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Sur deux cas de rhinoscUrome

(Communicalion à la Société française dtOto-rhino-laryngologie, 1894.)

On a bien rarement, en France, l'occasion de voir des rhinoscléromes. C’est ce qui fait l’intérêt des deux observations personnelles

acceptée sans contrôle suffisant? Nos recherches montrent qu’il est \

loin d’en être ainsi. Cette croissance dont nous avons voulu dou ter, nous ' |

l’avons pesée et mesurée, et les chiffres obtenus sont péremptoires. j

Voici comment nous avons procédé : . . j

On sait que la croissance se mesure principalement aux trois j

quantités suivantes ; le poids, la taille ou hauteur, enfin le péri- j

mètre thoracique. !

Avant d’opérer nos malades, nous exigions des parents qu’ils nous remissent les poids, taille et tour de poitrine, au niveau des seins, !

de leur enfant..Quand nous le pouvions, nous prenions nous-mêmes ;

ces chiffres. Trois mois après, nous nous procurions les mensu- J

rations, ou six mois, ou neuf, ou douze mois après. Nous avons pu, 'i

de la sorte, dresser des tableaux de croissance dont nous ne ^

donnerons que le résumé. ' j

Dans une enquête de cette sorte, il y a forcément beaucoup de j

déchet, des opérés sont perdus de vue, et les lettres qu’on leur écrit J

reviennent sans avoir rejoint le destinataire. D’autres envoient des 1

chiffres incomplets ou vraiment inacceptables en un sens ou dans j

l’autre, si bien qu’à notre grand regret nous ne pouvons donner une . | statistique intégrale; mais, comme elle se compose d’un nombre assez j

important d’unités, et que, d’autre part, nous y faisons figurer des |

cas de résultats divers, nous pensons qu’elle mérite créance, et nous •J

ne craignons pas qu’un plus grand nombre de faits viennent infirmer I

ses conclusions principales. 3

Pour nous renseigner sur le degré de la croissance post-opéra- 3

toire, il fallait le comparer à la croissance normale. C’est ce que ij

nous avons fait eu nous reportant à la table de Quételetpour les poids 1

et taille, et à celle de Pagliani pour le périmètre thoracique (t). |

En résumé, pour arriver à tirer de tous nos chiffres une moyenne |

unique suffisamment exacte, voici comment nous avons procédé : |

sur la table deQuételet, nous avons relevé la quantité que garçons et |

filles gagnent annuellement en taille et poids (2) ; elle varie bien |

(I) Dictionnaire des sciences antlmpolo0ques, 1889, article Croissance. -j

Paglia^ annuelle en périmètre thoracique a été prise sur la table de

le chiffre de 2,37. Nous pensons donc pouvoir conclure :

En moyenne, un enfant opéré de tumeurs adénoïdes présente un mouvement de croissance plus que double et presque triple.

Ce chiffre de 2,57 a été obtenu par une sorte de calcul en partie double; chacun de nous deux avait établi isolément sa moyenne personnelle : l’un sur vingt et une observations et l’autre sur quatorze. Or il s’est trouvé que nos deux moyennes s’approchaient comme chiffre (2,82 et 2,32), faisant ainsi leur preuve mutuelle. La moyenne générale 2,37, que nous inscrivons au résumé, fournie par vingt et une observations d’une part et quatorze de l’autre, serait donc plutôt trop faible que majorée.

Détail il noter : si, au lieu de faire la moyenne totale, nous la faisions pour chacun de nos tableaux, nous constaterions qu’elle est d’autant plus élevée qu’on la prend plus près de l’intervention chirurgicale; ainsi :

D’où il faut conclure que le mouvement de croissance s’accuse surtout dans les semaines qui suivent l’opération pour se ralentir après, ce qui est bien à l’éloge de l’opération.

Le diagnostic des végétations adénoïdes comporte des difficultés particulières : certains sujets paraissent porteurs de végétations sans en avoir réellement, tels ceux qui ont simplement une atrophie de l’os intermaxillaire supérieur (lig. 9).

35. —1894. Recherches expérimentales sur le bromure d’éthyle.

(Laboratoire du professeur Charles Richet, 1894.)

Le bromure d’éthyle est d’une telle utilité que nous avons voulu constater par nous-même les principaux traits de son action physiologique. Les spécialistes ne l’emploient généralement qu’à petites doses (15 ou 20 grammes environ) et s'empressent d’opérer

dès que le sommeil commence. Mais, s’il devient nécessaire de pousser plus loin la bromuration, ne fait-on pas courir des dangers au malade? N’y a-t-il pas au delà du premier sommeil des phases périlleuses dont il faut ne pas approcher? Nous nous sommes d’autant plus posé ces questions que, de loin en loin, on entend parler de mort dans une opération d’adénoïdes, sans qu’il soit possible de bien savoir comment un tel dénoûment a pu se produire.

Pour dégager ces inconnues, nous avons soumis des animaux ii l’action prolongée de bromure d’éthyle et noté les particularités de l’expérience, surtout en surveillant la circulation et la respiration.

Nous avons pu instituer ces recherches dans le laboratoire du P' Ch. Richet, à la Faculté. Quelques-unes ont été conduites par M. Gley. Nous ne pouvons reproduire ici tous les détails de ces expériences (1). Nous nous bornons à reproduire les tracés caractéristiques pris sur les animaux en expérience. Ainsi nous voyons

1° On peut administrer de fortes proportions de bromure d’éthyle sans déterminer la mort;

2” La dilatation pupillaire et la contracture des muscles masticateurs se montrent hâtivement ;

3" La respiration se ralentit au début, puis s’accélère au milieu et devient enfin irrégulière si on pousse très loin la dose. On ne constate pas de spasmes glottiques ;

4" Vers la phase moyenne de l’anesthésie, toute contracture musculaire cède; le cœur a quelques irrégularités très légères;

3“ Si on suspend les inhalations, quelques contractures, notamment celles des muscles masséters, disparaissent;

6° Le bromure d’éthyle exerce, après un certain temps, une excitation glandulaire très vive.

11 y a sudation abondante, ptyalisme et larmoiement. Les expérimentateurs ressentent eux-mêmes cette action surleurs conjonctives.

Au total, le bromure d’éthyle semble agir comme excitant du système nerveux et porter ses effets principalement sur le bulbe.

(1) BuUeiin

La respiration est plus menacée que le cœur. 11 ne parait pas dangereux, mais le chirurgien, après avoir dépassé la période initiale de contracture, doit surveiller pariiculiercment la respiration.

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