RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA CHIRURGIE DU REIN
Ayant pris pour sujet de thèse, sous l’inspiration de M. Guyon, Thistoire du rôle de la congestion dans les maladies de Vappareü urinaire, y ai voulu rechercher par quel mécanisme les opérations et les affeclions de la vessie, môme aseptiques, retentissaient sur le rein. La clinique prouvait celte inlluence ; pour la démontrer expérimentalement je travaillai au lahoratoire et avec l’aide quotidienne de M. Dastre. Nos expériences, pratiquées pendant plusieurs mois, consistaient à enfermer le rein d’un animal endormi dans l’appareil dit de Roy. Cet appareil laissait intactes la circulation et l’excrétion de la glande, et par le mécanisme ingénieux d’une véritable séreuse qui se moulait exactement sur le rein, il permettait au moyen d’un enregistreur de noter les variations de volume de l’organe. J’ai pu ainsi démontrer par des graphiques que toute distension vésicale, tout tiraillement de la vessie s’accompagnaient d’une congestion rénale. Ces premières recherebes m’engagèrent sur celte voie et furent la base des expériences sur la chirurgie expérimcniale du rein, dont j’ai publié les résultats pendant les trois années 1887, 1888 cl 1889. Elles ont été consignées dans un volume paru en 1889.
[ue sur les tissus. Comptes rendus de la Soc. di
■imentale sur l'hydronéphn Paris, 1894, XII, pp. lM0(ng
La capsule adipeuse du rein au point de vue chirurgical. Reme de Chir., 1890, pp. 390-599.
La capsule adipeuse du' rein a été regardée pendant longtemps comme dénuée de tout intérêt chirurgical; j’ai montré dans ce travail qu’elle est intéressante au triple point de vue anatomique, vhysiologique, chirurgical. Cette étude a porté sur 17 sujets congelés dont .10 adultes et 7 enfants; sur chacun ont été pratiquées des coupes du tronc de 2 en 2 centimètres, les résultats obtenus sont les suivants : ils ont été confirmés par tous les auteurs tant au point de vue anatomique que chirurgical.
la capsule graisseuse périrénale est cemstanle ; peu développée chez le nouveau-né, elle atteint son maximum chez la femme. Elle est tris inégalement répartie ; 1° sur la face postérieure son épaisseur varie de 2 à 4 centimètres ; 2“ au niveau des deux pôles du rein, particulièrement, elle est développée; elle présente son minimum d'épaisseur sur la face antérieure péritonéale; 3° son aspect sur le vivant est celui d'une masse fluide dans laquelle le doigt se perd, qui fuit sous la pression sans sc laisser dissocier, qui se déchire dans les mors d’une pince et qui présente une mobilité désespérante ; V les veines qui anastomosent la circulation rénale et le gros intestin serpentent dans
Physiologiquement la capsule adipeuse fixe le rein et remplit le rôle de séreuse, le rein présentant des battements pulsatils et des mouvements de translation verticale, le péritoine joue à sa face antérieure le rôle d’un appareil séreux. La capsule varie suivant l’état normal on pathologique du rein et du sujet; dans les lésions chroniques de pyélonéphrite, on observe ordinairement de la lipomatose, parfois un tissu scléreux
L’atmosphère adipeuse du rem présentant une localisation spéciale autour de la glande; c'est en arrière et aux extrémités du rein qu’elle prédomine, c’est également dans ces régions que siègent les suppurations périrénalcs, et c’est là qu’aboutissent les trajets fistuleux qui leur font suite. Cette graisse molle, fluide, no peut servir à fixer chirurgicalement l’organe ; clic est difficile à déchirer et met obstacle à la dénudation et à la découverte du rein. Elle est destinée à permettre les mouvements d'expansion
suppurations; les épanchements sanguins traumatiques trouvent à son niveau une vaste surface où ils peuvent diffuser largement.