LES ANOMALIES ET TROUBLES DU DÉVELOPPEMENT DU RACHIS
des lésions très manifestes, mais très différentes de la bride tranversale que nous tiouviuns généralement. Le cul-de-sac durai ne descendait guère que jusqu à. la partie inférieure de la première sacrée; il avait un aspect épaissi, blanchâtre et comme légèrement sclérosé. Les nerfs qui innervaient le membre malade étaient grêles, minuscules , d'un volume au moins moitié moindre que ceux du côtéopposé.
L’œdème trophique du membre inférieur gauche paraissait ainsi bien nettement enrapport avec une innervation tout à fait déficiente de ce membre, qui était malheureusement au-dessus des ressources chirurgicales. La démonstration était donc
faite ; que le trophœdème et le spina bifida ne coexistaient pas par le fait d’une simple coïncidence, mais qu’il y avait entre eux une relation de cause à effet par l’intermédiaire des lésions méningo-radiculaires et peut-être médullaires qui sont généralement à l’origine du rachischisis et qui peuvent persister jusque chez l’adulte. .
Le trophœdème n’est pourtant pas -toujours d’origine nerveuse. Chez une malade atteinte d’une hypertrophie d’une augmentation de volume énorme du membre inférieur gauche ayant tout l’apparence d’un trophœdème, nous avons trouvé sur les épreuves radiographiques une'quantité de taches noirâtres, irrégulières, disposées systématiquement au niveau de toutes les masses ganglion-* naires du tronc, qui représentaient certainement d’innombrables ganglions calcifiés. Ces ganglions calcifiés se retrouvaient au niveau des aines, dans le petit bassin, le long des vaisseaux iliaques et le long de la colonne vertébrale : ce sont les groupes ganglionnaires inguinaux, hypogastriques , iliaques externes et lomboaortiques. Dans ce cas, il semblait bien peu discutable que les lésions ganglionnaires ont été la cause du trophœdème et que celui-ci était dû à l’obstruction lymphatique au niveau des ganglions.
On s’explique que ce soit presque sans aucun succès, sauf une atténuation transitoire de l’œdème pendant un ou deux mois, que M. Walther ait appliqué chez cette malade sa méthode de drainage sus-aponévrotique entre la cuisse et l’abdomen : si ce procédé fort ingénieux peut donner d’excellents résultats dans les œdèmes dus à l’obstruction des ganglions inguinaux.il ne peut guère en donner quand l’obstacle s’étend à tous les ganglions de l’économie, et notamment
En revanche, rien n’empêche de penser que cette méthode de dérivation, lymphatique peut donner des résultats intéressants, même dans les trophœdèmes d'origine nerveuse, si la lésion nerveuse a pour action, exclusive ou non, comme il est logique de le supposer, de déterminer un trouble d innervation des vaisseaux lymphatiques et une stase lymphatique. C’est ce que j’ai pensé, j’ai demandé à M. Walther d’intervenir chez l’une de mes malades atteinte de trophœdème avec spina bifida, et, sous cette influence, le volume du membre a très sensiblement
Quoi qu'il en soit, le trophœdème apparatt comme un syndrome ayant au moins deux origines : origine nerveuse, origine lymphatique et ganglionnaire.
Si, assurément, dans les deux cas que j'ai rapportés, la thérapeutique n’a rien à gagner û cette différenciation, il n’en est pas toujours ainsi. Il est probable' qu’il y a des œdèmes d’origine nerveuse dont les lésions sont plus justiciables de l’intervention chirurgicale que celle de notre première malade ; peut-être peut-on constater parfois de simples brides fibreuses faciles à réséquer. Il est problable
aussi que chez certains sujets les obstacles lymphatiques qui déterminent l’œdème sont moins généralisés que chez notre seconde malade et plus api es h être levés par quelque intervention opératoire. L’avenir doit nous renseigner sur l’efficacité de ces méthodes thérapeutiques.
Pachybrachymélie et spina bifida occulta.
Le spina bifida peut déterminer toutes sortes de Iroubles trophiques, portant sur les os, sur la peau, sur le tissu cellulaire ou sur l’ensemble des tissus d’un ou plusieurs membres. J’ai observé un cas où, en outre d’une lésion cutanée (vitiligo, sclérodermie en bande), il semblait avoir déterminé une alrophie en masse d’un membre h la fois en longueur et en volume (voir plus loin,'affections cutanées). Nous avons observé un certain nombre de cas de trophœdèmes qui paraissaient être bien en i apport avec les spina bifida occulta (voir ci-dessus).
Un spina bifida occulla peut également provoquer à la fois un raccourcissement et une hypertrophie globale d’un membre, portant sur la musculature et l’ossature du membre autant et plus que sur le tissu cellulaire (pachybrachymélie) : tel était le cas chez un sujet que j’ai récemment présenté, avec M. Lonjumeau. à la Société médicale des Hôpitaux.