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RECHERCHES SUR LA BELLADONE

Sur la composition chimique des feuilles de Belladone (en collaboration avec M. A. Larsonneau). — Communication à la Société de Pharmacie, 12 mai 1921.

Caractérisation de petites quantités de pyridine (en collaboration avec M. Larsoxneau). — Bull. Sc. Pharm., 28, p. 497-498, 1921.

Sur la recherche de la pyridine (en collaboration avec M. Larsonneau). — Bull. Soc. Chim. (43), 33,, p. 511, 1923 (Réclamation de priorité).

L’étude des méthodes de dosage des alcaloïdes dans l’extrait de Belladone entreprise avec M. Beausite (i) nous avait fait soupçonner la présence d’alcaloïdes volatils dans cette Solanée.

Dans ce travail notre principale préoccupation fut donc la recherche et l’identification des bases volatiles qui pouvaient exister dans les feuilles A’Atropa Belladona.

Nous avons d’abord constaté que les alcaloïdes fixes des feuilles sont constitués principalement par de Vhyoscyamine l accompagnée d’une jaible proportion d’atropine. A côté de ces alcaloïdes fixes, nous avons rencontré des bases volatiles alcaloïdiques et non alcaloïdiques. Elles appartiennent à trois groupes chimiques très différents : bases pyridiques, bases pyrrolidiques, et diamines de la série grasse.

Gomme base pyridine du premier groupe, nous avons caractérisé la pyridine. Celle-ci peut être mise en évidence au moyen d’une réaction très sensible dont le principe est le suivant ; la pyridine se combine à l’aniline en présence du bromure de cyanogène pour donner une matière colorante rouge cristallisée fusible à 162°, le bromure d’a-anilidophényldihydropyridinium. Nous avons précisé les limites de sensibilité de cette réaction qui se produit encore pour des dilutions au 1/400.000. Nous avons également constaté qu’elle est spécifique et ne donne rien en particulier avec les bases pyrroliques.

Les bases pyrrolidiques que nous avons pu identifier sont la N-méthylpyrroline et la 'H-méthylpyrrolidine. Nous avons séparé celles-ci à l’état de chloro-aurate par précipitation fractionnée au moyen de AuCP. Nos essais pour obtenir des dérivés nitrosés et avec ceux-ci la réaction de Liebermann furent tous négatifs; nous en avons conclu qu’il ne devait pas exister dans les feuilles de Belladone de bases possédant un H libre à l’azote.

A côté des bases précédentes nous avons rencontré des substances non alcaloïdiques, peu entraînables par l’éther et se retrouvant principalement dans les solutions aqueuses après leur épuisement par l’éther pour en extraire les alcaloïdes. Ces substances chauffées dans un tube à essai avec HCl dégagent des vapeurs colorant en rouge un copeau de sapin. Elles appartiennent donc au groupe des diamines de la série grasse, dont les deux atomes d’azote sont fixés à deux atomes de carbone situés en 1-4 l’un par rapport à l’autre, de façon à donner des dérivés pyrroliques par cyclisation de la chaîne.

La difficulté d’en séparer toute trace d’ammoniaque, d’une part, et la facile décomposition de ces bases avec mise en liberté d’NH®, d’autre part, nous ont rendu impossible l’identification de ces bases.

Au cours de ces recherches nous avons trouvé une méthode très sensible permettant de caractériser l’NH^ en présence d’amine (0,002 mil-

1. Beausite : Etude sur la teneur alcaloïdique de la Belladone cultivée. Th. Doct, Vn., Paris, 1919.

ligramme d’NH'^Cl en présence de 0,10 de chlorhydrate d’amine). Pour faire cette recherche les sels préalablement desséchés sont dissous dans l’alcool absolu et traités par une solution récente d’acide oxalique dans l’alcool absolu. Si les bases renferment de l’NH® il se forme un précipité cristallin au bout d’un temps plus ou moins long suivant la quantité de sels ammoniacaux.

Sur la nature des alcaloïdes contenus dans l’extrait de Belladone

(en collaboration avec M. P. Cosxy). — Communication à la Société de Pharmacie, 1®'' juin 1921.

Nous avions pu constater, avec M. Larsonnbau, que l’alcaloïde de la Belladone est surtout Vhyoscyamine l et que Vatropine ne s’y trouve qu’en faible proportion.

Les expériences de physiologie prouvent que 1’hyoscyamine est deux fois plus active que l’atropine. Il était donc intéressant de connaître sous quel état l’alcaloïde se trouvait dans l’extrait de Belladone. On admet généralement qu’un poids déterminé d’extrait de Belladone est plus actif que ne le serait la quantité d’atropine qu’il est supposé contenir. Si cet alcaloïde était à l’état d’hyoscyamine la différence d’action constatée se trouverait expliquée très naturellement.

Avec M. CosTY nous avons préparé un certain nombre d’extraits par différents procédés et nous en avons isolé les alcaloïdes. Le pouvoir rotatoire nous renseigne sur la nature de ces derniers.

Nous avons pris une feuille de Belladone dont les alcaloïdes possédaient un pouvoir rotatoire de = — 20°10 et avons préparé avec

cette matière première les extraits suivants (Voir le tableau suivant).

Extraits alcooliques préparés avec de l’alcool à 70».

L Solution alcoolique évaporée dans le vide à froid. Extrait lavé à l’éther pour enlever la

chlorophylle.

IL Solution évaporée dans le vide à chaud. Après refroidissement, liltrer pour séparer la chlorophylle et terminer la concentration en extrait mou

dans le vide à chaud.

III. Solution distillée pour recueillir l’alcool. Après refroidissement, filtrer, puis concentrer au B.-M. en extrait mou . . .

préparés

I IV. Solution concentrée à un certain

! volume. Après refroidisse¬

ment, filtrer et évaporer au

B.-M. en extrait mou.

V. Solution traitée comme précédemment, mais après concentration reprise par un volume égal d’alcool à 95°. Filtrer et évaporer au B.-M. en extrait

Ce tableau prouve très nettement que sous l’action de la chaleur il y a une diminution notable du pouvoir rotatoire des alcaloïdes. Cette altération est faible pour les extraits préparés dans le vide à basse température; elle justifie le mode opératoire de certaines pharmacopées étrangères qui recommandent de ne pas dépasser la température de 50° dans la distillation.

Nous étudions actuellement les préparation de Belladone et des autres solanacées : Jusquiame et Datura en vue d’en établir des formules de préparations rationnelles.

L’Hyoscyamine et son sulfate, préparation et racémisation (en collaboration avec M. Costy). — Bull. Sc. Pharm., 29, p. 113-121, 1922.

Nous avons donné une méthode, très rapide et d’une grande simplicité, de préparation de 1’hyoscyamine qui permet de l’obtenir sans mélange avec l’atropine. Dans le benzène bouillant, les deux alcaloïdes sont très solubles ; à froid, l’hyoscyamine est dix fois moins soluble que l’atropine, ce qui permet de l’obtenir pure après deux ou trois cristallisations. Cette méthode est préférable à celle utilisée antérieurement et qui consistait en la séparation des oxalates ou des campborosulfonates. En employant la différence de solubilité des sulfates d’hyoscyamine et d’atropine dans l’alcool absolu, on peut également préparer très rapidement le sulfate tl’byoscyamine pur.

Nous avons fixé le pouvoir rotatoire de l’byoscyamine dans l’alcool à 50° et à la dilution de 4 % à «„ = - 22°. Le pouvoir rotatoire du sul¬

fate anhydre est de “d — 26°50.

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