C. R. Ac. Sc., 136, p
Recherches microchimiques sur quelques glucosides et quelques tanins
végétaux. — Th. Doct. Sc., Paris, 144 p. in-8», 9 pl. col., 1903.
La localisation des glucosides et en particulier de l’esculine dans le Marronnier d’Inde a fait l’objet de ma thèse de doctorat ès sciences.
Les recherches de microchimie sur les glucosides étaient rares, car 1 on manquait de réactifs généraux pour précipiter ces substances au sein de la cellule et on devait s’adresser aux réactions colorées, toujours délicates à obtenir sous le microscope.
J’ai été assez heureux pour trouver une méthode qui m’a permis de localiser l’esculine avec la plus grande netteté dans la cellule, d’en établir la répartition dans le végétal et d’en suivre les variations au cours, de la germination et de la végétation annuelle.
J’ai ensuite étudié la répartition de l’acide esculitannique et montré ses rapports dans la cellule avec l’esculine à laquelle il est très vraisemblablement unie sous forme d’esculitannate.
J’ai constaté des faits analogues pour la fustine, la fraxine, la salicine pour lesquelles j’ai donné des méthodes de localisation. La daphnine que j’ai également localisée semble, au contraire, exister à l’état libre dans les cellules.
C’est de cette époque que datent mes premières recherches sur la Kola, l’ai tenté d’y localiser le glucoside caféique que l’on supposait exister dans la Kola fraîche. Mes résultats ne furent pas assez concluants, mais j’acquis, à cette occasion, la conviction que le tanin et la caféine existaient dans la même cellule. Ce fut cette constatation qui m’engagea à aborder alors l’étude de la composition chimique de la Kola fraîche.
Sur une réaction colorée chez les Lactaires et les Russules (en collaboration avec M. Arkoulb). — C. R. Ac. Sc., 145, p. 1199, 1907.
Lorsque nous avons tenté, M. Roxcerw et moi de localiser et d’extraire Porcine chez les Lichens, nous avons employé un réactif sulfovanillique de formule déterminée. Avec M. Arnould, nous avons essayé ce réactif sur les champignons récoltés au cours de nos excursions.
Tous les champignons essayés appartenant à diverses familles (Hymé-nomycète, GastromyTètes. Ascomycètes) ont donné la même réaction ;
dans la couche hyméniale, au contact du réactif, se développe une coloration rosée, de nuanc-e et d’intensité variables, mais toujours très nette.
Au microscope on remarque que cette coloration est surtout marquée au nweau des basides fertiles ou non. Les autres tissus se colorent peu ou ne se colorent pas, la coloration étant toujours plus accusée dans la couche hyméniale. Les spores ne sont ordinairement colorées que dans la première période de leur développement.
Chez les Lactaires la coloration est double. Comme toujours les basides sont odlorés en rose, tandis que les cystides prennent une teinte bleu foncé. Les laticiîères, si abondants, prennent la même teinte et l'on voit avec grande évidence le rapport qui existe entre les laticiîères et les cystides. Le fait avait été signalé par divers auteurs, Corda, Boudier, Pa- TouiLLARD, ToptN pouT Certaines espèces, mais la démonstration en est rendue évidente grâce à la coloration des tissus. La coloration bleue des laticifères et des cystides est obtenue avec la même facilité et une intensité presque égale chez les Russules.
En appliquant méthodiquement ce réactif à l'étude de toutes les Russules, nous avons pu montrer que l’espèce linnéenne R. integra L. très variable de couleur et de dimension était en réalité constituée par deux espèces distinctes : l’une 'chez laquelle les cystides se colorent en bleu {R. integra) et l’autre où ils se colorent en rose comme le reste de l’bymémum. Nous avons donné à cette espèce le nom de R. pseudo-integra.
Depuis M. R. Maire a confirmé cette différenciation.
L’emploi du réactif sulfovanillique peut donc rendre de grands services dans le cas de diagnose de deux espèces voisines ou d’espèces liti- ^uses.
Action du réactif sulfovanillique de Ronceray sur quelques composés
chimiques et quelques végétaux (en collaboration avec M. Arnould). —
Bull. Sc. Pharm., 16, p. 191-197, 1909.
A la suite de nos recherches sur la coloration des Champignons par le réactif sulfovanillique, nous nous étions proposé, avec M. Arnould, d’isoler le corps qui donnait cette coloration.
Avant d’aborder l’extraction de ce principe, nous avons voulu déterminer par des réactions in vitro à quel groupe chimique il pouvait apparlenir. Nous avons donc fait agir ce réactif sur plus de 200 corps possédant les fonctions les plus diverses. Nous avons constaté que, contrairement à une opinion très répandue, peu de corps se colorent par action de l’acide sulfurique seul de concentration déterminée ou par le réactif sulfovanillique.
A l’inverse de ce qu’on aurait pu croire, certains corps comme les sucres, les glucosides, les alcaloïdes, et de nombreux composés phénoliques n’ont donné aucune réaction.
Les colorations rouges sont surtout obtenues avec les composés à fonctions phénol ■ multiples (Résorcine, Orcine, Phloroglucine, Catéchine, Phlorydzine).
Les substances azotées possédant le groupement NH^ se colorent au contraire en jaune intense.
Nous avons également essayé ce réactif sur les tiges ou écorces de nombreux végétaux. Ce sont naturellement les végétaux riches en tanin qui se colorent d’une façon intense (Fougères, Conifères, Rosacées, Ampélidées). Des végétaux parfois très voisins se comportent différemment, aussi la réaction pourrait-elle servir à l’identification ou à la diagnose de certaines drogues. L’écorce de Bourdaine peut ainsi se différencier de l’écorce du Prunus Padus qui s’y est parfois trouvée mélangée, de même le Thuya se différencie nettement des autres Conifères, etc.
Cette réaction microchimique employée avec discernement peut rendre service dans le traitement des végétaux, elle permet de suivre pas à pas l’extraction d’un corps parfois inconnu en donnant un moyen rapide de suivre la marche de l’opération.
Localisation et rôle des alcaloïdes et des glucosides chez les végétaux.
— Th. Agrégation, Paris, 1914. Préface de M. le P'' Guignard, de l’Institut.
J’ai fait de l’étude de la localisation et du rôle des alcaloïdes et des glucosides chez les végétaux le sujet de ma thèse d'Agrégation. Le problème étudié est d’un grand intérêt ; théorique pour le biologiste, pratique pour le pharmacologue.
Dans la première partie de l’ouvrage, on trouvera l’exposé de tous les essais de localisation depuis les premières recherches d’EnnERA (1887) jusqu’en 1914. J’ai complété cet important travail de hibliographie en vérifiant, dans presque tous les cas, les résultats indiqués.
L’ensemble des documents ainsi réunis et discutés pourra être des plus utiles aux chercheurs de l’avenir.
Dans la seconde partie, j’ai envisagé le problème du point de vue dynamique, c’est-è-dire exposé les faits connus concernant les variations, les migrations des glucosides et alcaloïdes, ainsi que les diverses théories que l’on a proposées de leur rôle et de leur signification biologique.
- La signification biologique des alcaloïdes est encore actuellement difficile à concevoir. Le problème reste entier, aucune des hypothèses émises ne suffit à expliquer la majorité des faits.
l’ai proposé la conception suivante sur le rôle des glucosides : ceux-ci doivent être considérés comme une forme de mobilisation des déchets de l’activité cellulaire. Dans la molécule glucosidique, le sucre ou l’hydrate de carbone, en se combinant au reste aromatique, inutile ou même nocif pour la cellule, servirait de solubilisateur à ces corps et de convoyeur à ces résidus.
Cette interprétation trouve un sérieux appui dans l’examen des phénomènes de même ordre que l’on constate expérimentalement chez les animaux. Les substances nocives que l’on introduit dans l’organisme animal sont éliminées sous forme de .glycuronates qui peuvent être considérés comme des glucosides chez lesquels l’acide glycuronique représente la molécule hydrocarhonée; le nombre des dérivés glycuroniques, dont on a constaté la formation chez l’animal, dépasse soixante (dérivés d’alcools, de phénols, d’aldéhydes, de carbures, d’acides). Ciamici.vn et R.v- VENNA ont réalisé des faits analogues chez les végétaux; en inoculant de la saligénine à de jeunes plants de maïs, ils ont constaté la formation de salicine. Ainsi la cellule végétale et la cellule animale utiliseraient les mêmes processus de défense vis-à-vis des substances nocives qu’elles sont incapables de détruire.
J’ai exposé cette hypothèse dans les différentes publications suivantes:
Rôle des glucosides chez les végétaux. — Bull. Sc. Pharm., 22, p. 99- 110, 1916.
Rôle des alcaloïdes chez les végétaux. —■ Bail. Se. Pharm., 22, p. 202- 214, 1915.
Le rôle des glucosides en biologie. — Bev. Gén. des Sc., 15 Juin 1921.