En l’honneur
de M. Ciiatin.
l’autre insoluble : la Valérine. Cette observation n’avait pas rencontré l’accueil qu’elle méritait et aucun ouvrage de Matière Médicale ne mentionnait ces deux alcaloïdes.
Au cours de recherches sur la nature du principe actif de la Valériane fraîche, nous avons été amenés à isoler ces alcaloïdes et à confirmer et compléter sur certains points le travail de Waliszewsky. La racine de Valériane contient bien deux alcaloïdes, l’un soluble et l’autre insoluble dans l’éther. La chatinine s’y trouve en plus grande abondance.
On obtient difficilement des sels cristallisables, toutefois le chlorhydrate de chatinine a pu être préparé; il fond à 115° au bloc Maquenne,mais commence à s’altérer vers 100°. Le picrate s’obtient très facilement,i il fond à 97°-98°.
La quantité d’alcaloïdes contenue dans la racine de Valériane est faible : il en existe environ 0 gr. 10 par kilogramme de racines fraîches.: Il y a trois parties de chatinine pour une de valérine.
L’action physiologique de ces bases est faible et l’effet thérapeutique de la Valériane ne doit pas devoir être rapporté aux alcaloïdes.
Sur la composition chimique des feuilles de Belladone (en collaboration avec M.A. Larsonneau). — Communication à la Société de Pharmacie,
12 niai 1921.
L’étude des méthodes de dosage des alcaloïdes dans l’extrait de Belladone entreprise avec M. Beausite nous avait fait soupçonner la présence d’alcaloïdes volatils dans cette Solanée.
Dans ce travail notre principale préoccupation fut donc la recherche et l’identification des bases volatiles qui pouvaient exister dans les ft feuilles d ’Atropa Belladona.
Nous avons d’abord constaté que les alcaloïdes fixes des feuilles sont constitués principalement par de 1 'hyoscyamine l accompagnée d'une faible proportion à'atropine. A côté de ces alcaloïdes fixes, nous avons rencontré des bases volatiles alcaloïdiques et non alcaloïdiques. Elles appartiennent à trois groupes chimiques très différents : bases pyridiques, bases pyrrolidiques, et diamines de la série grasse.
Gomme base pyridine du premier groupe, nous avons caractérisé la pyridine. Celle-ci peut être mise en évidence au moyen d’une réaction ; très sensible dont le principe est le suivant : la pyridine sé combine à l’aniline en présence du bromure de cyanogène pour donner une matière colorante rouge cristallisée fusible à 162°, le bromure d’oe anilidophényldihydropyridinium. Nous avons précisé les limites de sensibilité de cette réaction qui se produit encore pour des dilutions au 1 /400.000. Nous avons également constaté qu’elle est spécifique et ne donne rien en particulier avec les bases pyrroliques.
Les bases pyrrolidiques que nous avons pu identifier sont la N-methvlpyrroline et la N-méthylpyrrolidine. Nous avons séparé celles-ci al état de chloro-aurate par précipitation fractionnée au moyen de AuCl . Nos essais pour obtenir des dérivés nitrosés et avec ceux-ci la réaction de Liebermann furent tous négatifs; nous en avons conclu qu’il ne devait pas exister dans les feuilles de Belladone de bases possédant un H libre
à A côté des bases précédentes nous .avons rencontré des substances non alcaloïdiques, peu entraînables par l’éther et se retrouvant principalement dans les solutions aqueuses après leur épuisement par l’ether pour en extraire les alcaloïdes. Ces substances chauffées dans un tube à essai avec HCl dégagent des vapeurs colorant en rouge un copeau de sapin Elles appartiennent donc au groupe des diammes de la sérié grasse, dont les deux atomes d’azote sont fixés à deux atomes de carbone situés en 1-4 l’un par rapport à l’autre, de façon à donner des dérivés pyrroliques par cyclisation de la chaîne. ^
La difficulté d’en séparer toute trace d’ammoniaque, d’une part, et la facile décomposition de ces bases avec mise en liberté d’NH 3 , d autre part, nous ont rendu impossible l’identification de ces bases.
Au cours de ces recherches nous avons trouvé une méthode très sen sible permettant de caractériser l’NH* en présence d’amine (0,002 mil ligramme d’NH 4 Cl en présence de 0,10 de chlorhydrate d’amine). Pour faire cette recherche les sels préalablement desséchés sont dissous dans l’alcool absolu et traités par une solution récente d’acide oxalique dans l’alcool absolu. Si les bases renferment de l’NH 1 il se forme un précipité cristallin au bout d’un temps plus ou moins long suivant la quantité de sels ammoniacaux.
Observations sur la culture du bacille pyocyanique sur milieux artificiels définis (en collaboration avec M. A. Liot). C. R. Ac. Sc., 20 juin 1921.
Le bacille pyocyanique cultivé sur les milieux artificiels habituels donne une substance se comportant comme un alcaloïde, la pyocyanine. Sur les milieux artificiels définis à base de succinate d’ammoniaque, on obtient le même produit.
La propriété que possède le succinate d’ammoniaque de fermer sa chaîne pour donner la succinimide, et par réduction de ce corps un
CH s j-.CH* CH*r--,CH* CH»,-jCH»
COONH‘1 'COONH 4 Col JcO CH'i^JcH»
NH NH
dérivé pyrrolidique, nous avait fait entrevoir la possibilité de démontrer* le mode de formation d’un alcaloïde par une cellule végétale.
Nos essais nous ont prouvé que le B. pyocyanique pouvait se développer facilement en l’absence de sels minéraux et de matières sucrées® L’ensemencement sur gélose simple <ou même sur l’eau distillée additionnée seulement de 0 gr. 05 de succinate pour 10 cm 8 permet d’obtenir,* en deux, au maximum trois jours, des cultures peu abondantes mais; , communiquant aux milieux une coloration bleue très franche. Les , ensemencements faits comparativement sur gélose additionnée de phosphate disodique, de sulfate de magnésie, et de succinate (milieu*? Gessard) donnent au contraire en vingt-quatre heures des cultures assez 3 abondantes avec production d’une matière colorante verte.
Si l’on remplace le succinate par les sels ammoniacaux neutres des acides bibasiques homologues : malonique, glutarique, sébacique, subérique, les résultats sont identiques à ceux observés avec l’acide succi-H nique.
Les sels ammoniacaux des acides bibasiques à fonction éthylénique® se comportent un peu différemment.
Les sels neutres des acides, fumarique, mésaconique {méthylfuma-M rique ), itaconique [méthylène succinique ), donnent naissance à la pyo- S cyanine avec coloration bleue ou verte suivant que le milieu renferme ou non du phosphate disodique et du sulfate de magnésie.
Les sels des acides maléique et citraconique (méthylmaléique), malgré; le développement du bacille, ne donnent pas lieu à la production dè
CH* — COOH
CH 3 — COOH
pigment sur le milieu gélosé minéralisé.
CH — COOH CH —COOH
Ac. maléique.
CH — COOH CH — COOH
Ac. fumarique.
CH 3 — C — COOH HC — COOH
Ac. citraconique.
(Méthylmaléique).
CH 3 —C —COOH COOH — E — H
Ac. mésaconique.
(Méthylfumarique).
CH* = C — COOH CH 3 —COOH
Ac. itaconique.
(Méthylène succinique).
Ce fait est intéressant à signaler, car les acides maléique et citraconique sont des isomères cis, et les acides fumarique et mésaconique' des isomères trans. Il y a là une curieuse aptitude du microbe pour le choix de ses aliments.
Nous poursuivons ces recherches sur la culture du bacille pyocyanique en présence des sels ammoniacaux neutres.
PHARMACOLOGIE
Stabilisation des végétaux.
Conservation et stérilisation de.; noirs de Kola Mcl.es ooll.bor.don
avec M. Arnould). — Bull. Sc. Pharm., 14, p. 159-161, 1907.
La stérilisation des plantes médicinales dans ses leur
activité thérapeutique (en collaboration avec M. le P Perrot). .
Je de Méd., 62, p. 97, 1909. Rapport de M. le P r Guignard; Bull. Sc. Pharm., 16, p. 38L390, 1909.
1909. Bull. Gén. Thérap., 158, p. 906-911, 1909.
La Stabilisation des végétaux. Ses conséquences. Son avenir. -
Prisse médicale, p. 542-543, 2 juillet 1913. Pharmacie française, 17, p. 385-390, 1913.
Au cours des recherches sur la Kola, mes expériences furent constamment entravées par la difficulté de se procurer les noix fraîches au moment voulu. J’avais bien essayé de conserver les graines dans une atmosphère confinée, méthode insuffisante, car elle n’assurait qu’une conservation de deux mois, alors que les arrivages de la côte africaine étaient bisannuels. .
D’autre part, sur ces noix contenant 50 à 60 •/. d’eau de végétation, le traitement à l’alcool bouillant ou à l’acétone (liquides miscibles à l’eau) s’imposait. Les essais d’extraction devaient donc se faire obligatoirement sur un extrait alcoolique ou acétonique et cependant il eût été préférable d’employer directement l’éther, le chloroforme ou l’éther de pétrole*
comme agents de dissolution des principes à isoler.
Pour obtenir la destruction des ferments, cause de l’altération des
noix, j’ai fait agir la vapeur d’eau sous légère pression pendant un temps très court. Les noix ainsi traitées conservent la même composition chimique que la noix fraîche. On peut les sécher à l’air libre ou à l’étuve, les noix blanches gardent leur couleur, les noix rougei* deviennent violettes.
Les poudres ainsi obtenues ont toujours la même composition et les essais fournissent des résultats toujours comparables. D’autre part, séchées, elles se prêtent admirablement aux traitements par les solvant» les plus divers.
Frappé de ces avantages, j’ai entrepris avec M. le P' Perrot toute une série de recherches comparables sur les plantes les plus diverses et sur les différents organes de ces plantes.
Pour les tissus plus délicats que ceux des graines, des racines ou des écorces, nous avons eu recours aux vapeurs d’alcool comme agent stérilisant, celui-ci étant le solvant volatil le moins coûteux. En stéri-® lisant des feuilles de Digitale à l’autoclave par les vapeurs d’alcool, nous obtenions des feuilles qui conservaient leur aspect, leur couleur, leur I souplesse, leur saveur, leur odeur. La plante était stabilisée. Ces feuilles. I donnaient une poudre inaltérable de belle couleur verte, avec laquelle on i pouvait préparer toutes les formes pharmaceutiques courantes : pilules,* I teintures, extraits, macération, infusion, etc. Aux préparations courantes^! I de la Digitale sèche venait donc s’ajouter toute une série parallèle de préparations faites avec la Digitale stabilisée possédant les mêmes I propriétés que la Digitale fraîche.
Lorsque nous avons voulu préparer l’extrait mou de feuilles stabilisées ,.9 I nous avons remarqué plusieurs inconvénients.
La stabilisation, en détruisant tous les ferments, s’oppose à l’oxydation , I de la chlorophylle qui se dissout alors très facilement dans l’alcool et I qu’on retrouve en grande quantité dans l’extrait. D’autre part, il est peu. I rationnel de soumettre à la chaleur des préparations dont la matière première a été traitée avec tant de précaution. Nous avons donc cherché I à perfectionner notre mode de préparation. Par évaporation de la j colaturè à froid, dans le vide, jusqu’à concentration convenable, on I
obtient un extrait auquel on enlève la chlorophylle par un lavage à l’éther anhydre.
Le même traitement a été appliqué à d’autres végétaux.
Aux extraits ainsi préparés, nous avons donné le nom à’Extraits I
physiologiques végétaux.
La stabilisation nous a donc conduit logiquement à cette préparation I •d’extraits.
Cette méthode peut-elle être généralisée et doit-on toujours recourir à H] la stabilisation, préalablement à tout autre traitement pharmaceutique?*]
Nous ne voudrions pas être aussi absolus. Pour chacune des plantes médicinales, il faut faire des essais comparatifs entre la plante stabilisée et la plante séchée et l'on ne retiendra que les préparations pour lesquelles il est avantageux d’avoir recours à la stabilisation. C’est un inventaire qui est long à établir, car il ne peut se baser uniquement sur les méthodes d’essais chimiques, la pharmacodynamie, la thérapeutique et la clinique'devant également apporter les résultats de leur observation et de leur comparaison. Mais il n’est pas douteux, et l’expérience la déjà montré, que pour certaines drogues, les préparations faites après stabilisation sont avantageuses, soit en raison d’une activité plus grande des formes obtenues, soit en raison d’une modalité spéciale de leur action, comparée à celle des formes préparées dans les conditions ordinaires! En tout cas, il faut aussi remarquer l’important progrès réalisé par ce fait que .poudres stabilisées et préparations qui en dérivent se conservent sans altération ultérieure et que leur activité pharmacodynamique demeure constante.
Méthodes d’analyse des produits galéniques.
A propos de l’extrait de noix vomique et de l’unification des méthodes d’analyse (en collaboration avec M. Wirth). Bull. Sc. Pharm., 17, p. 515-520, 1910; Congrès international de Pharmaeie, de Bruxelles, p. 111-116, 1910.
Sur les préparations des Strychnées du nouveau Codex. — Bull. Sc. Pharm., 17, p. 664-666, 1910.
A propos du dosage de l’extrait éthéré de Fougère mâle et de l’unification des méthodes d’analyse (en collaboration avec M. M. Voisin). — Bull. Sc. Pharm., 19, p. 705-710, 1912.
Sur les préparations d’Aconit du nouveau Codex (en collaboration avec M. le P r Perrot). — Bull. Sc. Pharm., 15, p. 584-588, 1908.
A propos du dosage de l’extrait de Belladone et de l’unification des méthodes d’analyse (en collaboration avec M. Beausite). — Bull. Sc. Pharm., 26, p. 53-59, 1919.
Lorsque, pour la, dosage d’un même principe, on emploie comparativement les procédés de diverses pharmacopées, on obtient souvent des résultats nettement différents. Les progrès réalisés par l’adoption de formules internationales pour certains médicaments sont encore insuffisants et doivent être complétés par une unification analogue de leurs méthodes de dosage. Cette unification est désirable tant au point de vue thérapeutique qu’au point de vue commercial. J’ai eu l’occasion d étudier
comparativement ou de proposer quelques-unes des méthodes de dosages employées actuellement.
Il en est ainsi pour le dosage des préparations de Strychnées. Entre ■les résultats du dosage par le procédé français (volumétrique) et ceux du dosage par le procédé belge (pondéral), les divergences peuvent ■atteindre 8 à 10 °/ 0 .
Les résultats deviendraient concordants si dans le procédé français^ on augmentait de 7 à 8 °/ 0 le coefficient adopté pour poids moléculaire) moyen des alcaloïdes; ou alors, il faut admettre qu’il existe à côté de la strychnine et de la brucine, un troisième alcaloïde de poids moléculair®, plus élevé que celui de la, brucine. C’est à ces conclusions que nous arrivions en 1910. Plus tard, ce troisième alcaloïde dont nous soupçonnions l’existence, a été découvert par Schoefer et décrit, encore incomplète! ment d’ailleurs, sous le nom de Struxine.
L’extrait éthéré de Fougère mâle est employé efficacement contre la distomatose du mouton. En Grèce, on en fait particulièrement une énorme consommation. Un extrait, pour être efficace, doit renferme» d’après les essais des professeurs d’Alfort 15 °/ 0 environ de filicine§ I celle-ci étant dosée par la méthode de Schmidt. Or, la pharmacopée! I helvétique fixe le titre en filicine à 25-26 °/,. Sur les marchés extérieurs,), I l’extrait français à 15 0 / o paraîtra bien inférieur au produit suisse. J’ai montré que l’énorme différence constatée tient à une défectuosité du procédé suisse, j’ai, en outre, montré les raisons de cette défectuosité eS corrigé la technique en conséquence. On peut admettre qu’un extrait accusant 26 % par U méthode suisse donnera par la méthode que j’ai proposée un pourcentage de 20 °/ 0 environ.
On retrouve un fait comparable au précédent lorsqu’on titre un extraif de Belladone, d’une part, d’après la méthode du Codex français, d’autre part, d’après la méthode de la Pharmacopée anglaise. Tous deux sont des procédés volumétriques, mais tandis que le procédé français déplace les alcaloïdes par le carbonate de soude, le procédé anglais les déplace par l’ammoniaque. Il en résulte que dans ce cas on doit chasser les dernières: I traces d’ammoniaque par un séjour à l’étuve; lorsque, après cette opéra- I tion, on titre volumétriquêmènt les alcaloïdes, on trouve, un chiffre infé4 I rieur de 8 à 15 % à celui que donne le procédé français. ,
Cette différence est fâcheuse; notre pays exporte de la Belladone en! Angleterre où la drogue est vendue sur nos titres alcaloïdiques et des contestations sont possibles. Avec M. Beàüsite, j’ai montré comment!' s’expliquaient les divergences observées et j’ai supposé à la suite de ces observations que la Belladone renfermait une certaine proportion de
bases volatHes qui disparaissent avec l’ammoniaque pendant la dessiccation à l’étuve. Plus tard, avec M. Larsonneau, j’ai réussi à isoler ces bases volatiles qui appartiennent aux groupes de la pyridine, delà pyrrolidine, de la pyrroline et des amines grasses.
On voit par les trois exemples précédents qu’une étude comparée des diverses méthodes de titrage des préparations galéniques s’impose. L’étude du dosage des préparations de Strychnées et surtout de la Belladone montre que ces études peuvent conduire à des résultats très importants concernant la composition chimique des drogues.
Recherches sur le sirop iodotannique.
Dosage de l’iode dans le sirop iodotannique (en collaboration avec M. Wirth). — Bull. Sc. Pharm,, 19, p. 198-202, 1912.
Sur l’état de l’iode dans le sirop iodotannique. — Bull. Sc. Pharm., 19, p. 202-209, 1912.
Sur l’état de l’iode dans le sirop iodotannique (réponse à M. Courtot). — Journ. Pharm. et Chim. (7® sér.), 6, p. 398-400, 1912.
Sur le sirop iodotannique (dernière réponse à M. Courtot). — Journ. Pharm. et Chim. (7° sér.), 8, p. 209-215, 1913.
Sur la préparation des solutions iodotanniques à base d’extraits végétaux. Bull. Sc. Pharm., 26, p. 305-312, 1919.
La méthode de dosage de l’iode dans les solutions iodotanniques que nous avons établie avec M. Wirth est maintenant couramment employée dans les laboratoires d’analyse. Le tanin est complètement précipité par deux défécations successives, la première par addition d’oxyde de zinc, la seconde par formation, au sein de la liqueur déféquée, d’un second précipité gélatineux d’oxyde de zinc. L’iode est dosé à l’état d’iodure par la méthode au sulfocyanate ou par pesée, ou même les deux à la fois, lorsqu’il s’agit de solutions iodotanniques à base d’extraits végétaux qui renferment souvent des chlorures.
A la suite de ces recherches sur le dosage des solutions iodotanniques, nous avons étudié la composition du sirop iodotannique et l’état de l’iode dans cette préparation pharmaceutique. Le sirop iodotannique contient du saccharose, du sucre interverti, du tanin non attaqué, de l’acide galliqiie, d’autres substances tanniques solubles dans l’éther en le colorant fortement et qui proviennent de l’oxydation du tanin. Tout l’iode se trouve à l’état d’acide iodhydrique. Nous avons enfin démontré la non-existence de l’iodotanin au cours d’une série d’expériences entreprises pour réfuter les arguments de M. Courtot.
Recherche de la colophane dans le baume de Tolu (en collaboration avec M. le P r Perrot). — Bull Sc. Pharm., 15, p. 636, 1908.
Méthode rapide, pour rechercher de petites quantités de colophane ■ dans le baume de Tolu, basée sur la différence de solubilité de ces produits résineux dans le sulfure de carbone. L’extrait sülfo-carbonique évaporé est repris par l’éther de pétrole sur lequel on fait la réaction à l’acétate de cuivre. On peut ainsi déceler 1 à 2 »/„ de colophane dans le baume de Tolu.
Analyse d’une Scammonée naturelle (en collaboration avec M. G. Fmteaux). — Bull. Sc. Pharm., 17, p. 15-16, 1910.
Examen d’une Scammonée naturelle authentique qui nous a permis de constater que le pouvoir rotatoire de la résine soluble dans l’éther était de a D = —24°26. Cette analyse confirme l’opinion de M. GuiGUEij qui prétend que la résine de Scammonée naturelle a un pouvoir rotatoire variant de — 18°30 à —25” sans jamais dépasser ce chiffre.
Récolte et culture des plantes médicinales.
Récolte et culture des plantes médicinales. Bull. Se. Pharm., 24, p. 56-61,-1917.
Cet article est un plaidoyer en faveur de la culture des plantes médicinales annexée à une autre industrie -ou à une profession. J’ai montré tout l’intérêt pratique qui s’attache à cette culture, et le progrès qui en peut résulter. La récolte et la dessiccation, se faisant par les soins du pharmacien ou de l’industriel, ne seront plus laissées à la bonne volonté, à la cupidité ou à l’incompétence de récolteurs non surveillés. La qualité des produits fabriqués s’en ressentira pour le plus grand bénéfice de la thérapeutique galénique. Ce progrès s’impose d’autant plus qui s’accorde avec l’intérêt matériel de l’industriel qui trouvera dans, la plante cultivée de meilleurs rendements, de sorte que si le bénéfice n’est pas immédiat à la ferme, il.le deviendra à l’usine de transformation.
La culture des plantes médicinales que des raisons d’ordre pratique, économique, et de progrès, nous incitent à préconiser, permettra d’envisager d’importants problèmes scientifiques; les pharmaciens qui ont quelques loisirs pourront facilement les aborder. La variation, quantitative, la migration journalière ou saisonnière des. principes, actifs, leur augmentation sous l’action des engrais, .du terrain, de la
sélection des espèces sont autant de questions longues à résoudre, et d’un intérêt biologique en même temps que pratique, évident. C’est là tout un chapitre nouveau de la pharmacologie, àpeine effleuré en France, mais qu’il est nécessaire de développer.
Préparation et stérilisation du Catgut.
Sur la préparation du Catgut. — Bull. Ac. Méct. (3), 75, p. 168-172, 1916.
Préparation du Catgut. — Ann. Inst. Pasteur, 30, p. 5-33, 1916; Bull. Sc. Pharm., 23, p. 67-81, 141-151, 1916.
Histoire de la corde de boyau. — Ann. Inst. Pasteur, 30, p. 691-707, 1916.
Préparation de la corde à Catgut. — Ann. Inst. Pasteur, 30, p. 707-738, 1916; Bull. Sc. Pharm., 24, p. 80-81, 141-154, 1917.
Un conseil à propos du Catgut. — La Presse Médicale, p. 50, 1918.
Sur la résorption du Catgut (en collaboration avec M. P. Rolland). — Ann. Inst. Pasteur, 31, p. 269-277, 1917.
Chargé par le Service de Santé de l’Armée de la vérification des livraisons de Catguts et de fils à ligature, j’ai dû étudier la fabrication de cet important matériel chirurgical. Pour en suivre la fabrication dès le début, il a fallu pendant des semaines fréquenter les abattoirs et les ateliers de bôyauderie, puis, aidé d’une ouvrière. spécialiste, étudier au laboratoire les différentes manipulations par lesquelles se prépare la corde.
L’étude a montré que, contrairement à ce que l’on trouve dans tous les ouvrages classiques, "le catgut n’est pas préparé avec la tunique musculeuse de l’intestin, mais bien au contraire avec la tunique celluleuse, encore appelée sous-muqueuse. La musculeuse est éliminée avec grand soin, et sous le nom de filandre sert à d’autres usages.
J’ai demandé et obtenu la suppression de la macération que les boyaudiers faisaient subir aux intestins avant de les travailler. Cette manipulation préalable est néfaste, car les boyaux, plongés dans un véritable bouillon de culture, s’infectent jusque dans leur profondeur et il devient impossible de stériliser les cordes faites avec de semblables matériaux.
J ai ensuite donné des indications sur la préparation de cordes spéciales à résorption lente ou retardée et'j’ai réussi à convaincre les boyaudiers que la corde à catgut demande une fabrication spéciale différente de celle de la corde musicale.
Abordant ensuite les méthodes de stérilisation, j’ai montré que pour
obtenir un catgut stérile toutes les méthodes préconisées sont suffi;, santés, si l’on opère avec des cordes non infectées dans leur profondeur; tandis que dans le cas contraire toutes sont inefficaces.
Ceci explique pourquoi la stérilisation du catgut a donné lieu ; jusqu’ici à tant d’essais et de discussions.
Les spores ne peuvent être tuées que par un chauffage à U5°-120° en milieu aqueux, ou à 170°-180° en chaleur sèche. La première opération n'est pas réalisable avec le catgut; d'autre part, le chauffage à 170°-180° dans un liquide anhydre ou sa vapeur est préjudiciable à la solidité du catgut.
Une des méthodes qui offre le plus de garanties consiste à stériliser lé|i catgut au moyen d’une solution d’iode au 1/100 dans 1 alcool à 30° en présence d’iodure de potassium, par simple contact, pendant vingtquatre heures à l’étuve à 37°. En suivant ce conseil, les chirurgiens» privés de tout approvisionnement peuvent utiliser les cordes non' employées au cours d’une opération.
La vérification de la stérilisation se fait très facilement d’après une technique que nous avons établie peu à peu, et vérifiée sur plus de 10.000 échantillons de provenances différentes.
Avec la collaboration d’un de mes anciens internes, M. Rolland, chef de laboratoire du professeur Cunéo, j’ai en outre étudié la résorption du catgut. Nous avons montré que celle-ci dépend surtout de la qualité physique de la corde et secondairement des substances chi-S miques qui l’imprègnent.
En somme, il est facile de livrer au chirurgien le catgut stérile,,# solide et souple, qu’il désire; mais il est indispensable pour cela de sur- / veiller la fabrication de la corde et de contrôler la stérilisation qu’on lui fait subir, en ensemençant des tubes de bouillon glucosé avec les catguts préparés,
Pour obtenir ce résultat, que l’on peut considérer comme définitif, il' était nécessaire, comme je l’ai fait, d’envisager la préparation du catgut dans toutes ses phases et non pas la stérilisation indépendamment de toute manipulation antérieure.
Extraits fluides et Sirops (en collaboration avec M. Arnould). — Bull. Sc.
Pharm., 17, p. 697-707, 1910.
La préparation des sirops au moyen d’extraits fluides a soulevé d’ardentes polémiques. C’est pourquoi nous avons volontairement abandonné celte étude, bien que nous puissions donner de nouvelle^® formules d’extraits fluides pour sirops comme nous l’avons fait pour celui d’écorce d’orange amère.
Le problème doit cependant se poser, car sans cela tout progrès dans
l’art pharmaceutique deviendrait impossible.
Les mêmes discussions ont eu lieu il y a trente à trente-cinq ans pour lés extraits fluides dits américains, et en 1888, Îîourgoin, dans son Traité de Pharmacie, les excluait, sans même vouloir discuter de leurs inconvénients. « Quant aux extraits fluides je n’en dirai rien, si ce n’est qu’ils doivent être proscrits des officines. » Dix ans plus tard, les extraits fluides étaient inscrits au Codex.
On ne peut repousser ces extraits fluides en affirmant qu’ils donneraient des produits inactifs, ou différents des produits habituels, ce qu’il faudrait démontrer. ,
Avant d’adopter une formule nouvelle, il est utile qu’elle soit discutée ^t envisagée, sous toutes ses formes par le corps pharmaceutique, qui dira si la modification est profitable. L’emploi des extraits fluides, à tort ou à raison, est entré dans la pratique pharmaceutique. Le pharmacien ne prépare le plus souvent dans son officine que les sirops d un usage courant. Il se rend compte de tous les avantages, en regard d’inconvénients bien minimes, qu’offre la préparation extemporanée des sirops à l’aide des extraits fluides ; il préfère cette méthode à celle que l’on désigne parfois sous le nom bizarre de « rhabillage » des sirops.
Les extraits fluides que nous avions préparés et dont nous voulions proposer les formules ne s’écartaient en rien du mode opératoire des sirops du Codex : c’est ainsi que pour le sirop d’écorce d’orange amère l’infusion était distillée dans le vide pour recueillir un liquide aromatique et la colature renfermant les principes extractifs en dissolution dans l’eau, était amenée aune concentration déterminée. Le mélange des deux liquides constituait l’extrait fluide. Toute la modification consistait donc à soustraire l’eau de la colature au lieu d’y faire dissoudre instantanément le sucre et de reporter cette opération au moment opportun.
L’outillage pharmaceutique actuel permet de semblables manipulations sans nuire en rien au principe actif.
Sans invoquer l’exemple des pharmacopées étrangères (belge, anglaise, américaine) nous ferons remarquer que le Codex lui-même est entré dans cette voie pour certains sirops d’emploi' courant comme les sirops d’ipéca, d’opium, de ratanhia, de style de maïs, de valériane et même jusqu’à un certain point pour le sirop de quinquina.
Le P r Astkuc reconnaît que la préparation des sirops simples ou complexes très altérables, ou très peu employés, gagnerait le plus souvent à être faite avec un extrait fluide convenablement obtenu (sirops de polygala, fumeterre, rhubarbe composé, Desessartz).
Nous n’avons jamais voulu autre chose et nous pensons qu’il est préférable d’établir pour ces sirops d’emploi peu fréquent, des formules
officinales d’extraits fluides plutôt que de tolérer leur préparation avec des extraits ou des teintures de formules variables et non. contrôlées® Ajoutons qu’il serait d’ailleurs beaucoup plus facile de vérifier la qualité d’un extrait fluide que celle d’un sirop reconnaissable le plus souvent ■’ à des caractères de saveur, d’odeur et d’analyse difficiles.
Etude d’un dépôt dans une teinture d'écorce d’orange amère (en
collaboration avec M. G. Flûteaux). — Bull. Sc. Pharm., 16, p. 103 -106,
La teinture d’écorce d’orange amère faite avec de l’alcool à 60° laisse déposer à la longue des cristaux d’hespéridine et d’iso-hespéridine mêlés d’un produit à pouvoir rotatoire lévogyre plus élevé que celui de ces deux glucosides.
Il faut donc, ainsi que cela est inscrit au Codex et contrairement à ce que l’on trouve dans d’autres pharmacopées, préparer cette teinture ; avec l’alcool à 80°.
Essais sur la composition chimique des eaux distillées (en collaboration avec M. Vischniac). — Bull. Sc. Pharm., 22, p. 65-67, 1915.
Les indications concernant la composition chimique des eaux distillées sont extrêmement rares et M. Juillet, dans son livre sur les eaux distillées, n’a pu que constater cette pénurie de renseignements. Nous avions entrepris de faire une étude approfondie de la composition des eaux distillées, étude que la guerre a interrompue. Ce sont les premiers résultats que nous avons publiés avec M. Vischniac. Ils montrent combien la composition de l’essence dissoute s’éloigne notablement de celle des essences surnageantes.
Deux eaux distillées (Thym, Cannelle) ont fait l’objet de ces premières recherches, les matériaux recueillis pour l’examen d’autres eaux distillées n’ayant pu être utilisés.
La lixiviation. — Bull. Sc. Pharm., 26, p. 465-481, 1919.
L’étude de la lixiviation, méthode de dissolution souvent préférable à la macération et à la décoction, ne doit pas être abordée d’un point de vue émpirique. Cette méthode repose sur des données scientifiques que nous avons fait ressortir. Nous avons examiné avec soin la théorie de la lixiviation, ses avantages, les conditions de son mode opératoire, ses applications à l’art pharmaceutique.
C’est une revue dans laquelle nous avons dévelappé nos conceptions
phénomènes physiques de la lixiviation, l’étude de ses conditions matérielles et pratiques. ,
mode de dissolution et complété, par l’exposé des
Sur la nature des alcaloïdes contenus dans l’extrait de Belladone
(en collaboration avec M. P. Costy). Communication à la Société de Pharmacie, 1 er juin 1921.
Nous avions pu vérifier, avec M. Larsonneau, que l’alcaloïde de la Belladone est surtout 1 ’hyoscyamine l et que Y atropine ne s y trouve
• qu’en faible proportion. ,
Les expériences de physiologie prouvent que l’hyoscyamine est deux fois plus active que l’atropine. Il était donc intéressant de connaître sous quel état l’alcaloïde se trouvait dans l’extrait de Belladone. On admet généralement qu’un poids déterminé d’extrait de Belladone est plus actif que ne le serait la quantité d’atropine qu’il est supposé contenir. Si cet alcaloïde était à l’état d’hyoscyamine la différence d’action constatée se trouverait expliquée très naturellement.