LES CONDITIONS TECHNIQUES DES ACCIDENTS ÉLECTRIQUES
Les trois modes d’accidents éiectriques
Un accident électrique, pour se produire, exige l’intercalation d’un être humain sur le chemin d’un courant. Or, le circuit fatal peut être réalisé de trois manières différentes:
U Lorsque le corps constitue un circuit dérivé entre deux points d’un même conducteur. Accident plus théorique que réel.
2" Lorsque le corps établit un court-circuit entre deux conducteurs. Il y a contact bipolaire. Accident rare.
3" Théoriquement, si l’isolement d’une installation était parfaite, la terre ne devrait pas être sous tension. Mais l’expérience montre qu’il n’en est jamais ainsi: lignes et conducteurs ne sont jamais isolés suffisamment. Il en résulte des courants de fuite qui s’échappent dans le sol en raison inverse de la résistance des isolements et mettent le sol sous tension.
De sorte qu’un contact unipolaire suffit à faire passer à travers le corps humain relié au sol un courant de dérivation.
C’est la forme d’accident de beaucoup la plus fréquente.
A) Distribution de courant alternatif
Appelons Ih, l’intensité du courant de dérivation qui traverse le corps humain interposé entre le sol et le conducteur par un contact unipolaire; Rh, la résistance électrique du corps humain; Ri, celle de l'isolement du réseau; E étant la tension entre les deux conducteurs. Dans ces conditions, pour un courant monophasé, Ih prend la valeur suivante:
Ih = —-
Ri + Rh
Cette formule présente un grand intérêt pratique. Nous verrons, en effet, que le problème de la sécurité des personnes consiste à réaliser des installations telles qu’un contact
unipolaire accidentel ne produise qu’ün courant de dérivation dont l’intensité, Ih, soit inférieure à 0a.050. Pour celà, il faut donner à Ri (la résistance de l’isolement du réseau) une valeur suffisante et tenir compte de ce fait que Rh (la résistance électrique du corps humain) peut tomber, dans certains cas, à 1.000 ohms.
Pour les installations à courants triphasés, il y a lieu d’en distinguer les deux formes:
a) Quand le point neutre des génératrices ou des transformateurs est isolé, Ih a la même formule que précédemment. Les mêmes considérations en découlent.
b) Si le point neutre est mis à la terre, la différence de
potentiel entre un conducteur et le sol est égale à formule précédente devient:
-■ > ■ — et la
Ih = v” 3
Rh
On conçoit immédiatement les inconvénients d’un tel système. Ih ne dépend plus que de la résistance du )corps humain, Rh. Celle-ci peut varier de 100.000 à 1.000 ohms et donner à Ih, dans certains cas, des valeurs égales à celles de l’intensité efficace mortelle comprise entre 1 et 0,050 ampère.
Nous démontrons dans notre étude, qu’il existe, pour Rh, une résistance limite au-dessous de laquelle les courants de fuite d’une installation donnée, de ce type, exposent à des effets mortels. Nous constatons que plus la tension est basse, plus la résistance limite diminue et plus les risques d’accidents se trouvent réduits et nous concluons que les installations de courant triphasé ayant une tension efficace entre phases de 110 volts devraient seules avoir le droit d’utiliser le système de la mise du point neutre à la terre (contrairement aux dispositions de l’arrêté technique du 30 avril 1927).
B ) Distribution de courant continu
Ce que nous avons dit pour les courants alternatifs s’applique aux courants continus. On retrouve la même formule générale.
O Courants de capacité
Les effets d’électrocution peuvent être dus à des courants de capacité: ceux-ci sont proportionnels à l’étendue du réseau et à la tension. Ils ajoutent leurs effets à ceux du courant principal ou bien ils ont des effets indépendants quand le courant principal a été coupé.