I. — Travaux d’ordre particulier
I® Ouabaïne [143-158j. — a) Reprenant les travaux classiques de Vaquez et Lutembacher, et noua appuyant sur les données pharmacologiques précisées par Richaud et par Tiffeneau, nous avons repris l’étude de l’ouabaïne, en rappelant ses indications, qui se posent chaque fois qu’il s’agit de remédier, sans tarder, à l’insuffisance du myocarde. C’est cette action musculaire directe qui constitue le fait le plus frappant, la digitaline présentant le pouvoir prédominant de ralentir le cœur, et de rester, d’ailleurs, inefficace là où la première drogue réussit ; encore est-elle susceptible de se réactiver, lorsqu’on l’administre consécutivement à l’ouabaïne. Les deux glucosides, loin de s’opposer sont donc capables de se compléter mutuellement.
ô) En ce qui concerne l’effet précis des injections intraveineuses, répétées chez les cardio-rénaux, nous avons démontré que les néphrites accentuées ne constituent pas, contrairement à l’opinion trop souvent admise, une contreindication absolue. Chez 87 malades soumis à une observation prolongée, on pratiqua des injections intraveineuses, la dose totale variant de i milligramme i/4 à I milligramme 1/2, pour l’ensemble de la série. Nous avons pratiqué ainsi jusqu’à 3 cures, répétées à i5 jours d’intervalle. Dans ces conditions, nous avons obtenu chaque fois une régression notable de l’albuminurie, qui a cédé complètement dans 8 cas ; de même l’azotémie a été nettement influencée dans un sens favorable, et l’élimination de la phénolphtaléine améliorée, sans parler de l’action bienfaisante exercée sur la contractilité du cœur et sur la diurèse.
Nos recherches confirment donc la réelle efficacité de l’ouabaine chez les cardio-rénaux, auxquels il n’y a pas lieu de refuser systématiquement le bénéfice d’un pareil traitement(i).
1“ Dans notre Précis nous avons tenu à esquisser les méthodes générales de traitement destinées à combattre les afléctions cardiaques et vasculaires Il77|.
2® Dans notre livre sur les Arylhntes en clinique, nous avons consacre 6o pages au traitement des différentes irrégularités cardiaques, en débutant par l’action générale des agents thérapeutupies envisagée au point de vue expérimental et pharmacodynamique, de manière à faire prévoir d’avance quel type d’arythmie pourra plus particulièrement, en théorie, bénéficier de tel ou telle drogue. En particulier, nous fondant sur des constatations personnelles,