CONTRE LES ACCIDENTS D’ÉLECTRICITÉ
L’arrêté ministériel du 30 avril 1927, qui a pour but de déterminer les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique au point de vue de la sécurité des personnes, indique que les installations usuelles de la première catégorie (tension entre phases inférieure à 260 volts) sont celles « où les accidents se produisent le plus rarement ».
Cette opinion erronée comporte de graves conséquences. L’arrêté, en effet, ne contient aucune des mesures indispensables pour aboutir à la suppression des causes les plus fréquentes d’électrocution par les courants de basses tensions.
On peut même dire que l’article 33 va à l’encontre de ce but en prescrivant la mise à la terre du point neutre des distributions triphasées en étoile appartenant à la première catégorie.
Or, nous avons démontré, dans la première partie de notre travail, que ce système est dangereux pour l’homme, sinon pour l’installation.
Mais, pour parer efficacement aux dangers des courants électriques de la première catégorie (les plus répandus et les plus meurtriers), il conviendrait de prendre encore d’autres mesures dont ne parle nullement l’arrêté: obligation de relier à la terre les pièces métalliques des machines-outils actionnées par l’électricité; isolement contrôlé des installations électriques pour que le courant de fuite à travers une résistance de 2.000 ohms (résistance minimum du corps humain) ait une intensité inférieure à 25 milliampères; dispositif d’isolement obligatoire placé sur les appareils électriques portatifs ou la douille des lampes dites « balladeuses » ; emploi de courants à très basses tensions (30 ou 40 volts) dans les industries humides, chantiers de construction, etc.