ET SUR LES TATOUAGES
Les crasses qui se déposent dans le canon des armes à feu ne doivent pas laisser le médecin légiste indifférent et dédaigneux. Elles lui sont utiles à deux points de vue. En premier lieu, parce qu’elles sont transportées jusqu’au niveau de la plaie non seulement pour former la collerette d’essuyage mais aussi, nous allons le voir, pour constituer un des élé-
ments du tatouage. D’autre part, les crasses servent à indiquer que l’arme examinée a servi.
A notre connaissance, ces crasses n’ont pas encore fait l’objet d’une étude spéciale.
La combustion, dans une arme à feu, de la poudre noire laisse 57 % environ de produits solides: carbonate de potasse, soufre à l’état nature ou de combinaison, etc.
C’est le soufre qui caractérise la poudre noire: nous préconisons une méthode très sensible d’identification par l’hydrogène sulfuré des crasses de poudre noire.
Les crasses se chargent très rapidement de fer et c’est le fait qui nous a spécialement intéressé.
La rouille des crasses ne provient pas seulement de l’humidité; elle est due aussi à l’oxydation énergique du fer par le nitrate qui disparaît très vite après un coup de feu. Nous avons constaté que l’attaque du fer du canon par les crasses est très rapide.
Avec la poudre pyroxylée les crasses sont toujours minimes (combustion plus complète). Formées en grande partie des débris de lamelles de poudre décapées de leur plombagine, elles se recouvrent, après un certain temps de contact avec l’âme du canon, d’un piqueté de rouille.
Pendant le tir, les crasses sont projetées et viennent former un des éléments du tatomge de la peau puisque nous avons pu y déceler la présence de traces de fer avec le réactif au ferrocyanure de potassium.
Cette réaction peut contribuer au diagnostic de l’orifice d’entrée du projectile.
Présence de mercure dans les crasses