PHYSIQUE APPLIQUEE A LA PHYSIOLOGIE
24. Etude sur l’hémoglobine (dosage à l’aide d’un spec trophotomètre).
\Arch. gén. de médecine , 1882.)
La filtration rapide par la trompe d’eau unie à la réfrigération continue m’a permis d’obtenir de beaux cristaux d’hémoglobine, avec lesquels j’ai pu faire des solutions titrées. Ce sont elles qui ont servi d’étalon pour en apprécier la valeur à l’aide du spectrophotomètre à faisceaux superposés de M. Branly. Prenons un exemple : la solutiont itrée d’hémoglobine étendue au 1/20 et contenue dans le compartiment supérieur de la cuve cloisonnée de 10 millim. d’épaisseur, donne pour la bande noire d’absorption contiguë au vert une absorption telle qu’il faut tourner le nicol de 60“ pour établir l’égalité avec la partie correspondante du spectre provenant de la transmission à travers l’eau pure.
D’autre part, une solution au 1/200 du sang d’un chien, contenu dans le même compartiment supérieur de la cuve de 10 millim. exigeait pour le même effet une rotation de 68“54 du nicol.
Désignons' par) E et par e les épaisseurs des couches dè matière colorante, de même concentration, qui produiraient les absorptions observées ; E se rapporte à la solution d’hémoglobine, et au sang de chien ; on a :
aE = cot ! 60“ ae = cot ! 60“54’
a est lé coefficient d’absorption pour la région de la bande noire
égale à 10 e, il vaut par conséquent 17,3 E.
Pour les mesures qui ont été faites avec des solutions au 1/200, on formera e/E et on multipliera le quotient obtenu par 10x 8,5 ou par 35. On aura la richesse en centigrammes par 10 c. c. de sang.
25. Injections d'eau dans les veines. — Dosage de l'hémoglobine par la spectrophotomêtrie. — Variations des matières solides du sang.
Depuis longtemps et de nos jours encore, l’on a essayé de faire entrer dans la thérapeutique médicale l’injection d’eau dans les veines ; il était donc utile d’en connaître l’action physiologique.
A cet effet j’ai étudié les troubles survenus dans les différentes fonctions. Lorsqu’on injecte de l’eau dans le sang il se produit une dilution qui dure quelques heures à peine ; l’eau augmente, les matières solides diminuent, ainsi que l’hémoglobine ; on constate bientôt un phénomène inverse : l’eau diminue, les matériaux solides et l’hémoglobine augmentent pour atteindre parfois et même dépasser le chiffre noté avant l’injection ; enfin, troisième phase : 15
et restent au-dessous du chiffre normal ; ces variations s’expliquent par les oscillations de l’eau du sang. En même temps surviennent des troubles nutritifs.
26. Spectrophotomêtrie. — Variations de l'hémoglobine après la section de la moelle épinière à la région cervicale.
(Arch. gén. de médecine, 1882.)
■ Lorsque la moelle épinière est sectionnée à la partie inférieure de la région cervicale, Claude Bernard a montré que la température
centrale s’abaissait;.j’ai fait voir que dans ces conditions expérimentées, l’hémoglobine diminue; dans une expérience l’hémoglobine était à 145 gr. pour 1000 avant la section et & 125 gr. trente heures après; dans une autre expérience l’hémoglobine était h 152gr.avant et h 142 gr. le lendemain matin.
27. Spectrophotométrie. — Régénération de VhémogloUne après une hémorragie.
Chez le chien, cette faculté de régénérer son sang est très remarquable; lorsque l’animal est placé dans de bonnes conditions hygiéniques, en 12 à 15 jours le chien récupère son chiffre normal.
Ainsi un chien de 14 kilog., ayant 170 gr. d’hémoglobine p. 0/00 subit un jour une perte sanguine de 250 c. c., quelques heures après l’hémoglobine était à 159 gr. Le lendemain après une nouvelle saignée de 170 c. c., l’hémoglobine descend h 134 gr. Le sixième jour après la dernière perte de sang, l’hématocristalline était à 147 gr., et le huitième jour à 161 gr., quantité qui se rapproche de 170 gr., chiffre normal.
28. Spectrophotométrie. — Destruction de VhémogloUne dam le cours de la pleurésie eocpérimentale.
Des expériences multipliées sur les animaux démontrent que la pleurésie aiguë modifie rapidement la crase sanguine. Prenons un exemple f
Chez un chien de 8 k. 200, on détermine une pleurite aiguë avec épanchement :
Matières solides du sang Hémoglobine dosée
Avant l'injection. 244 gr. 4 136 gr.
Deux jours après. 208 » 115 »
Six jours après. 186 » 94 »
La phlegmasie aiguë de la séreuse fait perdre à l’animal 42 gr. d’hématocristalline en six jours et 58 gr. de matériaux solides. La pleurésie est donc une affection qui altère le milieu intérieur et par suite la nutrition intime de l’organisme.
29. Sur les effets de l'insufflation des poumons par l’air comprimé.
(C. R. de VAcadémie des Sciences, 1885.)
Voici le dispositif que nous avons employé : un gazomètre en zinc contenant 150 litres d’air, portait soudés à la partie supérieure deux robinets, l’un communiquant par Un tube de caoutchouc avec
Résistance des artères de l’homme.
Résistance des artères et des veines du chien.
Ces résultats démontrent : 1° que les pressions nécessaires pour rompre les artères sont beaucoup plus fortes que celles qui existent normalement dans ces Canaux ; ainsi, la pression normale chez le chien étant environ de 15 centim., dans un cas ce vaisseau s’est rompu à 8 atm. 3, c’est-à-dire sous une pression de 630 c. c. 8 ou 42
2°. Que les artères sont d’autant plus résistantes qu’elles présentent un moindre calibre.
3° Que les veines offrent une très grande résistance. Nos mesures ont encore prouvé que les pressions exercées sur un centimètre de
de la rupture peur
longueur et sur tout le pourtour au moment varier de 13 à 25 kilogr.
A l’état pathologique, dans les cas d’hémorragie cérébrale, le système artériel est plus friable. Voici un homme qui succombe à une hémorragie cérébrale dans le lieu d’élection, sa carotide droite se rompt à 3 atm. 3, la gauche à 3 atm. 4, tandis qu’ù l’état normal elles résistent à 6 et h 7 atm. ; les artérioles voisines du foyer sont encore moins résistantes.