‹ Titres et travaux scientifiques de Albert Goris (volume 2)Chapitre 4 sur 14 · A. — ANATOMIE · texte numérisé non relu

A. — ANATOMIE

De la structure des Aconits et de son utilisation pour la détermination spécifique des Aconits de l’Inde. — Bull. Sc. Pharm., 3, p. 103-123, 1901.

Les Aconits de l’Inde sont les plus réputés pour leur toxicité et l’un d’entre eux, le Bish, sert à la préparation de la pseudo-aconitine, plus active que l’aconitine. Le Bish est un mélange de diverses espèces de racines d’Aconit. Sous des noms vernaculaires, les régions himalayennes nous fournissent également d’autres racines d’Aconit dont l’origine botanique commence à être bien connue depuis les travaux de P. Brühl, mais dont la détermination à l’état de racines n’est pas toujours aisée par les seuls caractères extérieurs.

L’anatomie devait dans ce cas nous fournir quelques indications, mais nous avons bientôt reconnu que la structure de ces racines ne ressemblait nullement à celle des Aconits de nos pays et qu’il était indispensable de reprendre l’étude anatomique du genre Aconitum avant d’aborder la détermination des produits commerciaux de 1 Inde et du nord de la Chine.

La structure anatomique de l’extrémité d’un tubercule est toujours celle d’une racine primaire; elle est modifiée dans la partie renflée par des phénomènes de tuberculisation provoquant un fonctionnement par- ’ ticulier du cambium variable avec les différentes espèces.

Nous avons été ainsi amenés à constater qu’il y avait de grandes

anomalies dans la structure des racines d’Aconit et que l’on pouvait établir cinq types différents : Napellus, Anthora , uhcinatum, atrox, Lycoctonum.

Type Napellus. — Dans ce groupe, le cambium affecte la forme, d’une ligne sinueuse, étoilée, mais .toujours, continue. C’est l’aspect

A. Napellus L.

classique qui est reproduit dans tous les Traités de Matière médicale.

Type Anthora. — La section faite dans la partie médiane d'un tubercule de remplacement montre 5 à 7 groupes libéro-ligneux dans

A. Anthora L.

un tissu parenchymateux homogène. Cette disposition est éncore plus caractéristique dans les tubercules florifères, car les groupes sont^ séparés par des lacunes provenant de la destruction des tissus paren-

chymateux avoisinants. Ces divers groupes restent toutefois assemblés par l’endoderme et le parenchyme cortical demeurés intacts et formant

autour d’eux une sorte de manchon.

Cette anomalie de structure est facile à expliquer si l’on en suit le développement. Vers la pointe du tubercule on trouve une structure normale analogue à celle de VA. Napellus L. Lorsque l’on observe des coupes à des niveaux de plus en plus élevés, on voit le cambium se fragmenter en autant de parties qu’il y a de faisceaux libéro-ligneux. Chacun de ces amas s’entoure d’une assise génératrice et l’on a ainsi 7 à 8 petits cylindres centraux isolés au sein du parenchyme fondamental, lequel se détruira par la suite dans le tubercule portant la hampe florale.

Le type Anthora est donc caractérisé par un cambium disjoint dont la fragmentation produit un certain nombre de cylindres libéro-ligneuX plongés dans un parenchyme conjonctif intact ou en voie de disparition suivant l’âge des tubercules.

Type uncinatum. — Dans les racines de ce groupe, le cambium est primitivement étoilé, mais fortement sinueux, rappelant avec exagéra¬

it. uncinatum L.

tion la structure de VA. Napellus L. Puis au cours de la tuberculisation, les sinuosités de la ligne cambiale s’accentuent. Les proéminences ainsi formées s’étranglent et donnent naissance à des cordons libéro-ligneux qui se rapprochent de la périphérie et forment un cercle de petits cylindres centraux extérieurs au cylindre central primitif dont la ligne cambiale demeure plus ou moins sinueuse.

Le type uncinatum est donc caractérisé par un cambium continu et des cordons libéro-ligneux isolés émanant de la ligne cambiale primitive.

Type atrox. — Une coupe transversale de la région moyenne du tubercule laisse voir une structure qui rappelle en tous points celle de VA. Anthora L., mais dont le processus est différent.

A l’extrémité on trouve la structure type de VA. Napellus, puis bientôt apparaît un arc cambial surnuméraire dans la moelle (c. *.). Cet arc

cambial continue à s’accroître et forme bientôt une ligne continue, con. centrique au cambium normal, (c). Ces deux lignes ca mbiales se rapprochent l’une de l’autre dans les intervalles des faisceaux ligneux, finissent par se rejoindre et isolent un cordon libéro-ligneux qui devient indépendant. Ce processus se répète autour de chaque amas ligneux de sorte que la structure finale rappelle beaucoup celle de VA. Anthora L. Cette analogie n’est que superficielle, car le mode de formation est entièrement .distinct.

Le type atrox est donc caractérisé par un cambium disjoint, mais pro-

A. atroæ P. Br.

venant de l’apparition d’un cambium surnuméraire d’origine médullaire qui se réunit au cambium normal autour de chaque faisceau ligneux. ; «

Type Lycectonum. — La racine de VA. Lycoctonum ne ressemble en rien aux précédentes et se rapproche beaucoup plus de celle des Delphinium. Bâillon avait d’ailleurs rangé VA. Lycocionum L. et les espèces voisines dans le genre Delphinium.

Cette racine est d’apparence fibreuse. Elle est composée de cordons séparés sur une certaine longueur, se réunissant un peu plus loin pour , se séparer à nouveau, mais ces deux cordons sont entièrement con-

crescents aux deux extrémités caulinaire et radiculaire. Les schémas ci-dessous expliquent le processus de cette structure anormale.

La racine jeune présente à l’extrémité une structure comparable à celle de VA. Napellus L. avec une ligne cambiale presque circulaire ou peu sinueuse. A une petite distance de la pointe apparaît, à la périphérie de la moelle, une assise subéreuse. Sur une section faite un peu plus haut, on trouve une assise analogue dans le parenchyme libérien. On a ainsi deux zones concentriques de suber (s). Les tissus qui se trouvent en deçà

A. Lycoctonum L.

et au delà de ces tissus subérifiés, privés de substances nutritives, se , détruisent, de sorte que si les modifications restaient en .cet état on . aurait un tubercule creux constitué uniquement par du parenchyme libérien et par du parenchyme ligneux avec les faisceaux du bois. Mais les deux assises subérifiées forment, entre les intervalles des faisceaux ligneux, des étranglements qui finissent par se réunir en délimitant un certain nombre de cordons; ceux-ci se sépa'rent alors les uns des autres par destruction des tissus situés en dehors des assises subérifiées. Ce . sont ces çqrdons qui donnent un aspect fibreux à la racine à’A. Lycoctonum L.

Le type Lycoctonum est donc caractérisé par un cambium disjoint résultant de l’apparition de deux assises subérifiées dans les paren-

chymes libérien et médullaire qui se rejoignent entre les faisceaux, ligneux et isolent des cordons libéro-ligneux complètement séparés par destruction des tissus avoisinants.

La connaissance de la structure anatomique des tubercules d’Aconit nous permet alors d’envisager avec plus de facilité la détermination des produits commerciaux de l’Inde.

Le Bish est un mélange d’d. ferox Wall. var. laciniatum P. Br., à’A. ferox Wall. var. spicatum P. Br. et A. ferox Wall. var. crassicaule P. Br. ; toutes ces racines sont du type Napellus.

Les produits désignés sous les noms de Bish, Black bachnag, Kalahut, et qui souvent subissent des traitements spéciaux dans le pays d’origine, doivent être rapportés à VA. ferox Wall. var. atrox P. Br.

Les caractères systématiques de cette plante sont si différents des autres plantes rangées dans l’espèce A. ferox que P. Brühl s’est demandé s’il ne devait pas en faire une entité spécifique particulière* L’anatomie est venue confirmer ses vues et VA. ferox var. atrox doit, former une espèce particulière.

L ’Ates doit être rapportée à VA. heterophyllum Wall, du type, Anthora-, il en est de même du Bishma produit par VA. palmatum Don. Quant au Nirbishi, qui, d’après \yatt, avait pour origine VA. palmatum, c’est un nom générique qui désigne des produits dont quelques-uns n’appartiennént pas au genre Aconiturn.

Structure de la racine de Scorodosma fœtidum Bunge. — Journ. Pharm.

. Chim. (6 e série), 13, p. 549-555, 1901.

L’Asafœtida est produit par deux plantes de la famille des Ombelli-‘| fères : 1° le Narthex Asa fœtida Falc. ( Ferula Narthex Bois. Peucedanum Asa fœtida H. Bn.); 2° le Scorodosma fœtidum Bunge ( Ferula Asa fœtidah. , Asa fœtida disgunensis Kaempfer, Peucedanum fœtidum H. Bn.).

La racine de Narthex possède une structure régulière ; il n’en est pas de même’de celle du Scorodosma. Au cours de la tuberculisation de cette racine, il y a une fragmentation de la ligne cambiale assez analogue à celle que l’on trouve dans Aconiturn uncinatum. La ligne cambiale est extrêmement sinueuse et les diverticulum produits par ces sinuosités se séparent peu à peu de la ligne cambiale primitive et isolent des cordons libéro-ligneux dans le tissu parenchymateux.

Si l’on rapproche cette structure de celle de certains Aconits, on voit que les phénomènes de tuberculisation engendrent des anomalies de structure par dislocation de la ligne cambiale, très comparables dans leur aspect et peu différentes par leur mode de formation.

Recherches sur les pailles à chapeaux de Madagascar. Leur étude microscopique et leur caractérisation (en collaboration avec M. le pr Pebrot). — Agricult. prat. pays chauds, 10, p. 203-213, 402-411, 1907..

Sur les pailles à chapeaux de Madagascar et sur quelques fibres de vannerie et de sparterie (en collaboration avec M. le P 1, Pekkot). — Revue Madagascar, 10, p. 49-63, 1908i

Une industrie spéciale à Madagascar et que le service d’Agriculture de cette colonie a cherché à développer est celle de la fabrication des chapeaux de paille. Le « Panama » de Madagascar était couramment vendu dans les magasins parisiens vers 1910.

Il y avait un intérêt économique à étudier la structure anatomique de toutes les pailles qui servaient à la fabrication des chapeaux. En cas d’expertise l’identification devenait facile et d’autre part l'anatomie pouvait renseigner sur la valeur de telle ou telle espèce de paille.

- Ces pailles devaient, en effet, leur solidité et leur souplesse à des paquets de fibres disposés sous l’épiderme. La disposition de ces paquets, leur volume, la longueur des fibres sont autant de données précieuses qui permettent de guider l’industriel sur la meilleure utilisation de la paille. D’autre part, l’étude du contenu cellulaire nous renseigne sur la possibilité d’obtenir un blanchiment rapide, de sorte que l'ensemble de ces connaissances nous fixe sur l’avenir économique du produit.

Nous avons aussi constaté que la paille de Manarana ( Phloga polystac/iyn Noronha, Dypsis nodifera Mart.) constitue un produit de très grande qualité dont la structure se rapproche de celle de la véritable paille de Panama.

Il en est de même de quelques pailles fournies par d’autres Palmiers, le Data {Phoenix reclinata Jacq.), le Lakatra, d’origine botanique inconnue. Ces pailles ont cependant un avenir moins sûr que la première par suite de la présence de cellules à tanin qui gênent le blanchiment.

Nous avons ainsi étudié 25 pailles à chapeaux appartenant aux Palmiers, Cypéracées, Graminées. Parmi celles-ci Y Ahibano : Cyperus sp., YHareto : Heleocharis plantaginea H. Br., le Petljy : Lepironia mucronata Rich., YHaravotovary : Cyperus sp., F Haravolo : Arundinella slipoides Hack., méritent de retenir l’attention des industriels comme pailles de seconde qualité.

Contribution à l’étude des Anacardiacées de la tribu des Mangiférées.

— Ann. Sc. nat., (9 sér.), 11, p. 1-29, 1910.

A l’instigation deM. Lecomte, qui avait spécialement étudié les Anacardiacées de l’Indochine, nous avons recherché si les caractères anato-

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mïques de la feuille (la tige ayant fait l’objet d’études antérieures de M. Jadin) pouvaient venir en aide aux caractères tirés de la morphologie florale.

Nous avons pu ainsi vérifier que la classification anatomique concordait avec les données de la systématique.

Les genres Bouea et Buchanania', qui au point de vue floral présentent les plus grandes divergences, sont ceux qui anatomiquement s écartent le plus des autres Mangiférées.

Le genre Mangifera est celui qui semble synthétiser tous les caractères

tirés des différents genres des Anacardiacées. Il se rattache étroitement aux genres Gluta, Melanorrhea, Anacardium et Swinlonia, ce dernier genre établissant un terme de passage entre les Mangifera et les Buchanania.

Le schéma précédent rend compte de ces résultats..

B. — RECHERCHES MICROCHIMIQUES

Présentation d’une lamelle spéciale pour les recherches microchimiques. — /X e Congrès international de Pharmacie, Paris, p. 475, 1900.

Recherches microchimiques sur les Quinquinas (en collaboration avec M. Reimers). — Bull. Sc. Pharm., 3, p. 284-299, 1901.

Mes premières recherches sur la localisation des principes actifs ont porté sur les Quinquinas. En 1898, Lotsy avait publié une étude très

complète de la localisation et de la. répartition des alcaloïdes dans tous les organes de la plante et en avait tiré des conclusions fort intéressantes au point de vue de leur formation.

J’ai exposé les résultats de Lotsy et de Charpentier et mes investigations ont principalement porté sur les relations entre les composés tanniques et les alcaloïdes. J’ai ainsi constaté que le principe actif se trouve associé avec le tanin dans les cellules. Les éléments connus sous le nom de laticifères, lacunes, canaux oléo-résineux, sont des cellules non ramifiées, non anastomosées; elles sont cloisonnées à l’état jeune, mais perdent bientôt leurs cloisons de séparation. Leur contenu est de nature tannoïde, mais leur tanin diffère microchimiquement du tanin contenu dans les cellules à alcaloïdes.

Sur la localisation de l’Esculine et du Tanin dans le Marronnier. —

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