIII • Congrès International, août 1900.)
Les toxiques qui, en l’état actuel de nos connaissances, doivent être considérés comme spécialement dangereux pour la fonction
auditive, et dont il importe de dresser la liste, sont : Les sels de quinine ;
Les salicylates et acide salicylique ;
Le mercure ;
Le chenopodium vermifuge ;
Le phosphore ;
Le tabac et le haschisch ;
L’alcool ;
L’oxyde de carbone ;
Le plomb ;
Le chloroforme et l’éther.
Pour qu’ils agissent, des doses fortes et prolongées sont nêces-
Ces surdités par toxiques forment un chapitre, à côté des surdités dites infectieuses, et celte analogie sert à nous expliquer la pathogénie des uns et des autres.
Pathogénie. — Les autopsies manquent pour nous renseigner là-dessus, mais à leur défaut nous avons les recherches expérimentales de Gellé et Laborde(t), de Kirchner (de Wursbourg) (2).- ■
En réunissant toutes les constatations faites jusqu’ici, nous pouvons nous arrêter à trois interprétations :
1“ L’action du toxique s’exercerait sur le système nerveux central par troubles vaso-moteurs ou par destruction de l’élément nerveux. Eeman (3) voit même dans le salicylate de soude un poison électif du bulbe. Les noyaux de l’acoustique seraient pris d’abord d’où résulteraient ensuite des troubles trophiques de l’oreille moyenne et de l’oreille interne. En tout cas Laborde et Gellé nous ont‘tnonlrJ? que la quinine agit bien sur les centres par vaso-dilatation ;
2° Les poisons frappent l’oreille interne, soit par action directe 1 , soit par vaso-dilatation ou vaso-construction, amenant à la longue des altérations trophiques. Les surdités par commotion labyrinthique (détonation) de l’artillerie, etc., n’agissent pas autrement;
3“ Enfin, la surdité serait tympanique ; dans le tabagisme, l’alcoolisme, par exemple, parce que la caisse se prendrait à la suite de lésions tubaires provoquées elles-mêmes par des lésions pharyngées.
Chacune de ces trois interprétations peut s’appliquer à tel cas particulier, mais, dans la majorité des cas, ce sont l’oreille interne ou les centres auditifs qui paraissent en cause, comme l’établit l’examen par les diapasons.
Ce qui ressort encore clairement de l’ensemble des faits, c’est l’importance d’une propalhie antérieure pour appeler et fixer le poi-
(2) Kirchner, Monatschr. für OhrenheUk., mai 1883.
(3) Eeman, Cinquième réunion des oto-laryngologistes belges.
son à l’oreille. Une personne est indemne à cet égard, elle peut prendre impunément quinine et salicylate ; mais telle autre est un peu scléreuse ou a eu des otorrhées, taries actuellement, la quinine, le chloroforme, etc., lui laisseront surdité et bourdonnements.
Le diagnostic doit différencier ces olotoxies : 1° des surdilés infectieuses qui leur ressemblent tant (oreillons, scarlaline, diabète, urémie, etc.) ; 2" des surdités purement nerveuses ; 3° des hystéries toxiques où l'ensemble du système nerveux touché par le poison réagit en manifestations hystériques (Debove, Raymond). Le plomb en est le provocaleur le plus connu. La surdité est alors unilatérale et peut guérir par l’emploi des aimants.
Sans doute le pronostic est proportionné à l’ancienneté, au degré de l’imprégnation, mais en thèse générale il est des plus graves pour la fonction auditive.
Le traitement consiste surtout à prévoir et puisque nombre de ces poisons sont des médicaments, c’est à nous médecins à ne pas nuire d’abord. Ce n’est pas certes qu’il faille renoncer à la quinine et au chloroforme, mais avertis de leur danger spécial, nous devrons, surtout quand nous serons en présence d’oreilles déjà endommagées, limiter leur emploi au minimum nécessaire comme dose et comme temps.
Les courants galvaniques ou faradiques et les injections hypodermiques de pilocarpine restent les moyens les plus recommandables. Celle-ci a particulièrement bien réussi dans un cas de Gollye (t). Une fillette de treize ans, convalescente d’oreillons, est prise de vertiges intenses avec douleurs diffuses dans le côté droit de la tète, les tympans sont normaux, mais la surdité absolue. Gollye débuta par 3 milligrammes par jour pour arriver à 1 centigramme. Huit jours après, l’audilion et la stabilité verticale avaient reparu ; sept mois après la guérison était entière.
Ainsi nous voyons que diverses substances, dont plusieurs médicamenteuses, sont des poisons de l’oreille. En cherchant nous en découvrirons d’autres sans doute qui jusqu’ici agissent à notre insu.
Dans notre pratique, méfions-nous surtout de les employer quand l'oreille laisse voir des propathies quelconques, car elles sont un élément redoutable d’appel et d’aggravation.
S9. — Extraction de corps étrangers par décollement du conduit auditif.
{Société d’oto^hino-laryngologie de Paris, 6 juillet 1900.)
Ce fait met en lumière la difficulté de faire sortir le corps étranger d’une oreille, même après s’être donné beaucoup de jour par l’incision de Paul d’Égine, et l'utilité du crochet en cas de perle, parasite fréquent des cavités otiques.
60. 1900. Accès à l’oreille moyenne par l'évidement large de la paroi
supérieure du conduit auduif ( évasement).
(XI11° Congrès international de médecine, Paris, 1900; Section d'otologic, p. 50b.)
Afin d’avoir une brèche suffisante pour accéder à l’oreille moyenne, tant li l’attique qu’à l’atrium, sans risquer d'atteindre le nerf facial, l’auteur propose de détacher le pavillon par une incision qui passe immédiatement au-dessus et en arrière de lui, puis de décoller le conduit membraneux pour l’inciser dans la profondeur en haut et en arrière. La paroi supérieure du conduit osseux est ainsi mise à nu, et c’est à ses dépens, dans son épaisseur qu'on peut creuser depuis le méat jusqu’au mur de la logelle inclus.
Au-dessus de la lame compacte du conduit, existe une couche osseuse spongieuse qui mesure 1 centimètre d’épaisseur en moyenne. Une curette petite mais puissante, hémisphérique, à manche carré, parvient à creuser dans cette épaisseur.
Des tampons de ouate sont pendant ce temps opératoire maintenus dans le fond de la brèche, pour que les raclures osseuses ne s’y égarent pas. Par ce procédé, on a bien sous les yeux la région des osselets, mais surtout l’évasement réalisé dans le conduit permet d'étancher le sang et d’intervenir sur les parois ou le contenu
de la caisse, sous le contrôle du regard. Le plus pénible est d’absorber le sang qui se répand dans la brèche opératoire. Le conduit membraneux et le pavillon peuvent à la fin êlre remis en place et maintenus par des sutures cutanées.
6t. — 1900. Surdité satrn {Société d’oto-rhino-laryngologie de Paris, 9