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IV. — MALADIES DE L’OREILLE

Cf. — 1902. Vertiges auriculaires.

(Bullelin de taryngologie, olologie et rhmotogie, 1902, page 3.)

Dans l’ensemble nombreux et varié des vertiges, un groupe important se présente qui a pour point de départ les diverses parties

de l'appareil audilif. Ce sont les vertiges auriculaires. Leur réalité se révèle avec évidence dans les cas où l’on voit évoluer parallèlement des lésions otiqucs et des manifestations vertigineuses.

Au lieu de m’en tenir exclusivement à la maladie de Ménière, qui n’cn est qu’une variété particulière, j’étudie l’ensemble de ces vertiges pour rendre le diagnostic plus facile, grùce à la compa-

Tableau clinique. — Il y a dans ce trouble des degrés et des formes différentes.

Ce peut n’être qu’un simple étourdissement, où le sujet voit trouble devant lui; un vertige quand les objets environnants lui semblent se déplacer autour de lui ; un tournoiement quand lui-même pivote sur ses pieds et tombe.

Charcot a bien montré que, dans ces crises, les malades n’ont pas la perte de connaissance.

Causes. — 11 faut les chercher dans les trois parties principales de l’appareil auditif.

Pathogénis. — A l’arrière du labyrinthe sont les trois canaux demi-circulaires, dont la lésion expérimentale produit des vertiges (expérience de Flourens, 1842). 11 était donc bien naturel de les incriminer; on n’y a pas manqué. Mais, en tenantcompte des troubles moteurs, sensitifs et sensoriels qui figurent réunis dans le vertige ah ore læsa, on est conduit il penser que le cerveau, le cervelet et le bulbe sont également en cause, et qu’il s’agit d'une irritation portant d’abord sur les canaux demi-circulaires, puis réfléchie sur les centres. Les canaux seraient ainsi l’intermédiaire obligé. Mais que de réserves s’imposent dans l'interprétation de ce trouble singulier : le vertige.

Diagnostic. — L’étude du diagnostic comporte trois analyses successives : a. distinguer le vertige d’avec les troubles similaires;

b. différencier les vertiges auriculaires d’avec tous les autres;

c. déterminer la variété d’un vertige otique observé.

Pronostic. — La gravité se calcule d’après la cause qu’on a pu

découvrir. Les vertiges avec intermittences sont moins à redouter que les vertiges continus, car ceux-ci conduisent à cet état d’exci-

talion spéciale et permanente, aggravé par des troubles irradiés, que M. Gellé a dénommé labj/rinthisme. La maladie de Ménière est « une des plus cruelles affections de la pathologie humaine » (Gellé).

Parfois ce symptôme pénible disparaît à la longue, après que la sclérose progressive a envahi tout le labyrinthe et tué ses éléments constitutifs. Mais le vertige peut guérir sans attendre jusque-là. On le voit se transformer en sensations moins pénibles. Un de mes malades, débarrassé de la sensation de tournoiement, éprouve encore des va-et-vient qu’il compare à ceux d’un train en manœuvre.

Traitement. — 11 doit tenir compte avant tout des conditions étiologiques. C’est dans cet esprit que je l’étudie pour les trois parties principales de l’appareil auditif.

Contre la maladie de Ménière, on emploie spécialement le traitement dit de Charcot, par le sulfate de quinine. Le malade prend pendant deux semaines consécutives de 50 à 75 centigrammes de sulfate ; il s’arrête pendant huit jours, puis en reprend pendant deux autres semaines. Après quatre ou cinq périodes ou saisons de ce genre, les vertiges disparaissent souvent. La quinine agit ici comme anticongestif et anesthésique (Lahorde). Le massage elles injections sous-cutanées de pilocarpine sont assez utilement employés aussi ; mais les insufllations d’air par les trompes, en ébranlant la chaîne des osselets, peuvent aggraver l’état du malade. Ballance aurait fait disparaître des vertiges et la surdité en ouvrant chirurgicalement le vestibule. Urbantschitsch, s’appuyant sur ce fait d’observation que, chez les sujets normaux, le vertige est d’autant plus long à se produire dans les mouvements de rotation que ces sujets sont plus habitués à ces mouvements, a prescrit à plusieurs malades de se livrer à des mouvements de rotation fréquents. Le patient, étant couché, tourne alternativement la tête à droite età gauche et cesse dès que le vertige apparaît. Ces manœuvres amèneraient la disparition des troubles. Urbantschitsch a pu guérir ainsi un malade dont le vertige semblait avoir pour cause une lésion du canal semicirculaire horizontal.

A côté de la thérapeutique qui précède, doit figurer le

de Caeeh. Dès que le malade sent venir son vertige, il.doit s’étendre horizontalement, prendre deux ou trois cuillerées d’eau chloroformée, respirer de l’éther ou du nitrite d’amyle. On appliquera des sinapismes aux cuisses, on fustigera son visage avec des compresses humides. Si des vomissements se déclaraient tenaces, on aurait recours à la potion de Rivière ou au champagne frappé.

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