II. ÉÏUDKS SUR LES TRAUMATISMES DU REIN
De la contusion rénale ; des plaies du rein et de l'uretère : clinique, critique, expérimentation. Arckiv. gin. de Mid., 1889, XXIII, p. 535.
Depuis les travaux admirables de Rayer, aucune étude n’avait rassemble toutes les observations de traumatisme du rein pour en tirer un enseignement. Dans ce mémoire personnel, j’ai appuyé largement les faits cliniques sur rexpérimenlation et j’ai pu ainsi étudier, par l’observation provoquée, Tanatomie et la physiologie pathologiques de ces lésions. .Tiii relevé 209 cas de lésions traumatiques, dont 200 contusions et 69 plaies.
r CoKTDsioîis. — Parmi les contusions, les commotions rénales indirectes ne méritent pas la place qui leur était donnée et, sans nier leur possibilité, j’ai pu affirmer qu’aucun fait probant n’en avait été fourni. Cette constatation est all'crmic par l’expérience, qui montre la résistance considérable du parenchyme rénal comparativement à celui des autres organes.
Les contusions sont généralement directes. Pour léser le rein anatomiquement découvert an niveau de l’échancrure iléo-costale, trois conditions sont nécessaires :
1" Il faut que l’agent Iraumatisant exerce brusquement son action, et surprenne la paroi thoraco-abdominale à l’élat de non-contraction ;
2” 11 faut, le rein se défendant surtout par sa mobilité, qu’un point d’appui l'cmpéche de fuir ;
3° Ce point d’appui peut être soit artificiel, soit fourni par la première apophyse transvorse lombaire, dont j’ai contribué à montrer le rôle considérable et précisé les rapports.
Nous avons étudié expérimentalement ['anatomie pathologique de ces lésions ; nos lecherches ont ele confirmées par les observations ultérieures, fions avons ainsi distingué trois variétés, trois degrés de lésions : I" les ecchymoses sous-corticales ; 2" les hématomes corticaux et médullaires, siégeant principalement à la bau des pi/ramides ; la rupture parenchymateuse pouvant ou non s’étendre jusqu’aux calices; â" les contusions accompagnées de rupture capsulaire généralement unique, véritables déclin mes complétés allant des calices jusqu’à la capsule adipeuse.
Les ruptures (lu rein guérissent en général sans suppuration. Nos expériences établissent bien l’étonnante puissance réparatrice du parenchyme rénal.
Lé pronostic des contusions rénales est aggravé surtout par les contusions concomitantes des autres organes. La mortalité s’élève à 4.Ô pour 100 dans les déchirures simples, 87 pour 100 pour les ruptures accompagnées de déchirures d’autres organes ou de fractures d’os voisins.
'anurie est un indice grave, car seules les anuries réflexes guérissent et je n’en ai relevé qu’un cas. Les complications septi/jues peuvent être très tardives et l’infection vésicale y joue un grand rôle. J’ai relevé six exemples de néphrite interstitielle traumatique et plusieurs cas de « mal de Briglb »: Quant aux calculs secondaires à ces lésions traumatiques, ils sont très discutables. Dans la plupart des cas ils existaient avant l’accident, et, dans les autres, les sujets étaient « candidats aux calculs », Pour le rein flottant, le seul rôle du traumatisme est le plus souvent d’avoir pu le mettre en évidence.
Le traitement doit viser à l’asepsie urinaire. On peut à cet égard employer le salol, mais j’ai insisté surtout sur les soins aseptiques pour l’évacuation vésicale. S'il y a des hémorragies très abondantes, il faut pratiquer le tamponnement du foyer, la néphrectomie partielle. L’ablation totale n’est que l’ultime ressource. Pour les complications suppurées, il faut être également conservateur, un fragment de rein n’est jamais à dédaigner et la néphrectomie ne sera faite que secondairement. J’ai insisté sur cette thérapeutkiue conservatrice dans les contusions rénales, à la Société de Chirurgie, et récemment encore (novembre 1908), j’ai aflinné mes opinions à cet égard contre ceux qui sont partisans d’une néphrectomie hâtive, et la majorité de nos collègues se rallie à nos conclusions.
2« PCAIES au REIX. - Los plaies du rein constituent un chapitre rajeuni par l’expérimentalion et la thérapeutique.
Les plaies par arme tranchante provoquent une hémorragie plus abondante que celles par arrhes à feu, car dans celles-ci l’hémostase se fait souvent spontanément. L’hémorragie se fait surtout au niveau de la voûte sus-pyramidale, elle s’arrête par compression ; j ai dans divers travaux beaucoup insisté sur ce fait. L’infiltration d’urine n’est pas à craindre si le bassinet et l’uretère ne sont pas lésés ou oblitérés, je me suis efforcé de le montrer. En eflét, sur la surface de section du parenchyme rénal, les tubuli dégénèrent immédiatement et s’oblitèrent par des dépôts fibrineux; j’ai étudié complètement les étapes histologiques de cette cicatrisation. Les urines sont diminuées, en quantité, mais leur teneur en matériaux extractifs varie à peine.
Cliniquement on note rarement l’écoulement d’urme par la plaie (trois fois sur bS cas de plaies par armes à feu cl une fois sur 57 do plaies par armes tranchantes).
Quant am. plaies de l’uretère, l’établissement d’une fistule consécutive temporaire est fréquente. La différence est grande entre les plaies du rein et celles de son canal excréteur.
Des épanchements uro-hématiques périrénanx à la suite de contusion du rein (en collaboration avec LÉïl). Ann. des maladies îles organes génito-urinaires, 1895, t. XIII, pp. 217-230,
Ces épanchemenls, qui ont jusqu’alors peu fixé l’attention, compliquent parfois les contusions ou les plaies du rein dont ils entravent la cicalrisation. Ils doivent être distingués des liydronépliroses vraies, dues soit à une ectopie rénale traumatique, soit à des adhérences provoquées par un épanchement sanguin péri-urétéral, ou encore à un rétrécissement cicatriciel de ruretère.
Dans le cas A’hydronéphrose ou A’hématonéphrose, on trouve à la palpation une tuméfaction arrondie, du volume du poing, rappelant le rein par sa situation, sa forme, sa mobilité-, c’est un rein augmenté de volume. Dans le cos A'épanchement périrénal, elle est plus considérable, diffuse, fait corps avec la fosse lombaire, est immo-
conslaler une ecchymose tardive à l’aine, au niveau de l’orifice externe du canal inguinal ; elle est due h la fusée sanguine le long du cordon, La tumeur peut persister et donner lieu à des kystes urineux périrenaux.
Les épanchements hématiques peuvent provoquer des accidents curieux, des hémorragies secondaires, survenant douze à quinze jours après l’accident et dues à la rupture de la cicatrice du rein ou du bassinet, sons l’influence d’un excès de pression de la collection périrénalc. Ces déchargés elimment la collection et hâtent sa dispa-
J’ai insisté à plusieurs reprises sur l’évolution ordinairement aseptique de ces collections et sur les indications du traitement d’après la localisation intra ou extra-
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Plaies du rein; ruptures et plaies des uretères, irch. gén. de Méd., 1889, pp. 3.35-300. Traumatisme du rein. Monographie de 87 pages. Paris, 1889, chez .tsssi.ni et Hooze.vu.
Sur la contusion du rein (diseussion). Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1894, 4 avril,
Contusion du rein ; cystite antécédente ; néphrite suppurée avec abcès multiples : néphrectomie. Guérison opératoire. Avortement au troisième mois. Embolie,
pp. 473-483.^ ^ ^
t. XIII, pp. 217-256^ ^ ^
Épanchements hématiques périrénaux par contusion du rein (en collaboration avec