Bourdonnements des neurasthéniques
(SoeUlé d'Olo-rhino-laryngohgie de Paris, 14 novembre 1902, et Bulletin de taryngotoÿie, ololegic et rhinotogie, 1903, page 104.)
Quand un malade vient consulter pour des bruits d’oreille, il présente en général quelque altération anatomo-pathologique : sclérose tympanique, labyrinthique, obstruction tubaire, ou tout au moins un bouchon de cérumen. Ce sont là des causes directes.
Plus rarement le bourdonnement dépend d’une lésion non auriculaire ; affection de l’estomac, de l’utérus, etc. Ce sont des causes indirectes.
Plus rarement encore les brnits se produisent sans qu’il y ait aucune lésion auriculaire ou autre.
11 m’a paru que, dans les derniers cas, il s’agissait de snjets neurasthéniqnes.
Les caractères diagnostiques suivants permettent de reconnaître cette variété de bourdonnements :
1" Oreille indemne an physique comme au fonctionnel ;
2* Localisation des bruits dans la tête ;
3“ Atténuation après des bruits extérieurs prolongés ;
4° Coexistence de stigmates nenrasthéniques.
Conclusions. — 11 y a des bourdonnements comme dos vertiges dans la nenrasthénie. Quelques caractères assez nets permettent de les rattacher à leur cause spéciale.
21. — 1903. Rétrécissement du conduit auditif membraneux réséqué par décollement du pavillon.
(Société d’Otc-rbine-laryngologie de Paris, 20 mars 1903, et Bulletin de laryngologic, otologie et rhimlogie, 1903, page 106.)
Les rétrécissements membraneux du conduit auditif externe sont ordinairement traités par incision cruciale, procédé souvent insuffisant. Je viens d’en employer un autre, en m’inspirant d’une intervention que j’avais vu pratiquer par notre collègue M. Ménière.
Une jeune fille qui était tombée, à l’âge de deux ans, dans une bassine d’eau bouillante, présentait sur le visage et au pavillon droit des brides cicatricielles de brûlures profondes. Dans le conduit auditif droit existait un rétrécissement en forme de diaphragme serré, mais souple, par l’orifice central duquel s’écoulait un pus grumeleux.
Je décollai alors le pavillon et le conduit membraneux dans sa moitié postérieure. Sur cette partie du tube membraneux, j’enlevai un losange de tissus, et, comme la stricture persistait à l'union du conduit et de la conque, j’y taillai un lambeau triangulaire à base externe, selon la technique de Siebenmann. Je pus découvrir â ce moment des masses cholestéatomateuses qui emplissaient le fond du conduit et la caisse désorganisée. Je nettoyai ce cloaque. La perte de substance faite au conduit membraneux se composait donc d’un losange dans le fond et d’un triangle à l’entrée, quelque chose comme un fer de lance.
Le décollement du conduit m’a permis d’abraser en arrière, avec une forte curette, une certaine épaisseur du conduit osseux, ce en quoi ce mode d’intervention me paraît surtout utile, car il permet d’élargir aussi le conduit osseux. Pour mieux appliquer ensuite les parties molles contre le squelette, j’enlevai avec des ciseaux la doublure chondro-fibreuse du lambeau triangulaire externe. Je suturai l’incision mastoïdienne et, après avoir appliqué les restes du conduit membraneux contre le conduit osseux, je plaçai un drain résistant de caoutchouc debout à travers l’ancien rétrécissement, en insinuant de la gaze iodoformée entre ce drain et les parois.