Sur la suture du rein après la néphrolithotomie
tBuU. de la Soc. de chir., 1894, t. XX, p. 107.)
Cette communication est connexe aux deux précédentes. 11 s’agissait d’établir ma priorité relativement à la suture du parenchyme rénal. Czerny avait suturé le bassinet une fois auparavant. Morris n’avait ni exécuté .ni même conseillé la suture du parenchyme au catgut. Les expériences de M. Tufïïer, je viens de le dire, n’avaient pas encore été publiées au moment de ma première opération. Ma façon de procéder dans celle-ci
guide pour la seconde. L’hésitation n’est donc pas suture dans le premier cas n’a pas bien tenu, c’est :e que, dans ma première tentative, j’avais employé eaucoup trop faible pour ce qui était exigé de lui.
Ion congénitale de l’anus et des uretères. —
Après avoir, sur un nouveau-né atteint d’imperforation du rectum, tenté en vain de découvrir le boudin intestinal dans la région périnéale, je me décidai à exécuter l’opération de Littré, ou anus artificiel dans la région iliaque gauche ; mais le premier organe qui se présenta, après l’incision de la paroi abdominale, ce fut un cordon volumineux, blanc, d’où s’échappa après ponction un liquide semblable à de l’urine. C’était t uretère gauche. Je le fixai à la paroi abdominale, et à côté de lui je suturai l’S iliaque. J’établis ainsi côte à côte un anus artificiel et une fistule urinaire. Telle fut la première greffe cutanée de i uretère.
L’entant étant mort quelques jours plus tard, l’autopsie montra que les deux uretères étaient malformés et imperforés.
28. — Greffe de l’uretère entre les lèvres d’une incision du flanc (chez une femme atteinte d’anurie absolue).
{Congrès français de chirurgie, 1889, p. 533.)
Une malade qui avait subi l’hystérectomie vaginale pour une tumeur maligne de l’utérus, au mois de septembre 1888, était entrée à l’hôpital Saint-Louis pour une anurie complète, datant de huit jours. Des masses cancéreuses sous-péritonéales comprimaient et oblitéraient les deux uretères. Je résolus de mettre à découvert l’un de ces conduits et de U fixer à la paroi abdominale.
Une longue incision oblique dans le flanc gauche permit de décoller le péritoine dans toute l’étendue de la fosse iliaque, d’isoler l’uretère, de le sectionner entre deux pinces au niveau du passage des vaisseaux, utéro-ovariens et de fixer ^extrémité inférieure du bout supérieur dans la plaie du flanc (fig. 11). Un tube de caoutchouc engagé dans l’uretère conduisait l’urine dans un vase placé à côté de l’opérée.
Lejiquide ainsi recueilli ne perdit à aucun moment son acidité normale. Sa quantité varia entre 700 et 1300 grammes, le chiffre absolu de l’urée se tint entre 12 et 13 grammes par vingt-quatre heures. La mort, surveau bout de treize jours, ne put donc être attribuée ni à de l’urémie à des complications opératoires, mais à une diarrhée
due sans doute à ce qu’il y avait des ganglions cancéreux à la base du mésentère.
A l’autopsie, on trouva le péritoine, décollépendantl’opération, entièrement réappliqué sur la fosse iliaque. L'uretère avait gardé toute sa vitalité malgré son isolement au cours de l’intervention. Les deux reins présentaient des lésions de néphrite interstitielle.