LE SPINA BIFIDA ET L’INCONTINENCE D’URINE DITE « ESSENTIELLE
Incontinence dite « essentielle » d’urine, infantilisme et spina bifida occulta sacré.
Société médicale des Hôpitaux, 28 juillet 1922.
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mais, d’après ce que j’ai vu, il est très commun qu’il y ait en même temps, au moins de loin en loin, quelques émissions involontaires diurnes et presque toujours des besoins pressanls d’uriner lé jour. Cette incontinence, dite nocturne essentielle, a été considérée comme une « névrose urinaire », comme un « stigmate de dégénérescence», comme la conséquence d’une acidité OU d’une alcalinité
En juillet 1922, j’ai observé tin jeune homme de vingt-trois ans atteint depuis son enfance d incontinence essentielle d’urine; il était également infantile, mais ne présentait aucun trouble urinaire ou nerveux. 11 n’avait aucun signe extérieur de spina bifide, Néanmoins, j’ai fait faire nue radiographie de parti pris, et j’ai constaté que le sacrum était très largement ouvert sur toute sa hauteur, sauf au niveau de S3,
Or, nous savions que lé Spina bifida n'est pas toujours au-dessus des ressources chirurgicales, qu’il peut laisser comme reliquat soit un gliome au pourtour d’un myélocyste, soit Uhe bride fibreuse, ou un lipoffle où un fibrolipome, pins rarement un petit kyste ou un ostéome, dans la iatne conjonctive qui joint la moelle à la paroi; nous savions que l’ablation dans certains de ces reliquats, au cours d’un Spina avéré, av»it « amélioré des troubles urinaires », J'ai donc conseillé à mon malade, devant la ténacité désespérante de son infirmité et l’échec de tous les petits procédés classiques, d eSsayêr pendant quelques mois de la radiothérapie et, en cas probable d’ittsUccès, de tenter une intervention. C’esPoê qui fut fait.
Le professeur Pierre Delbét Voulut bien se charger de l’opération : il trouva, au niveau du 2" segment sacré, une bride fibfo-éartilagineusè dense, de la largeur d’uh doigt, transversalement appliquée sur la dure-mère et comprimant munifestemenl le cul-de-sac et les nerfs de la quéue de cheval. La bride fut réséquée. A partir de ce moment, te malade, gui depuis son enfance urinait presque tous les jours au lit , n'a plus uriné du tout. La relation de causé à effet était amplement démontrée.
A la suite de ce brillant résultat, toute une série d’opérations analogues
Nous avons publié notre statistique des vingt-quatre premiers débridements.
Nous avons constaté qu’une briJe fibreuse est bien lu cause de l'incontinence d’urine dite essentielle, car nous avons trouvé celle bride, reliquat vraisemblable d’un ligament jaune au niveau du sacrum ou saillie exagérée de ce ligament au niveau de la région lombaire, dans tous les 24 cas-, èt, si nous n’avôns pas obtenu toujours une guérison immédiate comme dans notre cas initial, nous avons du moins toujours constaté une amélioration.
L’incontinence était due surtout à une insuffisance du « besoin d'uriner », è
1“ Des inflammations ou des irritations génito-urinaires avaient pu, passer inaperçues, notamment chez des filles;
2° Des troubles nerveux avaient pu largement influer sur la persistance de l’incontinence, et plusieurs insuccès partiels avaient été observés chez des épilep-
3° La bride fibrfeuse était parfois accompagnée de lésions du cul-de-sac méningé ou des racines, inaccessibles à la chirurgie;
4° La bride fibreuse transversale peut se trouver à des niveaux différents, ou elle peut être multiple, si bien que très certainement des compressions même
osseuse, et l’on put constater un certain degré d’amélioration, lente, mais progressive.
Une autre malade, âgée de quarante-sept ans, présenta à partir de quarante ans des douleurs névralgiques très vi olentes dans la région occipitale gaucho, puis, h partir de quarante-trois ans, une parésie très prononcée des membres supérieurs, d'abord à gauche, puis à droite, avec atrophie des muscles du groupe de Duchenne- Erb, deltoïde, biceps, brachial antérieur, long supinateur, sus et sous-épineux. Il
premiers segment cervicaux (grand nerf occipital,plexus cervical superficiel, bord
externe du membre supérieur) et une abolition des réflexes radiaux et cubitopronateurs. répondant aux 5" et 6” segments cervicaux, avec conservation des olécraniens et radio-fléchisseurs des doigts, répondant aux 7° et 8’ segmenfs.
D’après ces symptômes, il existait une lésion médullaire au niveau des six premiers segments cervicaux. Or, bien qu’il n’exislât aucun signe extérieur de spina bifida, une radiographie monlra une large ouverture de tare postérieur de là 3 * vertèbre cervicale. Celle-ci ne s’était révélée par aucun symptôme jusqu’à quarante
cavité ancienne qu’elle s’était manifestée alors par une névralgie du grand nerf occipital et une paraplégie brachiale sensitivo-motrice partielle.
Une troisième malade, âgée de vingt-neuf ans, présentait depuis deux ans une parésie amyotrophique du membre supérieur gauche, portant surtout sur les muscles du groupe de Duchenne-Erb, sur les' sus et sous-épineux, le triceps, le trapèze; à droite, les mêmes muscles étaient, au contraire, hypertrophiés et contracturés. Une anesthésie à type syringomyélique siégeait sûr le moignon de , l’épaule et le bord externe de l’avant-bras. Les réflexes radial et cubilo pronateur étaient abolis des deux côtés, l’olécranien et lè radio-fléchisseur des doigts étaient exagérés. Tous ces troubles permettaient de localiser la lésion au niveau des 5' et
Or, malgré l’absence de tout signe extérieur, une radiographie montra, au niveau de la 6° vertèbre cervicale\ une encoche oblique symptomatique d’un spina bifida « occlusa ».
La malade avait d’ailleurs une autre ancienne anomalie congénitale, à savoir un défaut de torsion des humérus, anomalie réversive qui n’est pas extrêmement rare et que j’ai constatée notamment dans mes cas de pléonostéose familiale.
Les troubles sensitifs à type syringomyélique laissaient supposer qu'il existait une lésion intramédullaire; néanmoins, la malade était si gênée qu'elle désirait tenter une intervention ; celle-ci fut faite par le Professeur. Delbet et, comme on
purement médullaire.
montrent la possibilitéd’une évolution grave, quoique très tardive, d’un myéloeyste reliquat d'un spina bifida oerylcàl.
LES VICES DE DIFFÉRENCIATION RÉGION Al DES VERTÈBRES