A. - VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES ET PATHOLOGIQUES
Dans diverses publications, faites en collaboration avec MM. Hanriot et Achard, ainsi que dans notre thèse inaugurale, nous avons étudié les variations physiologiques et pathologiques de l’activité lipasique amjlolytique et antiprésurante du sérum sanguin.
I, — Pouvoir lipasique (Lipase).
Découverte par Claude Bernard dans le sucpaneréalique, la propriété, qu’ont le sérum sanguin et certains liquides organiques de saponifier la monobutyrine, a été mise en lumière par M. Hanriot, à qui l’on doit une méthode simple de dosage par lamesure de l’acidité produite. Après
é) Variations pathologioues. — Nos recherches ont porté sur un nombre considérable de malades dont 29 étaient atteints de tuberculose pulmonaire, 18 de pneumonie et broncho-pneumonie, 8 de fièvre typhoïde, 10 d’érysipèle de la face, 6 de fièvres éruptives, 6 d’infections diverses, 19 de diabète, etc.
Si l’on considère comme normal le chiffre de 17, on peut dire que le sérum est alors ortholi'pasique^ mais il est des sujets chez qui le taux de l'activité lipasique dépasse le nombre de 20 gouttes et d’autres chez qui, par contre, il descend au-dessous de 10, s’abaissant même parfois jusqu’à 5, delà 2 catégories de sérum: hyperlipasigue et hypolipa-
signe.
Tout d’abord un simple coup d’œil jeté sur le groupe hyperlipasigue révèle un fait frappant, c’est qu’il est composé avant tout de diabétiques ;
gnit celui de 30 : tout diabétique bien portant a donc tendance à devenir hyperlipasique ; l’activité du sérum baisse quand l’état général
nos malades l’élévation du chiffre obtenu attira l’attention du côté des
urines qui n’avaient pas été analysées et permit de soupçonner le dia-
Le groupe des ortholipasigues comprend des affections très diverses ; sur 42 cas nous ne relevons que quatre morts ; un seul décès est survenu peu de temps après le dosage, les autres malades moururent plusieurs jours après ; en général il s’agissait d’affections chroniques, compatibles
Parmi les hypolipasiques nous pouvons distinguer deux degrés suivant que l’activité du sérum est peu ou beaucoup diminuée ; le premier degré montre déjà une tendance plus grande à la gravité des maladies ; s’il
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3 chiens ; la durée dé la survie était de'3 semaines à un mois ; dans tous les cas (surtout chez les lapins), l’abaissement du pouvoir lipasique s’est produit et cela parallèlement aux progrès de la cachexie ; nous avons donc reproduit expérimentalement des variations comparables à celles
Nous avons infecté ïï lapins en leur injectant des cultures de staphy-
cavité péritonéale ; la mort survenait dans un délai variant de 4 à 19 jours, dans 4 cas l’abaissement fut notable.
4" Influence de quelques poisons. — Ni la strychnine ni l’atropine ne
A 3 lapins, nous avons injecté quotidiennement sous la peau des do-
La pilocarpine, à dose rapidement mortelle, détermina chez 4 lapins
Le phosphore et l’arsenic se sont comportés d'une manière presque identique ; à dose élevée, la mort survenant en quelques heures ils exaltent d’une manière remarquable le ferment; à doses faibles mais répétées, ils le paralysent au fur et à mesure des progrès de la cachexie. Nous discuterons plus loin la valeur de ces faits,
aux globules, blancs, certains faits plaideraient contre leur influence exclu8ive,car le plasma sanguin centrifugé et le sérum d’un même ani-
Mir aucun rapport entre le pouvoir lipasique d’un sang et le nombre de leucocytes qu'il contient ; on revanche les poisons cytolytiques (phosphore, arsenic, toxine diphtéritique), la pilocarpine, excitateur général
ment, au contraire, leur sécrétion se ralentit et parallèlement le sérum s'appauvrit. Ni l’anatomie pathologique, ni la physiologie ne nous permettent de soupçonner s’il existe un organe occupant la prépondérance dans la producUon de la lipase sanguine.
Les maladies nous paraissent agir surtout en viciant la production du forment : les malades ne sont hypolipasiques ni parce qu’ils maigrissent ni parce qu’ils s’alimentent d’une manière défectueuse, et l’affaiblissement de l’activité du sérum nous semble devoir être rapportée beaucoup
Lboration et de la répartition des graisses dans l’organisme.
La recherche et le dosage de la lipase prennent une importance évi-
férieure à 10 (le faM^orraaî*variant de 16 il 18) présente^ une'' signifi-
morts : dans les autres cas il s’agissait d’infections graves, et l’activité du ferment se releva notablement pendant la convalescence ; l’hypolipa sie n’existe pas seulement dans les cachexies chroniques (tuberculose, cancer), mais aussi dans les pyrexies ù marche rapide (pneumoniè, érysipèle) ou 4 évolution prolongée (dolhiénentérie,grannlie) et ce symptôme nous a souvent permis de porter un pronostic précoce dont la suite a montré le bien-fondé.
Nous signalerons aussi, sans pouvoir l’expliquer d’une manière satisfaisante, l’hyperlipasie des diabétiques gras et de certains obèses qui s’en rapprochent, la glycosurie étant mise i part ; chez les diabétiques maigres ou tuberculeux, le ferment diminue d’activité et l’hypolipasie pré-
Toutes les affections mortelles s’accompagnent-elles nécessairement d’un abaissement marqué du pouvoirlipasique ?nous ne le croyons pas. La mort subite, la mort rapide par le système nerveux peuvent survenir,le sérum restant 4 peu près normal ; le même fait s’est représenté au cours de deux infections aiguës avec terminaison fatale^ mais ces
exceptions, très rares d'ailleurs, n'ôtent rien h la valeur de l’hypolipasie
réels services, même en clinique, vu la rapidité et la facilité des dosages