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II. - MÉNIKGITE HERPÉTIQUE

L’inoculabilité de l’herpès a été démontrée pour la première fois en 1913, par

à la cornée du lapin, qui réagit par une kèrato-conjonctivile vésiculaire. Cette expérience avait presque passé inaperçue, lorsque Lœwenstein, en 1919, la répéta et montra que non seulement l’herpès cornéen, mais encore tous les herpès symptomatiques, idiopathiques, récidivants, irritatifs, étaient inoculables à la cornée du lapin, le zona excepté.

Puis, de nombreux auteurs ont confirmé l’inoculabilité de l’herpès au lapin. L’inoculation à l’homme a été réussie par Teissier, Gastinel et Reilly.

La lésion obtenue est inoculable en série, non seulement de lapin à lapin, mais encore d’homme à homme (Teissier, Gastinel et Reilly). Le virus herpétique appartient à la catégorie des virus invisibles, incultivables sur les milieux de culture ordinaires; il filtre à travers les bougies de porcelaine. C’est un virus cytotrope.

11 est donc hors de doute, à l’heure actuelle, que Vherpès est une maladie infectieuse, contagieuse, inoculable.

Dans les premiers essais d’inoculation, les expérimentateurs s’aperçurent que, dans certains cas, au lieu de rester localisé à la conjonctive inoculée, le virus diflusail dans e système nerveux et produisait des accidents d'encéphalite, ou d’encéphalo-myélite, suivis de mort (Dcerr et Vdchling). Ces constatations, confirmées par Luger et Lauda,

ue laive son apparition a la région vulvaire; on ne trouve plus de traces ae d’exulcérationsà la bouche; mais, à la vulve, il existe une dizaine de petites exulcéraUons superficielles, circulaires, extrêmement douloureuses, dont quelques-unes portent encore

Au POINT DE VUE CLINIQUE, ü Gsl fort imporLaiil de savoir que l’herpès peut se compliquer d’une méningite due au seul virus herpétique, dont le pronostic semble bénin niais qui, au début, se présente sous l’aspect de n’importe quel syndrome méningé, et serait immanquablement attribué à une autre infection, — accompagnée d’herpès. * La méningite herpétique pure, au sens clini([ue, est rare. Elle n’est peut-être pas exceptionnelle si l’on veut y penser. Quel est le praticien qui n’uit souvenance dans sa carrière d’avoir observé tel cas de méningite dont les prémisses semblaient inquiétantes, et qui à sa grande suprise, a guéri simplement? Le terme de méningime naguère, a dissimulé beaucoup de méningites bénignes et frustres, dont nous connaissons aujourd’hui la réalité. Peut-Ôlre a-t-il englobé également des cas de méningite herpétique.

Notre observation ne présente pas seulement un inlérôl clinique, elle permet d’envisager des problèmes plus complexes de pathologie générale.

La réalité d'une méningite herpétique, consistant non plus seulement en une réaction cytologique du liquiile céphalo-rachidien, en une simple céphalalgie, mais allant jusqu’à produire la contracture, corollaire de l'irritation des centres nerveux, élargit lu question et pose le problème de l’infeclion herpétique des centres nerveux. Ce n'esl plus seulement chez le lapin, comme l'expériinenlation l’a montré, mais chez, l’homme qu’il faut envisager l’infection herpétique à affinité élective pour les épithéliums et les centres nerveux, et il faut considérer l’herpès comme une infection épithéliale qui peut présenter, au nombre de ses complications, une méningite et même une encéphalo-myélite provoquée par la seule action du virus de l’herpès.

d'herpès à allure d'épidémie saisonnière, nous font présumer que le virus peut se fixer môme sur certains noyaux de l’axe cérébro-spinal. Le fait suivant, en particulier, montre que le virus herpétique peut être rendu responsable de certains méfaits sur les

L’infecLion méiiingococcique — ou pneumocot^cique — ci-ée-l-elle de môme des conditions qui augmentent subitement ia virulence du virus herpétique saprophytique et fait-elle aussi éclore les vésicules d’herpès « critique »? Vallée et Carré ont montré dans des expériences remarquables sur un autre virus filtrant, celui de la fièvre aphteuse dos bovidés, compaiable à celui de rerphès,que ce virus était susceptible d’êtreaèsorèé par des globules rouges et même des microbes, en l’espèce le staphylocoque.

Ces staphylocoques ainsi maquillés, inoculés, môme après lavage, à l’animal, produisent les vésicules aphteuses. Ainsi voyons-nous qu’un microbe peut véhiculer un virus invisible, le transporter an loin, et lui permettre de faire ainsi apparaître sa lésion caractéristique.

Ne faul-il pas plutôt renverser le problème et penser que l'augmentation de virulence du virus herpétique provoque la maladie herpétique et crée un terrain favorable à la pullulation de certains germes comme le méningocoque elle pneumocoque? Nous connaissons des laits de cet ordre en pathologie ; le virus filtrant de la variole — autre épithéliose — crée les conditions favorables à la pullulation du streptocoque, agent des complications de la variole; celui de la vaccine réveille la latence du staphylocoque; celui du choléra des porcs fait pulluler un bâtonnet voisin du coli-bacilie, qui va créer les complications de la maladie. Nicolle a désigné ces germes qui viennent pulluler secondairement à un virus réel sous le nom de virus de sortie.

pélique compliquée par la pullulation secondaire du méningocoque, hypothèse d'autaiiL plus plausible que le virus herpétique est doué d’un pouvoir de propagation particulier pour le système nerveux, pouvoir que ne possède, à notre connaissance, aucun

m milieu favo-

On peut se demander même s’il s'agit d’un ménigocoque, il ne s’agit pas d'une symbiose obligalo bon La Fontaine, l’aveugle cl le paralytique se réunissent pour s’< herpétique et méningocoque sc symbioseul pottr créer la méningite cérébro-spinaléi'> Dans le môme ordre d’idées, la pneumonie pow'rail être considérée comme une localisation du virus herpétique à l'épithélium alvéolaire du poumon permellanl seconiain ment la iocalisalion superficielle du pneumocoque dans l'alvéole.

Les problèmes que posent chaque jour la notion des virus invisibles, filtrables — dits filtrants — atteignent une ampleur à laquelle le virus herpétique, virus humain, contribue d’une façon particuliérement importante.

comprendre comment pourrait être envisagée la notion d’infection microbienne du cancer même épithélial.

Le cancer est une maladie très particulière qui est caractérisée, avant tout, par la multiplication désordonnée, précoce et anarchique d’une cellule ou d'un groupe de cellules hautement différenciées. Cette cellule, affranchie de sa destination première, ne remplissant plus le rôle physiologique qui lui est assigné est devenue, en quelque sorte, étrangère à l'organisme et n’a plus qu’une seule tendance qui est la reproduction. Celte reproduction exagérée aboutit à la production de tumeurs plus ou moins volumineuses, capables de se généraliser par métastases et de tuer par cachexie.

karyokincse répétée de cellules dillérenciécs.

Si donc on veut supposer une cause infectieuse au cancer, c’est dans le groupe des microbes invisibles (|u’il faut chercher le parasite. Cette théorie a été, pour la première fois, brillamment soutenue par Borrel qui, frappé de l’affinité purement épithéliale des « virus filtrants * que l’on venait de découvrir, remarquant, en outre que, dans les maladies qu’ils provoquent, on peut observer des processus de karypkinèse répétée aboutissant à des formations adénomateuses, a, en 190,*), rapproché le processus cancéreux de ces processus épithéliaux et proposé le nom d’épithélioses pour les maladies déterminées par cette nouvelle catégorie de virus.

La découverte de P. Rous sur le sarcome infectieux de la poule est venue, en 1919, apporter une preuve certaine de la réalité de ces virus filtrants invisibles dans la

l’action du goudron (Roussy), pourrait être interprétée comme l’absence de ce virus saprophytique chez elles.

Mais, comme nous l’avons écrit, ces raisons sont-elles suffisantes pourgénéraliserel Nous ne le croyons pas.

Si l’on considère d’un point de vue plus général les causes qui provoquent la l’cp*’®' (ludion cellulaire, on voit (jue celles-ci peuvent être de nature différente; les très belles recherches de Loch et de Yves Delage sur la parihénogénèse expérimentale nous on(, à ce point de vue, ouvert des horizons nouveaux. Laissant de côté la partlié*

nogén^se naturelle* considérons que l’œuf non parlhénogénétique exige pour se développer d’être fécondé ; l’union avec le spermatozoïde, après expulsion des globules polaires, est indispensable pour déclancher la segmentahon. Or, cxpérimcnlalcmcnt, Loeb et Yves Delage, en agissant avant l’expulsion du deuxième globule polaire, c’està-dire avant que la réduction chromatique soit assurée, ont pu obtenir la fécondation

solution saline, solution d’acide butyrique dilué, etc.... Ils ont ainsi réalisé la parthénogénèse expérimentale sur des œufs naturellement non parthénogénétiques, les œufs

liACTÉRlOPIIAGE

SON APPLICATION THÉRAPEÜTIQDE

I. — Le principe bactériophage. (Phénomène de d'Hérelle). Rapport Soc. de Pathologie, Revue de Pathologie comparée, 5 novembre n“ i92, 2i' année, p. 555.

II. — Un cas de pyélonéphrite gravidique traitée parle bactériophage de d'Hérelle. Soc. Méd. Hüp. Séance du 21 juillet 1922. Bulletin de la Soc. MU. Hâp., n*25, 27 juillet 1922, p. H-51. (En collaboralion avec Coucoux et Cordey.)

III. — Les applications thérapeutiques du bactériophage de d'Hérelle. Colteetion des Travaux de Pathologie comparée, 192,5. (En collaborationavecHauduroyetCordey.)

IV. — Le rôle du bactériophage de d’Hérelle dans l'immunité. Soc. de Pathol, comparée. Séancedu 15 novembre 1925, Revue de Pathologie comparée, 20 décembrel925, p. 767. (En collaboration avec Hauduroy.)

V. — Le principe bactériophage (bactériophage de d’Hérelle). Immunité, vaccination.. La Médecine, 5' année, n“ 3, décembre 1923, p. 191.

VI. — Ce qu’un praticien doit savoir du bactériophage de d'Hérelle et de ses applications thérapeutiques. Clinique et laboratoire, 20 janvier 1924, p. 6.

aali-coli au bacille du charbon. Nous avons en vain cherché l’adaptation pour le streptocoque, et le bacille tuberculeux.

7» Adsorption du bactériophage. — Gomme Vallée et Carré l'ont montré pour les virus cytotropes, en particulier pour le virus de la fièvre aphteuse, le bactériophage est adsorbable par des microbes pour lesquels il n’est pas sensible, qu’il ne détruit pas, mais qui lui permettent de végéter jusqu’à ce qu’il trouve une meilleure occasion d’exercer son action. Notre élève Caublot, sur notre conseil, en additionnant de bactériophage une culture de bacille du charbon et en faisant quotidiennement des passages successifs, n’observe pas la lyse sur le bacille du charbon mais, au douzième passage, le filtrat de la culture de charbon renferme encore le bactériophage actif contre le coli. Il en fut de même avec le staphylocoque et Caublot a même pu adsorber le bactériophage par des substances inertes, comme la terre d’infusoires. Par contre les dilutions en milieu de culture stérile, ne permettent pas la conservation du bactériophage. Il en résulte que le bactériophage peut être hébergé sans mourir par des hôtes qui ne semblent pas le favoriser mais qui lui permettent cependant de vivre.

Par une espèce sensible, le coli par exemple, la lyse peut être complète; dans d’autre cas, elle peut être incomplète, en ce sens que le tube, macroscopiquement éclairci, donne naissance, par le repiquage sur gélose, au développement de quelques colonies : ces individus constituent des races résistantes à l’action de bactériophage.

Si l'on transporte dans la pratique la notion de ces races résistantes on voit que celles-ci peuvent prendre une importance considérable. Nous avons souvent observé dans nos essais thérapeutiques que, dans les affections aiguës coli-bacillaires, le colibaciUe des malades était facilement lysable et que la guérison s'obtenait aisément : par contre, dans les aflcclions chroniques, la race de coli-bacillequi infecte l'organisme est fort résistante à la lyse ou tout au moins partiellement résistante. Nous avons, dans certains cas, poursuivi l’adaptation, in vitro, pendant plusieurs mois avant d’y arriver; dans un cas même, nous n’y sommes point parvenus après cinq mois de patients repiquages. On peut supposer que, dans ces affections qui durent depuis des mois et même des années, la guérison spontanée par le bactériophage s’est offerte et a été réalisée bien souvent : mais, après destruction des races sensibles, l’infection a continué par les races résistantes qui se sont mises à pulluler. Il semble bien, dans ce cas, en constatant l’échec thérapeutique du bactériophage artificiellement appliqué, que l’on puisse supposer que, par adaptation ou par sélection naturelle, les races résistantes persistent seules pour causer l’infection chronique. Nous verrons d’ailleurs que, parfois, avec de la patience on peut, au bout de plusieurs mois, arriver à avoir un bactériophage actif pour la plupart de ces formes résistantes.

Il n’y a pas de réaction thermique, mais, dans la nuit suivante, il se produit une énorme débâcle urinaire. Los jours suivants, les urines s éclaircissent; la pollakiurie, qui durait depuis deux mois (10 à 12 mictions dans la nuit, 8 à 10 le jour), cesse complètement. 11 ne se produit plus que cinq ou six mictions dans les 24 heures. L’accouchement survient prématurément huit joui-s après et est accompagné d’une réaction thermique à 40“. L’état général se maintient cependant bon, et les urines sont délinitement

Encouragé par ces résultats, nous avons appliqué depuis cette époque le traitement bactériophagique à de nombreux malades, tant dans les colibacilluries, que dans les septicémies à colibacilles, mais aussi dans la lièvre typhoïde, la staphylococcie, etc.

L’utilisation thérapeutique du bactériophage, d’après notre expérience personnelle.

a) Dysenteiiie. — D’ilérelle a appliqué la méthode dans sept cas de dysenterie bacillaire en administrant le bactériophage par la bouche. Dans tous les cas, il a obtenu une amélioration considérable en vingt-quatre heures et la guérison complète en cinq à six jours ; et, fait plus remarquable qui vient souligner l’action du bactériophage dans cette évolution, il a constaté la disparition du bacille dysentérique dans les selles des malades vingt-quatre.à quarante-huit heures après le traitement. Les recherches de d’Hérclle ont élé confirmées de tout côté ; la dysenterie bacillaire parait ■a maladie la plus sensible à l’action thérapeutique du bactériophage.

chez les labéliques présentant de la paralysie intestinale et vésicale, avec infection

0° Dans les infections urinaires secondaires à un obstacle à l'évacuation de l’urine • rétrécissement de l’uretère, hypertrophie de la prostate, polypes vésicaux, lithiase rénale infectée.

Les résultats obtenus dans ces différents cas sont très inégaux. On peut dire que :

1® Ils sont presque certains et rapides dans les cas aigus, dont la pyélo-néphrile gravidique coli-bacillaire est le type;

2® Ils sont inconstants dans les cas chroni(iucs, invétérés, mais apportent souvent une amélioration ;

3® Ils sont nuis lorsque la cause de l’infection persiste.

Les échecs, dans les infections coli-bacillaires sont dus soit à l’impossibilé d’adapter le bactériophage au coli-bacille du malade (races résistantes), soit à la répétition de l’infection par une épine irritative qui la renouvelle sans cesse. Dans ce dernier cas, l’application thérapeutique du bactériophage pourrait parfois rendre des services en la combinant au traitement chirurgical approprié. S’il est illusoire de vouloir guérir un tabétique cachectique, on peut cependant espérer guérir une lithiase infectée en

pratiquant l’application du bactériophage, puis une intervention chirurgicale appropriée (ablation du calcul, néphrectomie môme dans certains cas) et en renouvelant ensuite l’application du bactériophage, une fois la cause d’irritation disparue. Nous avons observé, en elïet, que la maladie, guérie ou améliorée dans les cas de lithiase, reparaît rapidement si un calcul oblitérant, un rétrécissement de l’uretère persistent.

Le bactériophage, dans les infections à coli-bacille, doit être donné par voie sous-cutanée, par voie buccale, par voie intestinale et, le plus souvent, par voie intra-vésicale.

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