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II. — Rôle du terrain

Le terrain tuberculisable. — Le problème du terrain tuberculisable ou, plus exactement, le problème du plus ou moins de développement de la tuberculose, selon les conditions de réceptivité de l’organisme doit être repris sur des bases nouvelles dont nous ne pouvons ici qu’indiquer les grandes lignes.

Rôle de l’espj^ce. — Une rapide investigation dans le domaine de la pathologie virus; rien n’est plus instructif à ce point de vue que les différences qui existent enti-e

diverses étapes de la vie génitale de la femme: puberté, grossesse, accouchement ménopause même; ce sont là des faits trop connus qu’il nous suffit de rappeler.

La tuberculose serait rare, d’après Morin, chez les goitreux, fréquente chez les hyperlhyroïdiens, en particulier dans le goitre exophtalmique («ergent).

Nous venons de rappeler très rapidement les condilions qui, indiscutablement prédisposent à l’évolution de la phtisie. Peut-on préciser davantage, et, toutes choses égales d’ailleurs, existe-t-il des individus qui, plus que d’autres, sont prédisposés à faire des tuberculoses à évolution rapide? Pour certains auteurs, il n’y a aucun terrain

Pour d’autres, — et nous sommes de ce nombre, — la question du tempérament et des diathèses, à laquelle les anciens faisaient jouer un rôle trop important, a été, par contre, trop délaissée dans ces dernières années et mérite d’être reprise à nouveau,

Pidoux opposait déjà l’arthritisme et la goutte à la tuberculose. Il est bien réel que l’on voit plus rarement la phtisie chez les obèses gros mangeurs, et chez les goutteux. Les diabétiques gras terminent, par contre, souvent leur vie par la phtisie.

Dans le même ordre d’idées, on a pu incriminer l’hypoacidité des humeurs (Gautrelet), l’hypocholestérinémie (Gilbert et Herschcr), la pauvreté en lipoïdes (Lemoine), la décalcification (Ferriei'-Sergent), un étal de misère minérale (Robin). Pour les mômes auteurs, les échanges respiratoires sont augmentés, le coefficient de déminéralisation est très exagéré.

L étude du métabolisme basal chez les tuberculeux va peut-être nous apporter quelques précisions. Cordier (de Lyon) a montré récemment que, dans les formes graves de la tuberculose, il y a une exagération brusque du métabolisme et que cette exagération était, dans la majorité des cas, en corrélation avec une phase d’hyperthyroïdie, confirmée par les signes cliniques et la recherche des signes d’hypersympathicotonie.

Ces signes d’hypersympaliiicolonio seraient, d’autre part, fréquents chez les tuberculeux, d’après MM. Perrin cl Yovanovitch; on aurait donc tendance, à l’heure actuelle, à se représenter le terrain tuberculisable comme un terrain d'hyperthyroïdie, d'hypersympathicoloiiic où le métabolisme basal est exagéré.

Si nous avons rappelé ces dernières notions malgré leur manque de précision, c’est pour indiquer un des côtés intéressants vers lequel doivent être orientées les recherches. Il est bien réel qu’en matière d’évolution tuberculeuse, il y a une inconnue et que, [Capables de dire pourquoi tel individu is, à une bonne hygiène, chez lequel il n’y a ., va voir sa tuberculose évoluer d’une façon falalealors que, chez certains misérables, celle-ci n’évoluera pas. Ces casne sont cependant pas les plus nombreux et le plus souvent, il n’esL pas nécessaire qu’il y ait un terrain spécial de prédisposition ; il suffit qu'il y ait eu une contagion importante à l’origme, surtout dans un milieu confiné, sans air et sans soleil. Quant à la cause de l’éclosion lodifications de résistance du terrain qui tiendront nauvaisc alimentation, fatigue, surmenage, chagrin,

Après les découvertes de Villemin et de Koch, un revirement se fit et la majorité des auteurs se déclara contagionniste. Pourtant, Koch, S. Arloing, etc., admettaient que, si la tuberculose n’est pas héréditaire, elle engendre cependant une certaine prédisposition à contracter plus facilement la maladie.

elle est une rarissime exception. Il n’en existe qu’une vingtaine de cas certains dans la science. Les recherches nouvelles de Vaudremer sur la filtrabilité des cultures du bacille tuberculeux, pourraient, il est vrai, placer la question sur un autre terrain.

L hérédité du germe ou la contagion anté natale du fœtus n’existant pratiquement pas, la présence de tuberculose chez les enfants de tuberculeux ne peut être expliquée

Hérédité de prédisposition. — Mais la contagion joue-l-elle le seul rôle et faut-il admettre, en outre, avec Koch, S. Arloing, etc., la prédisposition héréditaire du terrain? Sans parler du faciès hippocratique, si bien décrit par Arétée, certains faits ont été invoqués en faveur de la prédisposition héréditaire. C’est ainsi que la localisation héréditaire de la tuberculose sur les mêmes organes, sur le même poumon aétéobservée- C'est la loi de l'hérédité du locus minoris résistentiæ de Turban,

naires au même âge (loi de l’hérédité du même âge de Brehmer).

La tuberculose peut affecter héréditairement la même forme clinique : nous avons vu un fait dans lequel la mère, le fds, et la fille, ceux-ci âgés de vingt et vingt-cinq ans, ont été frappés simultanément de pneumonie caséeuse du poumon droit, évoluant chez la mère et la fille, en un mois cl demi vers la mort; il faut bien reconnaître qu’il

Enfin, on a regardé comme une hérédité de prédisposition la débilité congénitale

Il paraît hors de doute, tout d’abord, que la cachexie tuberculeuse de la mère,

Il y a une plus forte proportion d'avortements et de morts-nés dans les ménages de tuberculeux. Ces faits sont à rapprocher des expériences de Carrière qui trouve chez les cobayes tuberculeux des portées comprenant un nombre plus petit de jeunes que

La débilité congénitale des enfants issus de tuberculeux, soutenue par Landouzy, Barbier, récemment confirmée par H. Vignes est niée par Comby, Debré. Nous avons observé le cas d’une enfant issue de tuberculeux (père), morte ultérieurement de tuberculose, et qui remportait à deux ans le premier prix au concours des bébés! Mais les faits isolés n’ont que peu de valeur en présence de statistiques portant sur des milliers de cas, et de plus, dans ces faits en apparence contradictoires, il faudrait préciser la

Le rachitisme se manifesterait fréquemment chez les enfants de tuberculeux, selon Marfan; tardif, il apparaîtrait entre quinze et vingt mois. En poussant jusqu’au bout cette intéressante conception clinique, il faut logiquement admettre la contagion aérienne post-natale, la résistance relative du poumon, la sensibilité de la moelle

lement toute une série d'auteurs signalent la très grande fréquence de la localisation sur la moelle osseuse et les os dans la tuberculose aviaire.

C’est sur ces quelques laits, difficiles à interpréter, que l’on a édifié l’hypothèse de l’hérédité de prédisposition.

On a soutenu également le contraire. Les descendants de tuberculeux bénéficie-

aptes que les autres à contracter la tuberculose ou plutôt à présenter des formes de tuberculose torpides, scléreuses, avortées On a môme invoqué la sélection naturelle : tous les terrains sensibles à la tuberculose auraient disparu autrefois et nos contera-

différents; chacun porte en puissance des forces morphologiques, physiques et humorales qui reproduisent chez l’iUre sorti de Teeuf les caractères d’espèce du père. L’enfant du chien est un chien. Mais s’il y a ressemblance, il n’y a pas identité absolue

l’ascendant sous rinfluence du milieu ambiant, impliquant le retentissement humoral sur l’ovule ou le spermatozoïde (plasma germinatif).

Appliquons cette notion h la tuberculose, considérée comme un caractère acquis. Quatre questions se posent aussitôt.

persistance de la réaction négative chez les enfants séparés de leur mère tendraient à résoudre par la négative la question posée; l'allergie ne se sérail pas transmise. Mais il faut se rappeler que la cuti-réaction est liée à la présence d’un foyer tuberculeux dans l’organisme et le fœtus naît indemne de tuberculose. De plus, avec Debré, Paraf et Dautrebande, il faut remarquer que la cuti-réaction fait souvent défaut chez les mères tuberculeuses à la fin de la grossesse et que, chez l’enfant tuberculeux, celle réaction peut être parfois très retardée.

Par contre, Ribadeau-Dumas, Cuel et Prieur ont montré que la réaction de

était également positive chez l’enfant né sain, ù cuti-réaction négative, et cela pendant trois semaines alors que chez les non-tuberculeux, la réaction est négative chez la mère et le nouveau-né. Il y a donc transmission d'une modification humorale imporianle, transitoire, il est vrai, mais qui indique pourtant une transmission dun

lui

lemeiil chez le bovin en première inoculation el, de môme, le bovin prend difficilement chez l’homme.

Il n’est pas illogique de penser que les mees de bacille tuberculeux -peuvent s'adapter d'une façon presque individuelle et devenir ainsi la cause de contaminations familiales plus faciles, de sorte que les enfants de tuberculeux, à supposer qu’ils soient plus résistants vis-à-vis d’un bacille tuberculeux hétérogène, pourraient être contaminés par le bacille familial à cause de l'adaptation spéciale de celui-ci au milieu humoral dont ils ont hérité de leurs parents.

II résulte pour nous, de toutes ces considérations, qu’il est par trop simpliste de répondre par les mots « d’hérédité de prédisposition » ou « d’hérédité de résistance*», à la question si complexe de la tuberculose héréditaire. Trop de facteurs viennent s’ajouter et se contrebalancer pour que, logiquement, on puisse faire étal de cas cliniques pour lesquels beaucoup de données essentielles manquent le plus souvent. D’autre part, les expériences précises qui pourraient orienter, sinon expliquer, les cas complexes de la clinique humaine manquent complètement.

On peut, à l’heure actuelle, conclure que, en tuberculose, l’hérédité de germe ou < hérédo-conlagion » est une rarissime exception, et que la contagion post-natale paternelle ou maternelle est la cause de la tuberculose des enfants. L’adaptation de la race du bacille au terrain familial favorise cette contagion. Le terrain constitutionnel et les modifications apportées à celui-ci par la tuberculose acquise, se transmettent incontestablement à l’enfant, aboutissant tantôt à la réceptivité, tantôt à la ré-tistance. La forme clinique, la localisation de la tuberculose de l'enfant dépendront des circonstances, de l'état indifférent, réceptif ou résistant que lui ont légué ses parents, suivant lô'jeu des transmissions héréditaires du terrain luherculisé et du terrain tuberculisable, .jeu dont les lois nous échappent encore complètement à l'heure actuelle.

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