Leçons swr l’Herpès névralgique des organes génitaux
{Gazette des Hôpitaux, I S76. In-8" de 112 p., Adrien Delahaye, éditeur, 1877).
J’ai eu pour but dans ce travail d’étudier le côté de l’herpès génital qui se rapporte à sa pathogénie névropathique ou du moins à sa solidarité avec certains troubles très variés et fort curieux de la sensibilité. C’était un sujet neuf et non encore traité, car tous les auteurs avaient passé sous silence ou énuméré d’une façon sèche et incomplète les phénomènes douloureux qui précèdent, accompagnent ou suivent l’éruption herpétique des organes génitaux. 11 y a dans l’herpès génital douloureux et dans tous ceux de même espèce un problème de physiologie pathologique du plus haut intérêt. J’ai tâché de le résoudre en prenant pour base la clinique analytique poursuivie jusque dans les infiniment petites circonstances de la modalité symptoriiatique. 11 faut, en médecine comme en physiologie, pousser le déterminisme phénoménal aussi loin que possible. Les déterminations physico-chimiques, les déterminations histologiques, les déterminations cliniques, expérimentales et hygiéniques, tels sont les trois grands modes d’investigation avec lesquels on fondera la science biologique. La médecine, qui n’est qu’une de ses branches, doit employer les mêmes méthodes. Notre principal instrument d’étude, à nous cliniciens, c’est le déterminisme des phénomènes pathologiques.
La première leçon est consacrée à l’exposition de cinq faits qui sont de nature, par la richesse et la variété de leurs symptômes, à donner une idée complète de l’herpès névralgique.
Dans la deuxième, les questions de pathologie générale et de physiologie pathologique qui se rattachent à l’histoire de tous les herpès spontanés, constitutionnels ou traumatiques, sont posées, analysées et discutées, sinon résolues, au moyen des données que fournissent la clinique et la physiologie. En voici le résumé :
I. L’alïoçtion vésiculeuse désignée sous le nom d'herpès, qu’elle se déve-
jf Parmi les herpès qui se développent, sur les organes génitaux, il y en a dans lesquels la douleur joue le rôle principal. —La douleur et les autres troubles névropathiques qui s’associent i elle précèdent habituellement l’éruption herpétique pendant vingt-quatre ou trente-six heures, sans qu’il soit possible de découvrir aucune lésion sur les points de la muqueuse et de la peau, qui vont devenir le siège de l’éruption. —Habituellement l’éruption vésiculeuse sert de crise aux phénomènes névropathiques ; mais d’autres fois ils persistent ou reviennent et survivent même dans quelques cas à l’herpès. — L’éruption herpétique est donc un phénomène secondaire. Ce sont les nerfs qui sont primitivement malades comme dans le zona.
II. L’analogie enire l’appareii névropathique de l’herpès génital et celui de l’herpès zoster est si frappante qu’il faut conclure à l’analogie de lésion dans les deux cas. 11 est donc extrêmement probable que l’herpès névralgique des organes génitaux se rattache èun processus hyperhémiqne qui envahit une étendue plus ou moins considérable du plexus sacré. — Ce processus hyperhémiqne plus superficiel, moins tixe, plus disséminé que le processus irritatif et cellulaire propre aux zonas spontanés, secondaires ou traumatiques, attaque plutôt les filets sensitifs que les nerfs trophiques, et se concentre plus particulièrement sur ceux qui appartiennent au nerf honteux interne. — Le plexus sacré peut être envahi simultanément à droite et.à gauche, mais, d’ordinaire, les phénomènes névropathiques et l’éruption sont plus prononcés d’un côté que de l’autre, comme dans l’herpès zoster, quoique l’unilatéralité n’y soit jamais aussi constante.
Jé On ne peut faire que des cohjeclures sur le siège précis du processus hyperhémiqne dans les branches du plexus saîré. Peut-être se détermine-t-il quelquefois sur la queue de cheval ou l’extrémité inférieure de la moelle épinière. Toujours est-il qu’il affecte d’une manière spéciale les branches nerveuses qui se distribuent au pénis, apx bourses et au périnée; et comme en même temps les phénomènes névropathiques se produisent sur d’autres branches, il est à croire que la lésion remonte assez haut, au moins jusqu’à quelques-uns des gros troncs qui constituent le corps du plexus sacré.
III. L’irritation hyperhémique du plexus sacré ou de ses branches doit dépendre d’un état général, d’une disposition constitutionnelle de l’organisme, sur la nature de laquelle il est dilflcile de se prononcer. La maladie constitutionnelle qui me paraît réunir en sa faveur la plus grande somme de probabilités, est Tîflhritisme. 11 doit être placé au-dessus de la dartre dans l’échelle des conditions étiologiques générales de l’herpès.
C’est l’existence d’une cause constitutionnelle qui explique les attaques successives ou les récidives fréquentes de l’herpès génital. — Il est l’expression momentanée et plus ou moins répétée de la diathèse-arthritique et dartrense, ou même d’une disposition accidentelle ealarrho-rhumaiique qui se détermine sous forme hyperhémiqne sur les plexus sacrés, sur leurs branches terminales ou même sur l’extrémité intérieure de la moelle épinière.
4 Toutes les circonstances étiologiques locales, auxquelles on a l’habitude
ies points des m< la sphère des on
îmbres inférieurs, mais on ^anes génitaux, sur le périr
est subordonné dans son processus à la continuilé ou à l’intermittence de douleurs, et il ne dure généralement jamais plus tpue l’herpès.
i. Phlegmons et abcès m'éthro-périnéaux symptomatiques de la blennorrhagie.
J’ai commencé par établir que tous les abcès périnéaux, quel que soit leur point de départ sur le canal, présentent la même pathogénie et passent parles différentes phases suivantes : 1» inflammation catarrhale ou purulente pouvant se propager du canal à toutes les glandes ou glandules, depuis les plus simples jusqu’aux glandes conglomérées de Méry et jusqu'à la prostate; 2" compression et oblitération du canal, distension de la glande par les produits sécrétés et propagation de l’inflammation à son stroma; 3” extension du processus en dehors du stroma et phlegmon péri-glandulaire, tantôt se dirigeant en dehors et finissant par constituer un abcès qui s’ouvre à l’extérieur, tantôt se faisant jour dans l’urèlhre, soit par simple distension du canal excréteur, soit par ulcération de ce conduit et de la paroi uréthrale correspondante ; tantôt s’ouvrant tout à la fois sur la peau et dans le canal
pour constituer une fistule uréthro-cutanée avec poche purulente entre les
deux orifices, etc. — Ensuite j’ai décrit spécialement rinflammation des glandes de Méry ou Coopérite : son mode palhogénique, ses formes, ses
degrés, au nombre de trois ; ses modaiités symptomatiques, ses divers pro¬
cessus ; ies caractères qui la distinguent des inflammations et abcès de la région périnéale, de toute provenance, et, en particulier, des abcès prostotapérihéaux dont j’ai donné la description sommaire, etc. — Terminaison,