Sinusite frontale infectieuse, séquestre
gangrène pulmonaire, guérison.
Lobservation que je communique à la Société a son intérêt dans les complications rares et graves qui se sont produites sans
entraîner d’issue fatale. Elles s’expliquent par les antéeédents pathologiques du malade.
Nous voyons iei une double sinusite frontale infectieuse, à début phlegmoneux, tapageur, provoquée par le reniflement d’eau boriquée, mais préparée par une infection générale antérieure d’angine scarlatineuse.
La virulence s’étant montrée excessive a entraîné, malgré ma première intervention, la nécrose partielle des parois, elles séquestrés entretenant la suppuration ont rendu nécessaire une deuxième intervention à huit mois de distance. La gangrène pulmonaire qui a suivi peut être considérée comme une complication opératoire, l’intervention ayant mis en mouvement les agents infectieux inclus
Je signalerai les bons effets du collargol, dont j’ai eu à me louer déjà dans des cas analogues.
Ce cas de sinusite frontale m’a paru devoir être signalé 4 cause de ses antécédents et de ses complications spéciales et graves, qui n’ont point empêché d’obtenir la guérison complète.
15. — 1905. Quelques cas de si/philis (nez, pharynx, larynx).
[SodéU d'OIo-rhitio-laryngologie de Paris, 30 juin lOOS, et Bulletin de laryngologie, ototogic et rhinologie, 1905, page 205.)
J’ai pu étudier, ces derniers temps, soit dans le service du professeur Gaucher, ii l’hôpital Saint-Louis, soit à ma clinique, un ensemble de cas de syphilis, au nez, au pharynx et au larynx, dont l'exposé pourra s’ajouter utilement à ce qui a été écrit déjà pour compléter certaines parties des descriptions.
Je ferai remarquer que la syphilis du nez, bien connue dans ses manifestations tardives habituelles : nez en lorgnette, croûtes noirâtres, odeur nauséabonde, perforations larges de la cloison, séquestres, etc., se révèle parfois encore par quelques altérations isolées, qui sont surtout : la périostite gommeuse des os propres,
les rétrécissements narinaires, l’atrophie des deux cornets inférieurs, l’ozène type rencontré chez les hérédo-syphilitiques.
Au pharynx :
Je viens d'observer un chancre de l’amygdale gauche chez un homme âgé. Le malade racontait que six semaines avant il avait ressenti des symptômes de grippe, puis une sensation d’arête retenue dans son amygdale; ensuite s’était déclaré un léger torticolis que j’expliquai par une pléiade de ganglions sous le sternocléido-mastoïdien. On en trouvait encore deux ou trois devant ce muscle, petits, roulants, indolores. Toute l’amygdale était rouge. En son milieu s’accusait une brèche verticale, d’aspect diphtéroïde. L’aspect chancreux était manifeste, surtout au versant postérieur de cette brèche. Sur la partie antérieure de l’amygdale existaient deux petites ulcérations diphtéroïdes. La consistance était celle d’un cartdaee un peu mou. Aucune douleur en avalant. Le mal ressemblait beaucoup à un épithéliome de l’amygdale ; mais, quelques jours après, une roséole caractéristique venait affirmer la vraie nature de la lésion.
Au larynx ;
Je crois bien avoir observé, et ceux qui l’ont examiné comme moi ont partagé cet avis, le cas très rare sinon unique du chancre de l’épiglotte.
Un homme est venu â ma clinique pour une tuméfaction douloureuse de l’épiglotte â droite. La douleur s’exacerbait surtout dans les déglutitions. Sur la partie latérale droite de l’opercule se montre une plaque rouge, ovoïde, mesurant environ 1 centimètre et demi de longueur sur 1 centimètre de largeur. Vers l’extrémité interne de la plaque se voient deux petites ulcérations jaunâtres, superficielles, placées Tune devant l’autre et mesurant à peu près les dimensions d’une lentille. A première vue, je pensai qu’il s’agissait d’un épithéliome; mais, en cherchant plus longuement, j’arrivai à penser que j’étais en présence d’un accident primitif de Tépiglotte. Les raisons qui m’ont fait admettre cette interprétation sont les suivantes :
1" Quelques jours après le début des douleurs de déglutition, le
malade avait eu un ganglion gros mais indolore sous le maxillaire à droite, qui avait disparu peu îi peu ;
2" Alors que cette gêne de l’épiglotte existait depuis quatre mois, les accidents secondaires non équivoques venaient d’éclore depuis une quinzaine de jours. Ils consistaient en petites plaques muqueuses au prépuce, pustules au cuir chevelu et surtout dans les ulcérations tout à fait typiques sur le bord libre des cordes vocales, qui d’ailleurs étaient d’un rouge-vermillon. L’intérieur du larynx marquait donc indubitablement que cette syphilis en était à sa période secondaire ;
3° Le traitement spécifique hydrargyrique institué depuis un mois avait amélioré l’ensemble des manifestations, et des cautérisations du chancre avec la solution à 1 : 20 de chlorure de zinc amenèrent assez vite la disparition des cxulccraiions de la surface et la diminution de cette plaque épiglottique ;
4” 11 était impossible do découvrir ailleurs un accident primitif.
Pour conclure, j’appellerai l’attention sur le gros bubon amygdalien à la période secondaire, sur l’existence du chancre h l’épiglotte, sur les lésions héréditaires appelant la tuberculose au larynx, enfin sur l’état noueux des cordes, considéré comme indice de l’hérédo-syphilis laryngée.
IG. — 1903. Occlusion membraneuse des narines.
Résultals opératoire et fonctionnel.
(SocUIé d'Oto-rhino-larynootogie de Paris, juin 1903, et Bulletin de taryngohgU, olologie et rliimlogie, 1904, page 41.)
Un jeune garçon do quatorze ans m'a été conduit en octobre 1902 pour une oblitération membraneuse presque complète des narines. Ces membranes, translucides, se plaçaient à la partie profonde des narines, au niveau de leur continuation avec les fosses nasales, et se trouaient d’un petit pertuis situé en avant, celui du côté droit présentant à peu près la largeur d’une lentille et celui de gauche encore plus petit. Cette oblitération était congénitale. L’enfant n’avait jamais eu de maladies et était du reste normalement conformé. 11 respirait jour et nuit par la bouche et ne pouvait
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mainlenir les lèvres rapprochées sans éprouver aussilôt de l’essoufflement.
Je l’opérai avec l’aide de mon assistant, M. Collinet, à qui je dois la figure ci-jointe (fig. 23). Ces membranes étaient si minces que je me contentai de les inciser d’avant en arrière, dans toute l’étendue des narines. Celles-ci furent ensuite bourrées pendant près d’un mois avec un tampon serré de gaze iodoformée. Je m’étais
assuré, après section des membranes, que les fosses nasales étaient normales en arrière.
Les suites ont été favorables.
Je viens de revoir mon opéré huit mois après l’occlusion. La cicatrisation a quelque peu reproduit l’occlusion, mais les orifices sont notablement plus grands qu’avant, et surtout l’enfant peut courir en maintenant les lèvres rapprochées. Si donc le résultat opératoire est incomplet, le résultat fonctionnel est satisfaisant.