Traitement des névralgies du nerf sous-orbitaire
par le procédé de Wagner modifié.
(Arch. gén. de méd., 1898, t. I, p. 309.)
Dans ce travail, mon interne, M. Urbain Guinard, a rapporté un assez grand nombre de névralgies faciales de sièges divers que j’avais traitées par la section, l’arrachement et la résection du nerf malade. Il a insiste particulièrement sur plusieurs cas de névralgie sous-orbitaire que j’ai opérés .par un procédé voisin de celui de Wagner (résection inlraorhitaire). Mon procédé consiste, une fois la paupière inférieure incisée sur le rebord orbitaire et l’œil relevé dans une sorte de cuiller ronde, f^riquée exprès, .à dégager le ,nerf .maxillaire inférieur jusqu'au delà de la fente ptérygo-maxülaire, en le chargeant sur une petite.gouge allongée et étroite, coupante à «on extrémité, au'moyen de laquelle on sectionne les nerfs, dentaires postérieurs, avant de couper le nerf sous-orbitaire le.plus loin.possible.avec de fins ciseaux pointus. Cette section se fait.ainsi àpeu de distance du ganglion sphénopalatin. Quand les lésions, cause de la
maillet.
{Ètades de Clin, chir., 1892* p. 123.)
Mes premières-opérations remontent à une époque où ce-genre d’intervention n’avait pas été couramment mis en pratique (1880-1881). Je l’ai appliqué même à des déviations profondes de la cloison osseuse. La communication entre les deux fosses nasales par. un orifice étroit, qui peut en résulter, ne m’a paru présenter aucun inconvénient.
44. — Manuel opératoire de l’ostéotomie du maxillaire supérieur comme temps préliminaire de certaines uranostaphyiorraphies.
[Bull, de l’Acad. de méd., 1895, t. XXXIII, p. 730, et Nouveau traité de chirurgie,
. tasc. XV, p. 140.)
Déjà, en 1893, j’avais fait une communication au Congrès français de chirurgie surce sujet; mais mon travail, remis trop tard, n’apu être inséré.
On sait que la saillie exagérée de l’os intermaxillaire tordu sur luimême, dans le cas de division palatine unilatérale compliquée debec-delièvre, crée un obstacle sérieux au nivellement de l’arcade alvéolaire et à la réparation du bec-de-lievre concomitant. Le procédé du refoulement avec fracture produite à l’aveuglette n’est rien.moins que sûr ; il demeure toujours incomplet, et la saillie persiste en partie. Duplay avait eu l’excellente idée de remettre l’os intermaxillaire saillant de niveau avec le maxillaire supérieur de l’autre côté de la fente, par l’ostéotomie oblique du palais-, en arrière de la partie proéminente. J’ai repris l’idée et je me suis attaché à régler de la manière la plus précise non seulement cette ostéotomie, qui doit rester sous-périostique, mais encore le passage des fils métalliques destinés à maintenir la coaptation pendant tout le temps nécessaire pour la consolidation définitive. Les résultats que ceprocédé m’a fournis m’ont toujours donné toute satisfaction.
45. — Traitement de la grenouillette par les Injections de chlorure de zinc déliquescent.
(Bail, de la Soc. de ehir., 1881, t. VU, p. 459, et Clin, ehir., 1904, XXVIl, p. 332.)
C’est une modification de la méthode de M. Théophile Anger {injection dans la poche de quelques gouttes d’une solution de chlorure de zinc au dixième). J’ai donné la préférence au chlorure de zinc à l’état de déliquescence.
J’injecte de II à IV gouttes de ce liquide, suivant les dimensions de la poche, sans la aider au préalable.
Au bout de quatre à cinq jours, suivant la réaction, ponction avec un bistouri et introduction d’un petit drain de caoutchouc, allant jusqu’au fond, muni d’une collerette oblique plus commode qu’un fil, qui l’empêche de se perdre dans la poche. Ce drain sera laissé en place jusqu’à bourgeonnement de la paroi et cicatrisation complète de la poche.
J’ai obtenu ainsi la guérison dans des cas de grenouillette très volumineuse, sans récidive ultérieure.
46. — Œsophagotomie interne en plusieurs séances par la méthode des scarifications, ou petits débridementsrépétés.
(Communication à l’Âcad. de méd., 22 juin 1877.)
Partant de cette donnée que l’œsophage tome de Maisonneuve est le seul qui convienne pour les rétrécissements portant sur une grande longueur du conduit, mais considérant comme dangereux cet instrument dont les lames trop larges peuvent facilement dépasser l’épaisseur de la paroi œsophagienne, j’ai tait faire trois pasras de lames de largeurs graduées, de manière à sectionner superficiellement ou profondément, a volonté, à procéder par scarification ou par section proprement dite. On peut ainsi, en plusieurs séances suffisamment espacées, porter graduellement la dilatation au degré nécessaire, sans exposer le malade aux mêmes risques qu’avec les grandes lames,, seules employées jusqu’alors.
L’œsophagoscopie a remis en honneur, dans ces derniers temps, cette méthode très délaissée et l’instrumentation que j’avais recommandée. Il a suffi de rendre rectiligne le conducteur primitivement courbé. L’œil peut maintenant diriger les lames, en rendre l’action plus précise, partant
infiniment moins périlleuse. On peut même dire qu’elle ne l’est presque plus du tout, en s’appuyant sur les statistiques démonstratives de M. Cuisez. Pour le traitement des rétrécissements cicatriciels et congénitaux, l’œsophagotomie interne en plusieurs séances, par débridements superficiels, s’est classée parmi les procédés les plus sûrs.
47. — Gastrostomie pour rétrécissement cicatriciel de l’œsophage.
{Bull, de la Soc. amt., 1878, p. 29, et Traité de la gastrostomie de L.-H. Petit, p. 249.)
La première gastrostomie pour rétrécissement de l’œsophage avait été exécutée en 1849 par Sédillot. Jusqu’en 1878, 36 autres opérations , du même genre avaient été publiées. Sur ce nombre, 8 fois l’opération avait été motivée par un rétrécissement non cancéreux. De sorte que mon intervention du 3 janvier 1878 pour un rétrécissement purement cicatriciel ne pouvait avoir le caractère d’une nouveauté ; elle ne l’avait que très relativement, en ce sens que /'c rimais été précédé, en France, que par deux opérateurs: Jouon (1872), Verneuil (1876). Je ne parle pas de l’intéressante observation de M. Léon Labbé, qui eut pour but l’extraction d’un corps étranger (fourchette qvalée).
Mon sujet était un jeune homme de vingt-trois ans, qui avait tenté de se donner la mort en ingérant de l’ammoniaque. Son affaiblissement était malheureusement très prononcé quand il entra dans mon service. Il présentait de l’hypothermie (35°,6 le matin de l’opération).
Il mourut de choc deux jours après, sans infection péritonéale. L’autopsie le démontra, en même temps qu’elle révélait une coarctation presque totale de l’œsophage occupant une grande partie de sa longueur. L’estomac rétracté n’avait pu être ouvert pendant l’opération qu’au voisinage du pylore, à O^.OS ou 0™,04 au-dessus de cet orifice.
Cette rétraction peut être si prononcée qu’on éprouve beaucoup de difficulté à amener l’estomac entre les lèvres de la plaie. Une fois je dus me contenter (cas inédit) d’inciser et de fixer la première portion du duodénum (duodénostomie de nécessité). Les lésions de l’estomac étaient si profondes que la muqueuse, détruite dans presque toute son étendue, et les couches sous-jacentes, avaient subi un commencement de transformation fibreuse.
y opération consista à supprimer un large segment ellipsoïde de la oi antérieure de l’abdomen, depuis l’appendice xiphoîde du sternum qu’au pubis. L’excision fut faite graduellement par temps succes- , après l’introduction, par une incision médiane préablable, d’une mge plate qui s’étala en avant de la masse intestinale. Des fils rgent furent passés au fur et à mesure d’un- côté à l’autre des nohes de section et serrés immédiatement. Ils comprenaient toute laisseur de la paroi abdominale. Il en fallut cinquante pour la ure totale. La malade guérit sans complications et eut depuis lors entant sans dystocie.
le crois bien qu’à l’époque aucune excision aussi vaste n’avait été faite ir le cas d’éventration. Même les plus vastes que j’aie pratiquées ultéurement n’ont jamais eu la même importance.
Maigre les objections qu’on a pu élever coni Pissue des matières stercorales accumulées, elle pour certains cas déterminés, dont les prineipa 1“ Le siège de l’obstacle dans la partie haute de l’anse verse du côlon, ou dans
use de l’obstruction, si :
de Fallope, ocmme dans te procédé de Nélaten, mais sensiblement plus haut, à deux travers de doigt en dedans de l’épine iliaque antérieure et supérieure. <
Halàtuellement l’anus cœcal fonctionne aussi bien que l’anus iliaque (colostomie), et môme, dans ce dernier cas, il y a à compter davantage avec la constipation.
50. — Curage du lobe gauche de la prostate pour le traitement
d’une tuberculose limitée de cet organe.
C’était alors le second cas de ce genre. La guérison s’ensuivit. Depuis cette date, cette -opératio-n est devenue banale.
51. —Deux cas de taille vésico-vaginale pour cystite purulente
douloureuse. Restauration ultérieure de la cloison vésieo-
vaglnale.
(BÆ. de laSoc. de cMr., 1887, t. XIII, p. 102 et 384.)
Le traitement des cystites douloureuses par la création d’une large fistule vésico-vaginale n’avait guère été employé en France. Chez la première de mes deux malades, la fistule fut maintenue six mois ; chez la seconde, qui était atteinte d’urétérite à droite et de tuberculose pulmonaire, la restauration de la olosion vésico-vaginale n’eut lieu qu’après quinze mois.
Dans les deux cas, la guérison des accidents vésicaux fut obtenue, très trancbement dans le second, un peu moins complètement dans le premier. Il persista de la fréquence des mictions, mais d’une façon irrégulière et par périodes. La grande nervosité de la malade y était peutêtre pour quelque diose ; mais ce symptôme disparut entièrement au bout de quelques mois.
52. — Quatre cas de taille hypogastrique par cystite tuberculeuse.
(Congrès franç. de chir., 1889, p. 152.)
Il y avait peu de temps que cette opération avait été introduite dans la chirurgie. Ces quatre interventions améliorèrent notablement l’état
des malades. Deux fois je maintins systématiquement la fistule hypogastrique (cystostomie sus-pubienne).