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LES PHÉNOMÈNES CADAVÉRIQUES

Les variations post-mortem du pH des tissus.

(Avec M. Reiss). Communication à la Réunion biologique de Strasbourg, 10 juin 1927. in C. R. de la Société de Biologie, t. XCVII, p. 306.

Certaines méthodes médico-légales de diagnostic de la mort sont basées sur l’acidification des tissus cadavériques. Il importe donc de bien connaître ce phénomène d’acidification, surtout dans ses variations quantitatives. Aussi nous sommes-nous proposés de suivre électrométriquement l’évolution du pH des tissus après la mort.

Nos expériences portent sur des Cobayes et des Rats,. Nous nous sommes également procuré des tissus humains soit sur des pièces provenant d’interventions chirurgicales, soit sur des cadavres. Dans certains cas, les tissus ont été recueillis stérilement et conservés tels dans des tubes.

Les mesures ont été faites au potentiomètre en utilisant l’électrode à hydrogène de Vlès-Vellinger dans laquelle les tissus étaient introduits finement hachés à la température ordinaire.

Comme le montrent notre tableau et les exemples de courbes que nous reproduisons (fig. 12), 1 acidification postmortem est constante dans tous les cas. Mais, tandis qu’elle est rapide et peu intense pour le muscle, elle est progressive et prolongée pour le foie et atteint des écarts de pH considérables. Ainsi, à une température de 10” environ, l'acidification du muscle arrive à son terme en 1 ou 3 jours, alors que le pH

du foie, comme celui du tissu cellulaire sous-cutané, met plusieurs jours à descendre plus bas.

L évolution ultérieure dépend des phénomènes de la putréfaction. Si les tissus demeurent stériles, leur pH reste constant après une phase d’acidification. Si la putréfaction s’installe, le pH remonte rapidement. C’est la période d’alcalinisation. Ainsi, le muscle squelettique atteint, malgré son

pouvoir tampon considérable, les valeurs les plus élevées que nous ayons pu observer. Le muscle cardiaque, en même temps qu’il résiste mieux à la putréfaction, montre des écarts de pH moins forts.

En résumé, il ressort de nos mesures potentiométriques qu après la mort, les variations du pH des tissus passent généralement par deux phases; celle de l’acidification croissante d origine intrinsèque, suivie de celle de l’alcalinisation de cause putréfactive.

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