Autre greffe cutanée de l’uretère
[Clinique chirurgicale, 1904, p. 275.)
Des masses cancéreuses secondaires comprimaient les deux uretères dans le bassin. J’allai à la recherche de l’uretère gauche et je le fixai dans le flanc. Tandis que; dans le premier cas, l’opérée n’avait survécu que treize jours, dans le second la survie fut de six mois, et la malade succomba à la cachexie cancéreuse progressive.. Il ne se produisit pas de complications du côté du rein.
La greffe de l’uretère dans le flanc, l’urétérostomie, peut parfaitement supporter la comparaison avec la néphrostomie, ou bouche rénale, trop exclusivement en faveur. Que l’incision rénale soit particulièrement indiquée dans le cas d’anurie calculeuse, lorsqu’on soupçonne l’obstruction de la partie la plus haute de l’uretère par une ou plusieurs concrétions, et qu’on espère pouvoir ramener ces concrétions vers le bassinet et les extraire ; qu’elle le soit encore lorsqu’il s’agit d’anurie réflexe et qu’on s’attaque au rein où sont logés les calculs, cause de cette anurie, rien, de plus rationnel. Mais, quand la cause de l’obstruction réside dans l’étranglement des uretères par des masses cancéreuses intrapelviennes, quel avantage y a-t-il à s’attaquer au rein plutôt qu’à l’uretère ? L’urétérostomie n’est-elle pas une opération plus simple, n’entraînant pas d’hémorragies, ri exposant nullement à la gangrène du conduit (ras, première opération l’a démontré avant l’expérimentation), créant une fistule placée plus en avant, par conséquent comportant des soins de propreté et des pansements plus commodes que l’opéré peut se donner lui-même ?
30. — Procédé d’occlusion des fistules stercorales recto-vaginales.
Ce procédé, dans lequel on a voulu voir une émanation de celui de Pritsch, n’a aucun rapport avec celui-ci.
La principale cause d’échec, des opérations dirigées contre les.fistules recto-vaginales consiste dans l’infiltration des matières fécales entre les lèvres de la plaie opératoire réunies par des fils. Les meilleures
sutures ne s’y opposent pas toujours. J’ai donc combiné moi) procédé de manière ; 1° à dédoubler la paroi recto-vaginale ; 2“ à disséquer deux lambeaux en croissant, l’un — le rectal — à bord adhérent supérieur, l’autre, — le vaginal, — à bord adhérent inférieur ; S® à adosser les faces cruentées des deux lambeaux en les faisant glisser l’une sur l’autre en sens inverse ; 4® à créer ainsi du côté du rectum un plan muqueux lisse sur lequel les matières cheminent par en bas, sans pouvoir aisément remonter entre les deux lambeaux et infecter les surfaces d’afîron-
Ce procédé convient surtout aux petites solutions de continuité. Il ne serait guère applicable ni aux très grandes ni à celles qui sont placées très haut dans le vagin.
31. — Procédé d’ostéotomie cunéiforme oblique du fémur pour l’ankylose vicieuse de la hanche.
{Congrès français de chirurgie, Lyon, 1894, p, 30, et Arch. dorthopédie, 1895, n° 2.)
Ce procédé est une variante de Vostéotomie cunéiforme simple. Celle-ci ne pare qu’à la flexion de la cuisse. En effet, si, après les sections osseuses, on place le membre en position normale, il se produit un bâillement entre les deux surfaces de la brèche angulaire du fémur; mais, si l’on a soin de faire la section intérieure obliquement de dehors en dedans, d;arrière en avant et de bas en haut, la coaptation des deux surfaces se fait d’elle-même dès qu’on ramène le membre à la position normale.
Le seul reproche qu’on puisse faire à ce procédé, c’est qu’il ne corrige pas le raccourcissement du membre ; mais ce serait se faire grandement illusion que d’attribuer sans réserve cet avantage à l’ostéotomie oblique simple. Il s’en faut que le membre obéisse toujours à la traction continue, dont le résultat devrait être de remettre les talons de niveau. Mes conclusions s’appuient sur plusieurs faits très favorables à l’ostéotomie cunéiforme oblique.