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TATOUAGES DE LA PEAU ET DES VÊTEMENTS

Diagnostic chimique d'un tatouage

Nos recherches personnelles ont eu pour but de déterminer la technique la plus simple pour que la réaction de Lunge puisse entrer dans la pratique médico-légale.

Nous avons indiqué la raison pour laquelle le réactif à la diphénylanine s’impose au choix du médecin légiste de préférence au réactif à la brucine.

Nous avons signalé que la préparation du réactif exige certaines précautions.

1" Sur la peau; — Pour identifier un tatouage par les produits nitrés de la poudre nous avons, après divers tâtonnements, adopté la technique suivante:

On essuie les pourtours de la plaie avec un petit carré de gaze imbibé d’acide sulfurique dilué, puis on effectue la réaction soit dans un verre de montre, soit dans un petit tube.

Dans le verre de montre, on place le carré de gaze que l’on dissocie dans quelques gouttes d’acide sulfurique pur, dilué. Après quoi, on fait tomber goutte à goutte le réactif. On constate d’abord que la, gaze se dissout et qu un nimge bleu se forme s’il existe des traces de poudre noire. Avec la poudre pyroxylée, qui ne se dissout que très lentement dans 1 acide sulfurique, oi voit apparaître un grand nombre de 'fusées bleues caractéristiques.

Pour opérer dans un petit tube, on digère la gaze dans quelques gouttes d’acide sulfurique puis on verse lentement le réactif qui vient occuper le fond du tube. A la limite de séparation des deux ,ic|uides se forme alors un bel anneau bleu (poudre noire) ou des fusées bleues (poudre pyroxylée).

L’aspect de la réaction permet de différencier la poudre noire de la poudre sans fumée.

Après un ttr à bout touchant (cas de suicide), nous avons fait cette constatation un peu surprenante que la zone d’estompage, très noire, qui entoure le cratère, donne le plus souvent une réaction négative. Cela tient à ce que les fumées du tir qui constituent cette zone ne contiennent plus de produits nitrés. Par contre, l’essuyage du cratère et de l’entrée

du trajet de la balle, aboutit à un résultat positif dû à ce que les grains de poudre partiellement brûlés ont été prélevés là où ils se trouvent.

Après un tir à faible distance il suffit de prélever une minime partie du tatouage pour obtenir une réaction nettement positive.

La distance limite de disparition de la réaction est de 60 centimètres avec le revolver bull-dog et de 30 centimètres si on emploie un Browning de 6 mm. 35.

2“ Sur les vêtements. — Le diagnostic chimique est ici d’un grand secours.

La technique que nous préconisons consiste à découper une rondelle d'étoffe autour du trou fait par la balle. Cette rondelle placée dans un verre de montre avec un peu d’acide sulfurique pur dilué est râclée sur ses deux faces avec un morceau de verre. Puis, le réactif est versé goutte à goutte dans le liquide de macération après que l’on a retiré l’étoffe. Il est bon de rechercher à la loupe les points bleus très nombreux qui se forment.

Au lieu du râclage, on peut opérer un lavage dans un petit tube et rechercher l’anneau bleu comme il a été indiqué plus haut.

Il est indispensable de faire une réaction témoin avec une partie non suspecte de l’étoffe.

Après un tir à bout touchant (suicide), les étoffes même noircies par les fumées laissent le réactif indifférent. Nous en avons donné les raisons.

Diagnostic du suicide

Un coup de feu tiré à courte distance ne produit pas seulement un tatouage autour de l’orifice d’entrée de la balle; il laisse aussi, sur la main qui a tenu l’arme, des traces sous la forme de dépôts noirs de fumée et de débris de poudre.

Nous avons utilisé, pour l’étude de ces traces, le réactif de Lunge combiné au procédé de l’essuyage du pouce, du dos et des faces latérales de l’index et du médius.

Cette technique constitue une véritable micro-réaction car la dissolution complète de la gaze dans l’acide sulfurique

permet de voir nettement à la loupe les points bleus représentant les grains de poudre ramassés sur les doigts.

Un revolver laisse échapper par le barillet presqu’exclusivement des fumées qui se déposent sur le pouce et l’index et ne possèdent aucune propriété nitreuse. Le réactif de Lunge montre tout au plus quelques traînées bleues.

Toutefois, si le tir est effectué à courte distance (5 ou 10 centimètres par exemple), sur les doigts viennent se fixer, par rebondissement, des grains de poudre de projection qui donnent une réaction bleue beaucoup plus nette.

Dans le cas du pistolet automatique, la fenêtre d’éjection s’ouvre à chaque coup de feu et permet à un certain nombre de parcelles de poudre d’être projetées au dehors. Cela explique pourquoi on peut les retrouver sur les doigts pour toutes les distances de tir.

Peut-on appliquer au diagnostic du suicide la recherche des traces de poudre sur la main droite de la victime?

Dans le fir à bout touchant (suicide), les grains de poudre retrouvés sur les doigts sont peu nombreux et parfois absents.

La micro-réaction à la diphénylanine ne décèle pas seulement les grains de poudre mais bien toutes les particules nitreuses.

Aussi, les constatations faites sur le pouce, l’index et le médius droits d’un individu qui s’est suicidé ne peuvent avoir de valeur que par comparaison avec les résultats obtenus de la même manière sur les doigts de la main gauche. Ces constatations comparatives sont parfois très tranchées et permettent un dianogstic précis.

Présence de fer dans les crasses

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