TUBERCULOSE
Les acquisitions récentes sur la pathogénie de la tuberculose ne permettent plus de croire, comme auparavant, que l’humanité se partage en deux groupes: d’un côté les tuberculeux, de l’autre les non-tuberculeux.
La répartition se fait maintenant d’une façon différente: la notion de contamination ou de non-contamination se complète par celle de vaccination ou de non-vaccinâtion spontanée.
La plupart des individus sont contaminés, mais supportent plus ou moins bien la contamination. Nous ne différons les uns des autres que par le degré de l’atteinte tuberculeuse. Il en est qui n’arrivent pas à une vaccination suffisante: ceux-là font, à l’occasion d’une déchéance progressive quelconque, une poussée tuberculeuse grave, progressive. Ce sont les vrais tuberculeux pulmonaires.
Au point de vue médico-légal, en ce qui concerne spécialement les accidents du travail et les maladies imputables à des traumatismes, on comprend mieux maintenant comment une lésion qui n’a certainement pas pu introduire de bacilles de Koch dans l’économie est cependant capable d’en avoir déterminé une localisation.
L’on n’est plus forcé, comme autrefois, de s’en rapporter exclusivement aux données négatives de l’expérimentation sur les animaux de laboratoire.
Au point de vue militaire, c’est se faire gravement illusion de vouloir, par un choix suffisamment rigoureux n’accepter dans l’armée que des sujets indemnes de tuberculose et, par conséquent, éviter l’apparition de cas de tuberculose au cours du service. Si bien trié qu’il soit, le contingent contiendra toujours des sujets ayant de la tuberculose latente. L’essentiel est de ne prendre que les sujets les plus vigoureux; mais il faut bien savoir que nulle méthode ne permet encore actuellement de porter un pronostic de la tuberculose. Le diagnostic bactériologique est surtout un procédé de surveillance qui indique le moment où le sujet devient socialement dangereux et où des mesures pro-
phylactiques de surveillance doivent être prises pour lui et pour son entourage.
Au moment où les Assurances sociales, pour soutenir leur cause, revendiquent le monopole de la lutte contre la tuberculose, il était opportun de présenter l'historique de la question.
Les Instituts des Assurances sociales, en Allemagne, se préoccupèrent surtout de la charge financière très lourde que constituaient pour leur budget, les tuberculeux. Ils multiplièrent alors le nombre des sanatoria de création allemande.
En Angleterre, des sommes considérables furent dépensées pour assainir les quartiers populeux des grandes villes car les statistiques établissent que la maladie sévit principalement dans les « taudis ».
Les Suédois crurent faire disparaître la tuberculose en interdisant la consommation de l’alcool.
Le Danemark, convaincu de la contamination tubercueuse par le lait et la viande, prit des mesures rigoureuses d hygiène alimentaire.
C est en France qui fut créé, par M. CALMETTE, le « Dispensaire antituberculeux » qui représente l’instrument le meilleur contre la propagation de la maladie en se chargeant de dépister les tuberculeux, de les secourir et de les surveiller à domicile.
La conclusion est claire. C’est en France, en dehors des Assurances sociales, et dans un but exclusivement social et humanitaire que le moyen le plus efficace de protection contre la tuberculose a été inventé et s’est largement développe avant que fût réalisé par le même auteur la vaccination antituberculeuse qui permet les plus grands espoirs.