I. — ENSEIGNEMENT
En l’année 1884, j’eus la bonne forlune et l’honneur d’étre a la laculte des Sciences l’élève du professeur Dastre; depuis celle époque, je n’ai jamais perdu conlacl avec l’expenmenlalion. Jeludiai, a celle epoque, experimenlalement, la
sa physiologie palhologique el les condilions du succès dans ses procédés opératoires. Je Iravaillai plus lard les queslions afférentes à la chirurgie du poumon, puis cerlains poinls de la physiologie pathologique des lésions de l’estomac el plus récemmenl les anastomoses chirurgicales vasculaires, artérielles cl veineuses avec les condilions de la greffe des organes. J’ai cherché dans ces temps derniers les condilions de succès de Yionisation et les applications chirurgicales du sommeil électrique. L’ensemble de ces recherciies m’avail convaincu dès longtemps que si les opérations, pratiquées sur des animaux avec les mômes précautions, les mêmes soins pré ou posl-opératoircs que chez l’homme, pouvaient instruire, perlectioniier un chirurgien rompu à la médecine opératoire, elles seraient plus profitables encore è ceux qui se destinent h la chirurgie.
C est que la chiruraïc experimeiilalc ne donne pas seulement 1 habitude des opérations, l’habileté manuelle ; elle ne réalise pas seulement tous les incidents qui peuvent survenir dans le cours d’une opération sous l’anesthésie, ce n’est pas seulement
originales, elle permet de concevoir et d’exécuter des procédés opératoires nouveaux et plus souvent encore :de simplifier les méthodes enseignées. Aussi me suis-je décidé,
je ne connaissais pas de tentative chirurgicale d’enseignement de ce.genre — un ensei-
aidant, j’ai eu des imitateurs en France et à l’étranger ; je crois donc savoir ce qu’on peut demander à cet enseignement et comment il doit être compris.
Voulant exécuter une première tentative, je pensai, et je continue il croire que cet enseignement devait relever de la chirurgie; je m’adressai, comme agrégé de notre Faculté, à notre doyen, Brouardcl. Il résulta de notre entretien que, partisan théorique de cette tentative, le doyen voyait, en pratique, de grosses difficultés; mais qu’un cours fait en dehors de la Faculté de médecine les lèverait très facilement; la Faculté des Sciences paraissait tout indiquée pour cet enseignement. Je trouvai dans mon maître, le professeur Dastre, l’appui le plus complet, l’esprit le plus libéral et 1 eneoiiraaement le plus franehement elhcace pour sa haute responsabilité qu’il autorisa un i reconnu officiellement à la Faculté des Sciences, mais qui, jugé par les résultats, a
Une première question, question préalable,se pose. Vensoitjnement delà médecine opératoire sur les animaux peut-il rendre service à nos élèves ? L’absence complète de eours réguliers devrait faire cone.lure à la négative ; cependant je suis convaincu que ce défaut tient surtout à la difficulté de sa réalisatton pratique. On ne fera croire à personne qu’un médecin, j’allais dire qu’un chirurgien, n’ayant jamais fait une opération m VIVO, est, toutes questions d instruction et d’adresse égales d’ailleurs, plus expert et moins dangereux que celui qui n’a jamais pratiqué une intervention. Que dirais-je de la physiologie pathologique des processus de réparation et de l’étude même de la physiologie pathologique générale, si ce n’est qu’iilles sont fixées bien mieux
égard, compulsez les travaux du professeur Bouchard, les dermeres rccherclics du professeur Roger sur l’occlusion intestinale, les magnifiques découvertes toutes récentes de Carrel, et vous verrez que l’expérimentation n’est pas inutile à la pathologie, même
Voici comment cet enseignement a été organisé et voici ce qu’on peut en attendre.
Tout d’abord, les opérations doivent être répétées par les élèves, dans des conditions, non pas analogues, mais identiques a celles dans lesquelles les malades sont opérés. Si vous ne leur inculquez pas cette pensée que l’inlervenlion qu’ils devront répéter doit être toujours suivie d’une guérison de l’aiiimal et que cette guérison dépend d’eux cl ne dépend que d’eux, vous arriverez peu à peu à des opérations qui
La chirurgie viscérale comporle un champ d’cxphriences inflniment plus varié et très profitable aux élèves. Longue et.fastidieuse serait l’énumération de toutes les opérations facilement et utilement exécutables; nous pouvons les grouper suivant les appareils ou les organes. Vestomac, le duodénum et l’intestin grêle, le foie et les voies biliaires, le pancréas, la vessie, le rein et rurcterc se prêtent à toutes les interventions de la cbirurgic. Laparotomies, gastro-entérostomies, pylorectomies, anastomoses intestinales, résections de l’intestin, avec ou sans exclusion, peuvent être exécutées dans toutes leurs variétés et suivant tous les procédés; il n’est pas jusqu’aux
Cos quelques exemples montrent que l’on peut beaucoup demander il la chirurgie expérimentale pour l’enseignement, et surtout le perfectionnement do nos élèves dans la technique opératoire. 11 n’est pas douteux que cet enseignement ne conduise à des recherches originales. Mais il ne faut pas lui demander plus qu’il ne peut donner. 11 est certain qu’entre l’organe sain d’un chien et l’organe malade d’un homme, il existe et il existera toujours des distances infranchissables. Il n’en reste pas moins vrai que celui d’entre nos élèves qui aura exécute ces opérations aura plus d’cxpéricncc, toutes choses égales d’ailleurs, que celui qui n’aura rien fait. Or, c’est ainsi que se pose actuellement la question. . ..
La médecine opératoire expérimentale a pris, doit garder et élargir sa place à côté et comme perfectionnement de la médecine opératoire cadavérique ; son entité scientifique est aussi nette que celle de la médecine expérimentale.