Des rapports de la leukokératose avec répitilélioma
(Beo..* 1896, p. 921.)
Dans oes deux eommunications et’dans ce mémoire, j’ai poursuivi lat démonstration rigoureuse et plus complète d'un fait déjà signalé par les chirurgiens d’abord, puis par les histologistes, k s&Yoir la. transformation, éoentaelle en cancer des plaques blanches de la muqueuse buccaic, dites plaques des fumeurs (lèvres, joues, langues), et je crois avoir contribué à la connaissance de cette très importante corrélation. Au point de vue anatomo-pathologique, j'ai eu Ih bonne fortune de démontrer to> présence de globes épidermiques dans- des plaques n’offrant pas encore les apparences de là-dégénérescence cancéreuse. N’est-ee pas la mise en lumière scientifique de cette vérité clinique sur laquelle Trélat avait beaucoup insisté, que l’extirpation des plaques tant soit peu suspectes devait être très précoce?
Voici les conclusions du travail qui résume toutes mes recherches sur ce point :
lO 'Les rapports de l’ëpithélioma avec la leukokératose méritent une attention particulière ;
2“ Les diverses variétés de cette affection ne sont peut-être pas toutes également prédisposées à la transformation ;
3° Les recherches histologiques ont montré qu’elle est caractérisée essentiellement par l’hyperkératinisation de l’épithélium dés muqueuses ; que le développement de l’épithélioma est souvent précédé par une dékératinisation partielle suivie d’infiltrations cellulaires, mais qu’ü peut aussi se faire au-dessous- et au milieu des couches cornées ;
4° Les faits que je rapporte, sans compter ceux dont j’ai gardé un souvenir moins précis, me font penser que la transformation maligne des •plaopiea âbit être assez fréquenté-,
5° Sî certains épithéliomasleucoplasiques de là langue ont des allures
comparables à celles des épithéliomas ordinaires de cet organe, si celui de la joue paraît aussi grave que ceux qui ont un autre point de départ, peut-être à la langue et aux lèvres la maladie a-t-elle de temps à autre une évolution un peu spéciale et offre-t-elle une sévérité moindre que le cancroïde vulgaire-,
6“ Lorsque des plaques anciennes ou de nouvelle formation sont atteintes de dégénérescence épithéliomateuse à peu de distance d un point déjà opéré, la cicatrice et les parties avoisinantes peuvent rester indemnes de toute nouvelle altération ;
7° Si la transformation épithéliomateuse de la leukokératose ne doit pas être considérée comme une phase inévitable de la maladie, on peut et on doit penser qu'elle est déterminée par une prédisposition inhérente à la leukokératose elle-même ;
8» Dans le traitement des plaques simples, les moyens purement médicaux ne doivent pas être proscrits; mais l’expectation prolongée offre toujours quelques risques. Toute modification représentée par un développement papillomateux, une fissuration, une exulcération ayant résisté à quelques attouchements au moyen du thermocautère ou d’une solution faiblement caustique, rend t intervention chirurgicale nécessaire. Pour être efficace, celle-ci doit être précoce et radicale.