Psoriasis de. la langue et de la muqueuse buccale
(Union médicale, iSU. — Gr. fn-S» de 98 p., Adrien Delahaye, éditeur. Ouvrage
Parmi les nombreuses affections qui se développent dans l’intérieur de la bouche, celle qu’on a désignée sous le nom de psoriasis de la muqueuse buccale est une des plus intéressantes et des plus dignes, à tous les points de vue, d’être sérieusement étudiée. Sa pathogénie, est complexe et fort obscure. Son diagnostic présente parfois des difficultés qui déjouent la sagacité des praticiens les plus expérimentés. Son pronostic est incertain. Quant à son traitement, il n’a donné que des résultats nuis ou insignifiants. Ken qu’on ait employé tous les substitutifs, tous les fondants et résolutifs, etc., de la matière médicale.
Les lésions qui constituent te psoriaris buccal se rattachent à des
états généraux ou locaux essentiellement différents. Dans la grande majorité des cas, ces lésions ont un caractère de bénignité qui persiste jusqu’aux phases les plus avancées du processus. Mais il arrive parfois que la prolifération superficielle des éléments épiihéliaux devient profonde, envahissante, destructive, et dégénère en une affection épithéliomateuse des plus graves. .
11 était naturel qu’on fît jouer un rôle considérable, dans la pathogénie du psoriasis buccal, à tous les agents qui, mis. en contact avec la muqueuse, ou éliminés par elle, sont aptes à produire une irritation morbide dépassant les bornes de l’excitation physiologique inhérente aux fonctions de la mastication et de l’insalivalion. — Ce rôle est-il de premier, ou seulement de second ordre? Eh bien, dans cette affection, comme dans presque toutes les autres de même nature, si localisées qu’elles soient, l’influence étiologique vraiment active et prépondérante, paraît avoir sa source dans une disposition morbide générale de l’organisme. Sans doute, il n’est pas toujours facile de découvrir cette disposition morbide générale, ni possible de la préciser et de la définir ; mais, d’autres fois, elle se manifeste avec une telle évidence qu’elle s’impose aux esprits les plus prévenus.
Le psoriasis buccal est le plus souvent une altération par laquelle se traduit, suivant un processus anatomo-pathologique à peu près toujours semblable à lui-même, l’action nocive de plusieurs maladies constitutionnelles sur la muqueuse buccale. Il en résulte que chacune des grandes maladies constitutionnelles lui imprimera une qualité spécifique, et le classera dans son cadre nosologique le plus
Cette affection ne devra être considérée comme idiopathique et purement locale que quand il aura été impossible, malgré les investigations les plus suivies, de découvrir chez le malade aucune trace de maladie constitutionnelle. Dans cette espèce de psoriasis se rangent ceux qui surviennent spontanément et ceux qui sont provoqués et entretenus par une irritation exagérée et anormale de la muqueuse buccale. — Enfin le psoriasis, précurseur de l’épithélioma, formera une espèce spéciale aussi digne d’intérêt que les autres, et beaucoup plus importante qu’elles au point de vue du pronostic.
On voit par ce qui précède que l’affection a plus de surface et de profondeur pathologiques qu’on ne serait tenté de le supposer au pre-
mier abord. Son histoire avait été à peine ébauchée, comme on peut s’en convaincre par la bibliographie, à l’époque où je publiai cet
Outre les neuf cas très complets que j’ai pu suivre pendant longtemps et qui sont relatés dans la première partie et dans l’appendice, j’en ai observé depuis un grand nombre. Mon expérience accrue a laissé mes conclusions intactes et n’a fait que les corroborer.
COHCLOSIOBS :
I. Le psoriasis de la langue et de ta muqueuse buccale est une ptilogose chronique, dans laquelle deux éléments anatomo-pathologiques principaux s’observent constamment. Le premier est une inflammation scléreuse des papilles et des couches superficielles du derme; le second, une hypersécrétion épithéliale, qui se condense sous forme de plaques grises, opalines, blanches, et qui s’élimine sous forme d’écailles, de squames, exclusivement formées de cellules épithéliales.
4 Quelques auteurs ont eu tort d’appeler cette affection ichthyose de la bouche, car elle évolue, tandis que le propre de l’ichthyose est de ne pas évoluer et de constituer une difformité plutôt qu’une affection.
4 II existe d’autres éléments anatomo-pathologiques que la lésion psoriasique elle-même; mais ils n’occupent qu’un rang secondaire. Ce sont : le lichen, le pityriasis, les exulcérations, les fissures, l’état variqueux des veines, les hypertrophies glandulaires, etc.
4 Dans le psoriasis bucco-lingual, les parties atteintes sont, par ordre de fréquence et de gravité : la face supérieure et les bords de la langue, les commissures des lèvres, la face interne des joues, la face interne et le bord des lèvres, les gencives et la voûte palatine.
4 II y a plusieurs phases dans le processus anatomo-pathologique du psoriasis bucco-lingual : A. période érythémateuse; B. période scléro-squameuse; C. formation des exulcérations, des crevasses, des raghades; D. déchiquetures des bords de lalangue, état mamelonné, îlots, sillons, etc., résultant soit de cicatrices, soit d’une atrophie du derme produite par la pression des squames.
4 Les plaques, les bandelettes, les nappes, les stries, lès squames formées par l’hypergenèse épithéliale ont des teintes grises, nacrées, opalines, blanc chlorure d’argent. Celte dernière couleur s’observe dans le groupe des psoriasis bucco-linguaux de nature arthritique et dartreuse.
IL Dans le psoriasis syphilitique, l’élément psoriasique proprement dit occupe le second rang dans la hiérarchie des lésions. Les éléments anatomopathologiques principaux sont : les érosions, les plaques muqueuses irisées, ecchymotiques, végétantes, cornées, etc.; les ulcères syphilitiques profonds, les tubercules, les gommes. Les érosions couenneuses sont plus communes dans le psoriasis syphilitique que dans les autres.
venu chez un individu évidemment syphililiqne.
4 li y a des psoriasis bucco-lingnaux qui se transforment en épithélioma et constituent nne espèce distincte depuis leur début jusqu’à leur terminaison, c’est-à-dire une espèce dans laquelle on ne découvre aucune maladie constitutionnelle. Mais il y a aussi des psoriasis dartro-arthritiques ou même provoqués qui aboutissent à la transformation épithéliomaleuse.
4 Les troubles fonctionnels sont beaucoup plus graves dans celte espèce que dans les autres, du moins à une période avancée du processus. Parmi ces troubles, il faut noter la salivation, les douleurs lancinantes qui irradient dans les oreilles, la gêne de la parole et de la mastication. Les adénopalhies consécutives ont une haute valeur diagnoslique et pronostique.
4 La transformation des psoriasis bucco-linguaux en maladie maligne de la langue, en épilhélioma, qui est à peu près le seul cancer de l'organe, est un des points les plus importants de leur histoire. .
IV. 11 existe des médications internes spécifiques pour trois espèces de psoriasis: l’arthritique, le dartreux et le syphilitique. Les alcalins et, en
particulier, le bicarbonaté de soude, se donnent dans le psoriasis arthritique ; l’arsenic dans le psoriasis darlreux ; le mercure et l’iodure de potassium dans le psoriasis syphilitique.
>(■ Le mercure etl’ioduro de polassium, qu’on administre comme pierre de touche dans les psoriasis de nature douteuse, sont très dangereux quand il n’existe aucun élément syphilitique. Ils hdlent la transformation épithéliomateuse de certains psoriasis et on aggravent la malignité.
Jé La spécificité n’existe pas pour les agents locaux ou substitutifs qu’on emploie dans le traitement des diverses espèces de psoriasis bucco-linguaux. La prudence et la modération sont nécessaires dans le maniement de ces agents substitutifs.
li. Étude clinique sur l’influencé curative, de l’érysipèle dans la syphilis.
C’est un essai de pathologie générale que j’ai tenté dans ce travail. J’aurais pu l’intituler : Ff/eis du conflit entre une maladie constitutionnelle en activité et une maladie aiguë accidentelle. J’ai donné plusieurs exemples de ce conflit entre la syphilis et l’érysipèle, conflit qui se termine toujours, quand l’érysipèle n’est pas mortel, par une guérison extrêmement rapide des accidents même les plus invétérés de la maladie constitutionnelle.—J’ai étudié aussi le conflit entre la syphilis et les angines aiguës sérieuses qui mettent en jeu les forces réactives de l’organisme. 11 était naturel, après l’analyse clinique de faits aussi concluants, d’élargir le cadre de cette étude et d’embrasser la question dans son ensemble. C’est ce que j’ai tenté en montrant que dans les autres maladies constitutionnelles en puissance, les maladies aiguës ou impersonnelles qui exigent une grande énergie réactionnelle de toutes les forces vives et saines de l'organisme, mettent momentanément en déroute les déterminations diathésiques. Mais ce triomphe n’est pas de longue durée, car la maladie chronique un instant subjuguée reprend plus ou moins vite possession de l’économie dont semblait l’avoir chassée pour toujours la maladie aiguë accidentelle. En terminant, j’ai étudié les effets curatifs de l’érysipèle sur le phagédénisme. Quoique ces considérations de pathologie générale soient difficiles à résumer, on en trouvera la substance, du moins en partie, dans les propositions suivantes.
* L’aclioD curative de l'érysipèle signalée depuis longtemps dans le phagédénisme, provient, principalement des modifications locales que la phlogose fait subir au travail ulcéralit et à la nutrition des parties qui en sont atteintes. C’est surtout un phénomène de substitution.
J(. L’action curative de l’érysipèle dans les manitestalions graves de la scrofule, telles que le lupus ou autres affections cutanées constitutionnelles et chroniques dérive également du processus local et du processus général de la maladie aiguS, et se produit suivant le même mode que dans -la
5. Esquisse historique et caractères généraux des diverses espèces de maladies vénériennes.
6. Elude sur les névralgies réflexes symptomatiques de l'orchi-épidülymite blennorrhagique.
Cette étude se compose de deux parties, l’une clinique et l'autre théorique. La première comprend àx-sept observations précises et complètes qui offrent toutes les variétés symptomatiques de l'orchiépididyfnite névralgique. — Mais il ne suffit pas d’observer les faits ; il faut aussi les analyser dans toutes leurs circonstances avec la plus rigoureuse exactitude, puis en donner l’interprétation physio-pathologique.
C’est ce que j’ai tenté de faire dans la seconde partie. Après avoir décrit les névralgies réflexes symptomatiques de l’orchi-épididymite, étudié leur point de départ dans les diverses parties constituantes de l’appareil testiculaire, analysé et comparé les processus anatomopathologiques des diverses espèces d’inflammations testiculaires, apprécié les conditions pathologiques générales qui favorisent la mise en jeu des réflexes sensitifs, comparé ces réflexes chez l’homme et chez la femme, défini le testicule irritable, etc., j’ai consacré une grande partie de mon travail, à la physiologie pathologique. Cette partie comprend des considérations générales sur l’irradiation sensitive réflexe ; sur le rôle des anastomoses nerveuses, des cellules grises périphériques, et sur la transformation des influx nerveux, dans la production des douleurs réflexes; sur les lois de la réflexion sensitive, la comparaison entre les lois de la réflexion motrice et celles de la réflexion sensitive ; sur les phénomènes de la réflexion sensitive comparés aux phénomènes de la réflexion motrice ; sur les caractères de l’impression incidente, sur la loi d’excentricité des phénomènes sensitifs ou du périphérisme des sensations, etc-, etc.
I. Il existe dans l'orohi-épididymite blennorrhagique deux espèces de douleurs : A. les douleurs locales et directes, se rattacliant au processus
du leslicule s’effeclue sur les plexus du grand sympathique, il i duire un ensemble de phénomènes beaucoup plus compliqués qii douleur, tels que mouvemenls péristaltiques et antipéristaltique; du tube digestif, hypercrinies gastro-hépatiques, plénitude o
ment de la circulation générale, et par coni .
dantes de la caloricité etc., etc.
IV. Les névralgies réflexes symptomatiques de l’orchi-épidid norrhagique sont habituellement unilalérales et situées du mêm testicule malade; mais quelquefois elles sont bilatérales ou en constituées par une névralgie lombo-abdominale double.
La rachialgie est la plus fréquente des irradiations réflexe épididymite; elle a deux foyers; un foyer supérieur ou réna inférieur ou sacro-sciatique.
roages da sang. L’aptitude des malades à devenir anémiques sous l’influence de l’orchi-épididymite, varie selon Tige: elle est d’autant plus grande que les sujets sont moins 4gés.