Luette double. — Soc. Anatomique, 17 Juillet
Les cas de luette bifide sont fréquents, ceux de luette complètement double sont beaucoup plus rares.
9. — Un casdepseudo-hermaphrodismeavecautopsie. Cas demariage entre hommes et de règles chez un homme (en collaboration avec le D' — Médecine moderne, 17 décembre 1902,
et Soc. Anatomique, 5 décembre 1902.
Observation d’un sujet mort à soixante-quinze ans à l’hôpital Necker. Ce sujet avait toujours été considéré comme étant du sexe féminin et avait été institutrice. Son faciès était féminin, sans trace de barbe, mais la voix était aigrelette, voix de polichinelle; les seins étaient ceux d’un homme.
L’examen des organes génitaux montrait un organe érectile non perforé, ayant le diamètre d’une verge (8 centimètres de circonférence), mais sessile sur presque toute sa longueur et limité à une longueur de 4 centimètres.
Au-dessous du gland se trouvait une poche, vaginale ou pseudovaginale, d’un diamètre permettant l’entrée du doigt et d’une profondeur de 6 centimètres. L’urèthre s’ouvrait au fond de cette poche. Au toucher, on la sentait terminée en cul-de-sac,
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sans trace de col on de corps utérin. Au devant du pubis, on sentait deux petits corps ovalaires, donnant l’impression de testicules ratatinés de vieillards.
A l’autopsie, on constata que ces derniers corps étaient des testicules histologiquement reconnaissables; il s’agissait donc d’un homme. Quant au cul-de-sac pseudo-vaginal, c’était un profond sinus uro-génital. L’existence de ce sinus montrait chez ce pseudo-hermaphrodite un arrêt de développement particulièrement précoce.
Ce qui fait l’intérêt de ce cas, au point de vue clinique, c’est, d’une part, que ce sujet avait été marié comme femme et paraissait ne pas se douter qu’il présentât une anomalie; c’est, d’autre part, qu’il prétendait avoir eu de dix-huit à cinquantecinq ans un écoulement sanguin tout à fait régulièrement périodique par les voies génitales; ce fait était confirmé par les dires catégoriques de sa sœur. Les cas de mariages entre hommes ont été signalés quelquefois (Neugebauer en a réuni récemment jusqu’à 46 cas pris dans la littérature). Les cas de pseudorègles chez un homme sont plus rares, et l’existence d'un écoulement sanguin uro-génital fait généralement incliner le diagnostic, quand le sexe est douteux, vers le sexe féminin; pourtant on a signalé quelques cas d’hémorragies génito-urinaires chez des hommes, mais elles étaient rarement régulières et prolongées.
10. — Injections intra- et extra durales de Cocaïne à dose minime dans le traitement de la Sciatique. Valeur comparée des deux méthodes. Résultats immédiats et tardifs (en collaboration avec le D’’ Du Pasquier). — Soc. de Biologie, 6 juillet 1901, et Bull, général de Thérapeutique, IS août 1901.
Ce travail fut entrepris presque aussitôt après que MM. Sicard et Cathelin eurent fait connaître la méthode des injections épidurales.
Certains cliniciens avaient récemment obtenu des résultats encourageants dans le traitement de la sciatique par des injections sous-arachnoïdiennes de cocaïne à la dose minime de 0,00S milligrammes. Nos essais nous ont montré : 1“ que ces heureux résultats ne sont généralement pas durables; 2» que
même les doses anciennes ne mettent pas à l’abri de certains accidents, céphalalgies, vomissements, fièvre, voire même incontinence des sphincters, accidents parfois très prolongés, plus pénibles que la sciatique elle-même et plus durables que le soulagement obtenu.
Les injections épidurales de cocaïne, à la dose de 1 à 2 centigrammes, nous ont paru avoir une action peut-être moins énergique que les injections intra-durales, mais généralement suffisante pour amener une sédation notable. En revanche, elles mettent complètement à l’abri des accidents. Nous avons donc cru devoir les préconiser.
Depuis lors, les injections sous-arachnoïdiennes ont à peu près disparu de la pratique dans les affections d’ordre médical; les injections épidurales sont au contraire assez souvent employées avec des résultats favorables.