‹ Titres et travaux scientifiques de Albert GorisChapitre 17 sur 37 · B. — RECHERCHES SUR LES LICHENS A ORSEILLE · texte numérisé non relu

B. — RECHERCHES SUR LES LICHENS A ORSEILLE

Sur les lichens à orseille (en collaboration avec M. P. Roncebay). — Bull.

Sc. Pharm., 13, p. 463-470, 1906.

Dans une thèse entreprise sous ma direction au laboratoire de Matière Médicale, M. Ronceray (i) a émis l’hypothèse suivante sur le mode de formation de l'orseille.

Les éthers chromogènes des lichens à orseille (érythrine, acide lécanorique) doivent au préalable être dédoublés par un ferment soluble existant dans le lichen et différent de l’émnlsine. Ce dédoublement fait, l’ammoniaque peut alors donner de Porcine ammoniacale, puis finalement de l'orseille par oxydation à l’air.

Ces expériences expliquent l’insuccès de la méthode proposée par Sten- HOUSE pour la préparation de l'orseille à partir des éthers chromogènes directement, sans le lichen, c’est-à-dire sans le ferment ; elles réduisent à néant l’hypothèse de Czapbck qui ramenait la formation de l’orseille à l’action d’un ferment semblable au B. Subülis apporté par l’urine lors de la fabrication de l’orseille. Enfin on comprend pourquoi une macération de lichens bouillie et additionnée d’NH® ne donne pas d’orseille.

Ronceray avait également montré que les interprétations fausses que ses devanciers avaient pu faire étaient dues à de petites quantités d’orcine libre existant dans le lichen et se transformant en orseille en présence de l’ammoniaque.

Hesse avait nié la présence d’orcine dans les lichens. Nous avons alors repris le travail et avons donné une. méthode pour isoler du Rocella Montagnei Bell, l’orcine libre qui s’y trouve dans la proportion de 1 p.

Nous avons au cours de ces manipulations isolé Vérythrite libre du même lichen.

La préparation de l’orseille à partir des lichens est donc bien le résultat d’une action fermentaire de dédoublement suivie d’une action, purement chimique d’oxydation à l’air de l’orçine ammoniacale. La petite quantité d’orcine libre existant dans les lichens donnant de l’orseille en dehors de toute action biologique vient fausser les résultat dans les expériences laites à partir des lichens directement.

1 P -L. Ronceray : Contribution à l’étude des Lichens à orseille. Th. Doct. Pharm., Paris, 1904, 95 p., in-8“.

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