Sur les
entendants-muets.
(Bulletins et Mémoires de la Société française d'oto-rhino-laryngologie, t. XII, p. 488, 1896.)
Présentation au Congrès d’un entendant-muet, dont l’histoire offre quelques particularités intéressantes.
Cet homme a cinquante-quatre ans. Tl a toujours bien entendu mais n'a jamais pu parler. 11 dit seulement avec peine et mal : oui et non. Pas de maladies antérieures. Il a été successivement employé comme manœuvre et comme ouvrier corroyeur. Il a eu deux frères plus âgés tout à fait indemnes, mais lui-même est né après que son père était devenu hémiplégique gauche et ne pouvait plus parler. 11 manque surtout de mémoire : quand on lui demande les métiers qu’il a exercés, il est obligé de lire ses certificats. En général, les entendants-muets sont des dégénérés, parfois même des gâteux. On ne les reçoit pas volontiers dans les institutions de sourdsmuets, tant on redoute l’inutilité de l’instruction : c’est principalement la mémoire qui leur fait défaut. L’histoire de ce malade engage à chercher l’infirmité dans une lésion congénitale des centres phonateurs.
83. — 1897. La médecine légale dans les affections de l’oreille, du nez et du larynx.
(Rapport à la Société française doto-rhino-laryngologie, Congrès de 1897.
Annales dhygiène et de médecine légale.)
Conclusions. — Oreille. — Il importe d’établir l’unité acoumétrique, non sans tenir compte des fatigues transitoires de l’ouïe et des fausses surdités.
Certaines anomalies plus ou moins décrites font encourir des responsabilités dans les interventions chirurgicales (par rapport au nert facial notamment). De même les interventions incomplètes (incision de Wilde), ou septiques (percement du lobule par les bijoutiers).
Les ébranlements par la voie osseuse rompent la membrane tym-
panique à la périphérie ; au contraire, les ébranlements par voie aérienne la rompent vers son centre (Corradi). Les. perforations traumatiques se caractérisent par leurs bords ecchymosés (Politzer).
Le métier de plongeur doit être interdit aux hommes qui ont de l’obstruction tubaire ou de l’atrophie de la membrane (Koch).
La névrose traumatique peut se compliquer de surdité ou d’hyperacousie, avec bourdonnements dans les deux cas. Ces troubles sont temporaires, en général. Les contaminations syphilitiques dans les examens médicaux sont rares.
Chezlespendus, ontrouve lesruptures de la membrane, des ecchymoses ou hémorragies dans la caisse et le conduit auditif. Les lésions peuvent servir à élablir que le sujet a été pendu vivant (Lannois).
Les explosions de dynamite déterminent, aux oreilles, des ruptures tympaniques surtout en arrière, ou des bourdonnements et vertiges, selon que la victime est plus ou moins près de l’explosif (Verdos, Castex).
Dans l’infanticide, la constatation d’air ou de liquide amniotique dans la caisse établit que l’enfant a respiré (signe de Wreden).
Dans le service actif des chemins de fer, il y aurait lieu de diminuer l’acuité de certains signaux (Grazzi). Le pétard est le plus utile de tous. Les chauffeurs et mécaniciens ne devraient être admis qu’avec une ouïe presque normale et entendre la voix chuchotée à un mètre au moins (Zwaardemaker).
Pour le service des téléphones, 4 mètres d’audition au chuchotement sont nécessaires pour que la conversation soit intégralement perçue (Zwaardemaker).
En matière d’assurance sur la vie, l’otorrhée chronique et la maladie de Ménière sont les seules qui rendent le risque inacceptable. En matière d’assurance contre les accidents, la sclérose tympanique préexistante exonère souvent l’assureur.
Le sourd-mueljouit en France, depuis la Révolution, de Rentière capacité civile.
Pour le service militaire, sont déclarés propres au service ceux qui ont une affection curable, et impropres ceux qui n’enlendent
ni la voix, ni le diapason, de même que les sourds-muels.
Nez. — Le rhinologisle a son rôle dans les expertises médicolégales, notamment pour les anosmies supposées accidentelles.
La douche de Weber, la cocaïne, le bromure d’éthyle engagent plus ou moins notre responsabilité.
Les contaminations syphilitiques au nez sont rares.
Les difformités graves du nez, les polypes fibreux, l’ozène entraînent l’exemption du service militaire.
Larynx. — Les fractures du larynx portent principalement sur le thyroïde. On les rencontre surtout à l’âge moyen de la vie. Leur symptomatologie est assez discrète.
L’oblitération respiratoire mortelle peut être due à des bols alimentaires trop gros ou dévoyés, aux vomissements refluant dans le larynx, à des étouffements involontaires d’enfants par de grandes personnes couchées à côté d'eux, à l’hyperlrophie du thymus (Brouardel). Quelques-unes de ces morts subites relèvent du mécanisme de l’inhibition.
La mort peut compliquer le tubage.
Les effets de l’iodisme au larynx sont à surveiller.
La grossesse peut accroître les tumeurs du larynx.
Dans la strangulation, qu’elle soit produite par les mains ou par un lien, l’inhibition joue un rôle important. Des enfants peuvent êtreélouffés par l’enroulement du cordon ombilical autour de leur cou.
La suffocation est souvent produite par un corps étranger introduit dans l’arrière-bouche. Elle est un procédé très fréquent d’infanticide (Tardieu). L’expert doit fendre largement les joues pour fouiller l'arrière-bouche.
Dans la pendaison la striction des voies aériennes agit plus que l’inhibition qui n’est pas sans effet. Le lien agit au-dessus du larynx et l’occlusion est due au refoulement de la base de la langue contre la paroi postérieure du pharynx. Il se produit des fractures indirectes des grandes cornes de l’os hyoïde et du cartilage thyroïde.
Dans la submersion, l’abolition des réflexes laisse la glotte sans défense. La constatation du liquide dans la caisse du tympan donne à penser que la submersion s’est effectuée pendant la vie.
Les explosions de machines à vapeur produisent des phlyctènes. Dans les explosions de grisou ce sont des ulcérations laryngo-trachéales. 11 n’y a guère de brûlures avec la dynamite.
Les contaminations syphilitiques portent surtout sur les amyg-
Dans les contestations entre artistes et directeurs on ne peut que s’en remettre le plus souvent à la conscience des premiers.
Les principaux cas qui rendent impropre au service militaire sont : le mutisme, les perforations palatines, les laryngites et aphonies qui ont résisté au traitement.
En somme : Notre responsabilité est en cause surtout dans les interventions opératoires, qu’il y ait anomalie anatomique, qu’il y ait faute de désinfection ou autre ; notre rôle s’affirme, grûce à nos procédés spéciaux d’investigation, pour l’admission dans certaines administrations dont dépend la sécurité du public et pour dévoiler maintes simulations. C’est rarement au criminel, mais presque toujours au civil que nous avons à intervenir.
Si. — 1897. Maladies des oreilles.
{Traité de chirurgie de MM. Le Dénia et Delbet, t. .V, avril 1897.)
Dans cet article nous avons publié deux figures originales de malformations de l’oreille (fig. 13 et 14).
85. — 1898. Hérédo-syphilis otique. — Dégénérescence labyrinthique, suite d'oreillons. — Surdité chez un ouvrier plongeur. — Intoxications labyrinthiques.
(Bulletin de laryngologie, 1898, p. 165.)