II. - CRANE ET FACE
Un cas de scalp complet guéri en deux séances par l'application de greffes de Thiersch.
Bulletin de la Sociéié de Chirurgie, 1920.
L’arrachement du cuir chevelu (scalp) et son traitement. Journal de Chirurgie , 1920.
Chez une femme qui avait été complètement scalpée, plusieurs années auparavant, j’ai pu obtenir la cicatrisation de la vaste plaie bourgeonnante par l’application, en deux séances, de nombreuses greffes de Thiersch. L’étude de 80 cas publiés de cette grave mutilation— qui est toujours un accident d’usine spécial aux femmes et que la mode des cheveux courts rendra de plus en plus rare — m’ont confirmé dans l’idée que la greffe de Thiersch constituait le meilleur traitement du scalp complet. Des prétendus succès qu’aurait donnés la réapplication immédiate du cuir chevelu détaché, pas un seul ne résiste à la critique. Les autoplasties à lambeau pédiculé sont difficilement applicables au crâne, bien que cette méthode ait donné un succès à Kirmisson. La greffe cutanée totale (méthode de Krause) n’â guère fourni que des résultats incomplets et un plus grand nombre d’échecs. Au contraire, avec de la persévérance et en ayant soin d’emprunter le matériel de greffes à la malade elle-même, la méthode d’Ollier-Thiersch (greffes dermo-épidermiques) a presque toujours permis d’obtenir la cicatrisation de la plaie
Un cas de pachydermie vorticellée du cuir chevelu. Bulletin de la Société de Chirurgie , 1914. (Rapport sur une observation de Malartic et Opin.)
La pachydermie vorticellée du cuir chevelu (étude clinique et anatomique, essai de traitement chirurgical). Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1920.
La pachydermie vorticellée du cuir chevelu et son traitement chirurgical. Bulletin de la Société de Chirurgie , 1921.
Un nouveau cas de pachydermie vorticellée du cuir chevelu. Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie , 1921.
Mon attention avait été attirée sur cette curieuse affection du cuir chevelu par une observation de Malartic et Opin sur laquelle j’avais été chargé de faire un rapport. Aussi est-ce avec un grand intérêt que j’ai étudié les cas qu’il m’a été donné de rencontrer, quelques années plus tard, à l’hôpital Saint-Louis.
La pachydermie vorticellée (cutis verticis gyrata des Allemands) est rare et l’on n’en connaît qu’une trentaine de cas, dont un certain nombre sont douteux. Son
méningite, kyste méningé, œdème localisé de l’arachnoïde), — ou sur le cerveau (cicatrice qui s’enfonce en coin dans l’hémisphère, kystes cérébraux, porencéphalie traumatique, foyers hémorragiques, foyers de ramollissement, abcès latents, corps étrangers inclus).
Mais il y a aussi des cas où l’examen le plus attentif ne révèle aucune lésion anatomique qui puisse être incriminée comme cause des accidents (environ 15 p. 100, d’après les statistiques de Tilmann et de Braun). Il est vraisemblable, d’ailleurs, qu’il y a, même dans ces cas, des lésions histologiques diffuses du cerveau : sclérose névroglique, petites hémorragies disséminées, chromatolyse des cellules pyramidales, etc.; Horsley avait autrefois décrit ces micro-traumatismes de l’encéphale, et Lecène et Bouttier ont montré leur fréquence chez les blessés de
Kocher et ses élèves ont incriminé l’hypertension intra-cranienne dans la genèse de l’épilepsie traumatique et préconisé la trépanation décompressive, agissant comme « soupape de sûreté ». Mais l’hypertension est loin d’être constante chez les épileptiques et il semble même que l’hypotension soit plus fréquente, au moins chez les épileptiques de guerre (Leriche). .
III. Technique de l'intervention chirurgicale dans l'épilepsie traumatique. —A ce sujet, nous avons surtout étudié l’extirpation du centre épileptogène (Horsley), son massage (Bircher), la section sous-corticale de ses connexions (W\ Trendelenburg, Kirschner), — les autoplasties dure-mériennes par lambeau aponévrotique ou graisseux, qui ne semblent pas capables d’empêcher la reproduction de la cicatrice et ne sont, à notre avis, qu’une complication opératoire inutile et parfois nuisible, — enfin la cranioplastie qui n’a que des indications exceptionnelles et qu’il ne faut faire, si on la juge utile, que très tardivement.
IV. Résultats du traitement chirurgical. — Il est bien difficile de les apprécier exactement, car, en matière d’épilepsie, il faut compter avec les réapparitions tardives, et aussi avec les guérisons spontanées, dont Maisonnet a rapporté récemment un très bel exemple.
11 y a cependant, d’une manière indiscutable, des améliorations très grandes et très prolongées, sinon des guérisons véritables, à la suite de l’opération. La statistique de Kurt Matthiæ (1913), qui porte sur 158 cas suivis, indique une proportion de 60 p. 100 de résultats favorables (65 p. 100 dans l’épilepsie jacksonienne et 40 p. 100 dans l’épilepsie généralisée); ce chiffre est peut-être trop optimiste; mais nous avons pu recueillir, parmi les observations postérieures à 1914 et concernant des épileptiques de guerre, 6 guérisons datant de 1 à 2 ans, 7 guérisons datant de 2 à 5 ans et 5 guérisons de plus de 5 ans ; et nous avons cru pouvoir conclure que l’opération dans l’épilepsie traumatique est peu dangereuse, souvent utile,
ne renferment qu’un ou deux ostéoblastes; ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que ce sont les cellules fusiformes constituant la majeure partie de la tumeur qui, en s’entourant d’une coque de sels calcaires, forment les îlots osseux. On ne retrouve pas les figures normales de l’ossification avec ostéoblastes typiques et espaces médullaires interposés aux noyaux de substance osseuse; en un mot, ce sont les coulées de cellules sarcomateuses qui forment les espaces médullaires et ce sont les cellules néoplasiques, pour la plupart fusiformes, qui jouent le rôle d’ostéoblastes. Ce n’est donc pas un sarcome ossifiant véritable, puisqu’il n’y a pas dans la tumeur d’os adulte avec espaces médullaires typiques et travées osseuses complètes; c’est un sarcome ostéoïde.
La malade a été revue, sans récidive, plusieurs années après l’opération.