TRAVAUX ORIGINAUX
1. — Note sur l'inversion ntérine (Bulletin de la Société médicale d’Amiens, 1873).
L’auteur rapporte le cas d’une jeune femme chez laquelle l’inertie de l’utérus fut la cause prédisposante du renversement de l’utérus et une traction intempestive sur le cordon la cause déterminante de cette inversion. D’où le précepte : Ne tirer que prudemment sur le cordon ombilical pour effectuer la délivrance chez une femme atteinte d’inertie de la matrice.
2. — Des oblitérations artérielles dans la fièvre typhoïde (Essai sur leur origine. Thèse de doctorat, 1877).
Après avoir rapporté douze cas d’oblitérations artérielles dans la fièvre typhoïde suivies de gangrène, l’auteur recherche l’étiologie
de cos oblitérations'. Considérant que le myocarde et l’enpocarde sont souvent frappés dans la dothiénentérie, et s’appuyant sur l’examen minutieux et la similitude des caillots cardiaques et artériels, et sur l’examen histologique de la paroi artérielle' où siège l’oblitération, M. Debierre se range à l’avis du professeur Hayem qui voit dans ces conditions, non une oblitération artérielle par endartérite .et thrombose consécutive, mais une oblitération par embolus parti du coeur. Voici ses conclusions : « Pour des motifs basés sur l’absence d’endartérite primitive, sur les conditions d’état et de circulation du sang, sur la dissémination et la succession, dans certains cas, des obstructions, sur les phénomènes symptomatologiques, nous nous croyons autorisé à rapporter ces oblitérations à des caillots emboliques, dont la source est le cœur. » Cette opinion fut adoptée dans un travail du D' Mercier, paru dans les Archives dé médecine, en 1878.
3. — Manifestations multiples dans l’hystérie (Gazette des hôpitaux, 1879).
Après avoir rapporté un cas d’hystérie des plus curieux à cause de ses manifestations si multiples et si tenaces (akinésie, hémianesthésie, anesthésie généralisée, amaurose, surdité,’ aphonie, catalepsie, etc.), M. Debierre montre qu’une simple injection hypodermique est susceptible de faire disparaître presque instantanément ces troubles si curieux du système nerveux. Il entrevoit, mais sans le reconnaître positivement, ni lui donner un nom, le phénomène du transfert, dont depuis Charcot et ses élèves ont si bien étudié la curieuse évolution, puisqu’il note qu’on voit, à peine l’aiguille de la seringue de Pravaz est-elle introduite sous la peau, l’hémianesthésie, Vhémiplégie, etc., disparaître d’un côté pour reparaître de l’autre.
4. — Sur la mort subite dans l'adénopathie traohéo-bronoMque (Communication à la Société anatomique , août 1880, avec planche).
Dans ce cas, rapporté par M. Debierre, existait un ganglion bronchique hypertrophiée gros comme un œuf de poule qui. aplatissait presque à l’effacer la lumière de la bronche droite près de son origine ; un autre ganglion un peu moins volumineux comprimait également la branche droite de l’artère pulmonaire.
Sur le premier ganglion passait, en le contournant, le nerf pneumogastrique droit, qui, de ce fait, devait être tiraillé. Aussi en raison de l’absènce de lésion organique pouvant expliquer la mort subite de cet homme, l’auteur se rattache-t-il à l’idée que la mort a été le fait d’un réflexe qui a amené une syncope mortelle.
5. — De l’origine et de l’évolution des sociétés humaines (Revue internationale des sciences, 15 janvier, février-mars 1880).
Dans ce travail l’auteur insiste sur les modifications que les milieux impriment aux organismes. Il montre, en outre, que le progrès sociologique a suivi, pas à pas le développement organique du systèmo nerveux, et en particulier du cerveau.
6, — L’homme avant et au seuil de l'histoire (Revue internationale dés sciences, 15 mai, 15 juin, 15 juillet et 15 août 1880).
Dans ce Mémoire, étudié à la lumière de la science moderne, M. Debierre, décrit l’évolution de l’homme d’après les données paléon tologiques, archéologiques et linguistiques comparatives. Il passe successivement en revue les milieux dans lesquels l’homme a vécu, son industrie, son art, ses mœurs, ses religions, ses' transformations à
sements. 11, termine enfin par un chapitre sur l’origine des nations, et esquisse brièvement le portrait: des populations primitives. •
L — Le.dynamisme physique et le dynamisme biologique (Revue internationale des sciences,- mars-mai 1881).-
tas ce travail qui passe en revue les travaux récents sur la circulation de la matière et de la force dans le monde, l’auteur insiste sur l’unité des forces, leur équivalence et leurs métamorphoses. Comme dans la matière vivante, dit-il, il n’y a rien au fond autre que de la matière brute, la vie ne peut être qu’un mouvement de la matière. Le travail musculaire, le travail nerveux, etc., sont ainsi ramenés à une oxydation des éléments constitutifs de ces systèmes organiques. La pensée elle-même n’échappe pas à cette loi.
8. — Une introduction à l’histoire de la terre (Revue internationale des sciences biologiques, 15 janvier 1881).
Dans ce travail, écrit après la lecture des Éléments de géologie de A. Geckie, M. Debierre étudie expérimentalement la formation des sédiments et des roches. Les acquisitions de la géologie moderne lui permettent d’expliquer simplement les merveilleuses métamorphoses dont le sol a été le siège depuis la formation du globe terrestre.
-Le langage, son origine, son évolution et sa valeur (Za Réforme, janvier 1881).
Après avoir étudié l’expression des émotions chez les animaux, l’auteur aborde l’étude du développement de la parole chez l’enfant
d’âge ou de l’onomatopé
besoin« d’apprendre à parler ». Que la faculté du langage innée, cela ressort de ce qu’elle a besoin pour se développer l’ouïe, et d’un département cérébral défini et limité