guér.) 4 — (4 guêr.) i — (1 guér
Ce tableau est inslructil, car il nous montre que la médication collargolique compte d’autant plus de succès qu’elle a été employée plus tôt ; c'élait là, à coup sfir, un résultat que l’on pouvait prévoir par avance, mais qu’il était intéressant d’étayer sur des chiffres. Sans doute, la guérison est survenue dans deux cas,où l’injection intra-veineuse n’a élé pratiquée que le dix-neuvième et le trente-et-unième jour ; mais il s’agissait alors d’infection tardive, habituellement beaucoup moins grave que l’infection précoce. En réalité, on aura toujours avantage à recourir très rapidement au collargol : l’inocuité absolue du procédé nous engage à poser celte conclusion de la manière la plus terme.
Technique de l'injeclion inlraveineuse de collargol. — A. Manuei. opériATOiRE. — Ea technique des injections intraveineuses de collargol doit être aussi simple que possible. Dans la plupart des cas on procédera par ponction de la veine au travers de la peau, L’aiguille tenue de la main droite, est présentée dans la direction de la veine saillante et immobilisée, le plus obliquement possible, et de bas en haut, c’est-è-dire de la main vers l'épaule,
La quantité de collargol injecté a été variable. Nous avons employé une dose moyenne de 10 cenlimHres cubes. C’est là une dose courante et on aura tout avantage à l’élever à 15 centimètres cubes.
B. Fautes opÉUATomES et .accidents consécutifs a i,'i.\tection intha- VEINEUSE. — On peut ob.server au cours ou à la suite de l’injection intraveineuse de collargol, les accidents suivants :
1“ L'embolie gazeuse, accident absolument exceptionnel ;
2” La transUxion de la veine, petit accident assez fréquent et parfois délicat à éviter ;
3" Les pelites embolies. Ces embolies observées par certains auteurs peuvent-elles être imputées au collargol ? Il ne nous semble pas et nous croyons que le collargol ne peut pas, par lui-même, déterminer d’embolies ;
4“ Hémorragies. Par contre nous citerons un accident que nous avons pu observer pour la première fois, à peu de jours de distance, chez deux femmes dont les observations ne figurent pas dans la statistique résumée ci-dessus. Il s’agit de l’apparition d’hémorragies dans les heures suivant l’injection. L’une d’elles eut à la fois hémorragie gingivale et utérine, peu abondante mais tenace, et qui disjiarut sous l’action du chlorure de calcium ; l’autre tut prise de métrorragie dont la quantité lut estimée à 300 grammes environ ; celle-ci céda à une injection d’ergotine, avec injections vaginales très chaudes. Pour ces deux femmes il s’agissait d’une préparation de collargol à 1 %, injectée à la dose habituelle de 10 centimètres cubes.
1" Le collargol est une méthode fréquemment efficace contre les infections puerpérales généralisées ou tendant à le devenir ;
2" On pourra y avoir recours dans tous les cas où la thérapeutique locale, intra-utérine, sera restée impuissante à arrêter la marche de l’infection. Cette méthode pourra toujours être employée concurremment aux autres procédés actuellement en usage en pareil cas : balnéothérapie, abcès par fixation, etc. ;
3” La seule manière vraiment active d’employer le collargol est l'injection intra-veineuse. Chaque injection sera faite avec 10 à 15 centimètres cubes d’une solution de collargol à 1 %;
4° L’action du collargol prenant fin assez rapidement, il y aura toujours avantage à renouveler l'injection, deux, trois et quatref fois, à quarante-huit heures d’inter\'alle par exemple, ou plus exactement, à chaque fois que les symptômes subissent quelque recrudescence. Dans l'intervalle des injections intra-veineuses, il sera hon de maintenir la malade sous l'action du médicament, grâce aux injections intra-musculaires, répétées une ou deux lois par jour.
B) Rrciierches sur i.e rhodium colloïdal
Nos recherches ont été entreprises à la Clinique Tarnier (service du Prof. Bar en 1913-1914. Elles ont porté sur 32 cas d’infection puerpérale.
Technique adoptée. — Le seul collo'ide que nous ayons utilisé est le Rhodium colloïdal, préparé par le procédé A. Lancien. Bien entendu, nous avons fait exclusivement usage de la voie intra-veineuse, la seule sur laquelle on puisse sérieusement compter.
Quand une malade entrait a.u service d’isolement, de deux choses l’une :
ou elle nous paraissait sérieusement infectée, ou elle ne semhlait atteinte que d’une infection peu grave, du moins pour le moment. Dans le premier cas,
Ces chiffres appellent 2 remarques : 1° ils sont, à peu de choses près, les mêmes -fjuc ceux qui traduisent la mortalité générale dans les cas sérieux d’infection puerpérale, si l'on admet qu’en pareil cas, une teinine sur 3 succombe ; 2“ ils sont exactement les mêmes que ceux obtenus par nous, en employant l’argent colloïdal. D’où, la légilimilé de cette double conclusion : d’une part, les colloïdes ne nous apparaissent pas comme une méthode thérapeutique très active, et de l’autre, peu importe l’espèce métallique à laquelle nous aurons recours.
Nature de l’infection. — Presque toujours, il s’agissait d’infection fiost-partum. Dans 3 cas seulement, nous avons eu à faire à des infections post-abortum ; sauf une fois, où l’infection sè localisa au niveau du bassin, les deux autres cas ont trait à des septicémies qui se terminèrent par la
Analyse des cas de mort. — Si nous essayons de nous rendre compte des causes d’échec du Rhodium, nous voyons que, sur les femmes qui ont succombé :
La P* présentait une septicémie avec ictère grave; deux injections do Rhodium, faites au cours des cinq derniers jours, n'ont pu en rien modifier les symptômes ;
La 2“ était une cardiaque, en très mauvais état général, qui présenta des phénomènes d’infection généralisée, s’accompagnant de manie, dès le 2" jour des couches ; elle succomba le 42' jour ;
La 3' fut prise de frissons répétés dès le lendemain de l’accouchement : maigre un abcès de fixation volumineux, des injections répétées de Rhodium et de sérum térébenthiné, la femme succomba le 23' jour des couches ;
La 4” présenta, à la suite d’un avortement criminel, de la pyohémie, avec présence de streptocoques dans le sang. Elle lut emportée au bout de IIG jours, par de la tuberculose pulmonaire généralisée ;
La 5' fut égaleirient infectée aux cours de manœuvres abortives ; elle succomba le 8' jour ; à l’autopsie, on trouva du pus en abondance, dans le bassin et dans la plèvre;
La 0' ne commença son infection que le 65' jour après l’accouchement ; l’état devint rapidement très grave, et elle succombait le 11' jour, A l’autopsie on trouva une péritonite généralisée que rien n’aurait pu faire soupçonner durant la vie ;
La T fut prise de septicémie d’emblée, débutant le surlendemain do l’accouchement; elle succomba le 10' jour; ii l’autopsie on trouva l’utérus farci d’abcès miliaires, et du pus dans le péritoine ;
La 8' présenta également une septicémie primitive ayant débuté le soir même de l’accouchement ; elle ne fut amenée à l’hôpital que le 5* jour ; le Rhodium lut fait dès le lendemain, mais la femme était alors au .plus mal, et deux heures après elle succombait.
Si nous laissons de côté ce dernier cas ((ui ne prouve rien, puisque nous n’avons pu agir que lors de l’agonie ; si on élimine également le cas 1 ayant trait il un ictère grave, et le cas 3 où la tcinme tut emportée par la tuberculose pulmonaire, il nous reste, en dernière analyse 5 cas où le Rhodium employé à temps, nous avait-il semblé, est resté nettement in'ipuissant- Des cas où te Bhoâium a paru agir. — Sur les 23 cas de guérison, il nous semble bien qu’il n’est pas logique de toujours attribuer l’heureux résultat à la médication colloïdale ; si en effet, dans 17 cas, nous avons vu les injections intra-veineuses provoquer de sensibles modifications de la courbe thermique et concourir manifestement à l’amélioration do l’état général ; dans G cas, par contre, ces memes injections n’étaient suivies d’aucun effet apparent. Agissaient-elles cependant? c’est possible, mais rien ne per-
des symptômes, il en est, habituellement, tout autrement. Dans la majorité des cas, cette injection est suivie par une série de phénomènes immédiats bien caractéristiques ; puis elle entraîne, par la suite, un chaneement d’allures, plus ou moins appréciable de la marche de l’infection.
Les principaux phénomènes que l’on peut observer sont : la production d’un frisson ; les modifications de la courbe thermique ; la modification de la formiule leucocytaire.
1” La production d'un Irisson. — Très souvent, dans les deux heures qui suivent l’injection intra-veineuse d’une solution colloïdale, la malade est prise d’un frisson plus ou moins violent, qui dure de quelques minutes il une demi-heure ; il est suivi d’une ascension momentanée du thermomètre a 40”, 40”,5, 41”, et même 42". Sur les 32 cas traités par le Rhodium nous avons noté 20 fois la production de ce phénomène soit dans la proportion
exposé à l'iiclion tles nij-ons ullra-violels (jiil. en légularisaiil le iiiouveiiienl
solution. Par celle inéltiode, on obtient dos grains d une extrême finesse, dont les plus petits ne dépassent pas un demi miero-nnlUmUlre alors que les grains des colloïdes préparés par la méthode de Brôdig s'élèvent à un diamètre de 20 à SO g ,et les colloïdes obtenus par la méthode chimique, à un diamètre de 50 à 100 j,., Ce progrès est appréciable ; il est cependant encore très loin d’être suffisant ; l’idéal serait, sans doute, d’atteindre jusqu’à la molécule même de métal : mais un grain de un demi g est encore 50 fois plus volumineux que cette molécule !
B. Il convient d’uUliser les doses les plus fortes possibles. — C’est là un corollaire de ce qui précède : il est de toute évidence que plus la dose est élevée, plus la surface d’adsorplion est étendue. Il serait inutile d’insister sur ce point, si jusqu'à présent, les cliniciens n’avaient pas tait usage de doses, à notre sens beaucoup trop faibles. Remarquons d’ailleurs, que les doses élevées semblent ne pas présenter plus d’inconvénient que les doses faibles. Il y aurait, du reste, à cet égard, un point intéressant à trancher ; on a dit et répété que l’avantage do la médication collo'idale était de ne présenter aucun danger. Ce n’est pas notre avis. Nous savons, pour l’avoir observé personncllemenl, ainsi que quelques aulrcs cliniciens, que les injeclions intra-veineuses de colloïdes peuvent être suivies d’hémorragies dont (|uelques-uncs ont élé mortelles. Sans nous attarder sur ce point, qui demande do nouvelles recherches, et que' nous nous réservons d’étudier, nous nous bornerons à remarquer ici que le seul cas d’hémorragie observée sur nos 32 observations ayant trait au Rhodium, se rapporte à une femme qui n’avait reçu que 3 centimètres cubes de solution colloïdale, au lieu de 10, 20, 30 et plus, comme tant d’autres qui n'en ont éprouvé aucun inconvénient,
C. Il convient de répéter fréqiiemmenl les infeclions de solutions colloïdales. — Ceci ressort, à la fois, et de ce que nous savons du mode d’action intime des colloïdes, et des phénomènes ob.sen'és en clinique. Il suffit, pour nous en tenir au fait le plus saillant, d’observer la courbe de la température relevée de 4 en 4 heures, pour voir combien rapidement le thermomètre s'élève à nouveau : ce n’est qu’en refaisanl, chaque jour, une injection que l’on arrive, peu à peu, à l’abaisser vers la normale.
Très souvent, on inlerrompl trop lôl ces injections ; dans 4 de nos observations il en fut ainsi, et force nous a été, au bout de 2 à 5 ou 0 jours, de iwenir à la médication colloïdale. Il faut donc ne jamais oublier combien l’action dos collo'ïdos est temporaire, momenlanée.
D. Il importe d'utiliser des solulions à grains aussi homogènes que possible. — Nous avons dit plus haut que les frissons qui suivent les injections intra-veineuses de colloïdes étaient dus, en partie du moins, à l’imparfaite
luimogonoiU; clos solulioiis : il ou csl, eu oficl, qui, auprès de grains uiiiicroseiipiqucs, eu coiiliciiiiciil d'aiilros doul le diaiiielre va juscpi’a un demi (les différences sont réduites au miniiiiiiiii dans les solutions préparées par la méthode Lancien. Ou est encore, du reste, très loin de la perfection a cet égard, puisque la soliilioii do Rhodium colloïdal conlienl peut-être plus de trente variétés de grains ! Du moins, la [iroporlioii des grains amicroscopiques y est-elle considérable.
.^jouions enfin que celle variété de colloïdes présente une slabililé qui doit leur laire donner la préférence eu clinique.