RUPTURE INCOMPLÈTE UE L’UTÉRUS (COUCHES SUPERFICIELLES
Annales de la Société obstétricale de France, 1892, p. 151.
Dans ce mémoire nous nous sommes proposé de décrire aussi complètement que possible une variété de déchirure incomplète de l’utérus gravide, qui, signalée simplement par les auteurs, et plus particulièrement par Duparcque, Jacquemier, Spiegelberg, Brennecke, n’a fait l’objet d’aucune monographie spéciale. Il s’agit de la déchirure des couches superficielles de l’utérus, la muqueuse restant indemne (rupture extra-muqueuse).
Notre description a eu pour point de départ un fait intéressant observé par nous à la Pitié en 1881. Nous avons assisté à la mort rapide d’une multipare âgée de trente-sept ans, enceinte pour la treizième fois, qui avait reçu de violents coups de
Les symptômes éclatent brusquement. C’est d’abord une douleur vive ressentie dans le ventre ; puis surviennent une sensation d’angoisse, de la pâleur de la face, du refoidissement des extrémités, de l’abaissement du pouls, etc., finalement le collapsus à plus ou moins brève échéance.
Fait important, il n’y a pas d’hémorragie extérieure : l’utérus ne change pas de forme et il peut continner à se contracter, quoique plus faiblement. Peu à peu le ventre augmente de volume et l'on peut y sentir de la fluctuation ou de l’empâtement avec crépitation, signes de l’épanchement sanguin qui se fait dans le péri-
Le diagnostic reste souvent indécis et méconnu, et la lésion utérine a presque toujours été une trouvaille d’autopsie.
Les cas que nous avons recueillis dans la littérature, au nombre de quinze, se sont tous terminés par la mort. L’enfant succombe le plus habituellement ; cependant dans un fait dé White la femme accoucha d’un enfant vivant et mourut trois quarts d’heure plus lard.
Il ne peut être question de traitement que dans le cas où le médecin serait appelé au moment même de l’accident; Il pourrait avoir alors l’espoir de sauver la femme par une intervention prompte et énergique : soit la laparotomie avec suture de la déchirure, soit l’opération césarienne, soit enfin l’opération de Porro, si le nombre et l’étendue des lésions ne permettaient ni la suture, ni la césarienne
tumeur ayant déterminé une dystocie des plus graves (présentation du tronc, version difficile, délivrance artificielle rendue presque impraticable par des adhérences placentaires considérables à la tumeur), et étant restée, malgré son volume relativement considérable, complètement méconnue.
Charpentier a cité de même un cas où un énorme fibrome situé à l’union du col et du corps mit un obstacle invincible à l’accouchement, échappa à toutes les investigations et ne fut reconnu qu’à l’autopsie (Traité pratique des accouchements, 1883, t. II, p. 291).
La terminaison fatale doit être attribuée à la fois à l’anémie aiguë causée par les hémorragies répétées et au choc déterminé par les manœuvres longues et .pénibles qu'ont nécessitées l’accouchement et la délivrance.
E.-DYSTOCIE FOETALE