V. - RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA REVIVISCENCE DU CŒUR
De la compression rythmée du cœur dans la syncope chloroformique. Bull, el Mém. de la^ Soc. de Ckir., 2 novembre 1898, p. 937. Bull, et M/m. de la Soc. de Biol, 1898,
Il est de notoriété courante, dans les laboratoires de physiologie, que si le cœur d’un animal cesse de battre dans certaines conditions, il suffit de quelques compressions rythmées pour provoquer de nouvelles coniradictions cardiaques. Nous avons poursuivi, avec M. Ilollion, l’élude physiologique complète de ce phénomène et ses applications pratiques. Nous avons cherché à préciser le lemps pendant lequel, après cessation de toute contraction, le muscle cardiaque restait excitable. Ce temps est variable, mais peut aller au delà de .cinq minutes. Sur un chien chloroformé jusqu’à cessation complète des mouvements respiratoires et cardiaques (des index graphiques placés sur le cœur indiquent la cessation de toute contraction partielle ou totale), on ouvre après une à cinq minutes le thorax, alors que la mort parait évidente, on commence à pratiquer avec la main des contractions rythmées sur le cœur. (Nos recherches nous font choisir les ventricules comme siège d’élection de cette compression.) Au bout de deux à quinze minutes, le rythme cardiaque reprend d’abord sous forme de faibles contraclions qui ne persistent pas si l’on cesse la compression rythmée, puis sous forme de contractions complètes plus fortes et bientôt définitivement persistantes; la circulation est rétablie et la respiration recommence. Le thorax est refermé, les muscles, puis la peau sont suturés et l’animal survit définitivement et indéfiniment vivants (des animaux sont restés plusieurs mois vivants dans le laboratoire).
Nous avons eu chez l’homme l’occasion d’appliquer ce procédé ; il s’agit d’une mort subito au cinquième jour d’une appendicite opérée, mort paraissant due à une embolie. Tous les moyens ordinaires de rappel à la vie restant inactifs, je fis dans le
l’index, exercer des compressions rythmées du cœur. Vers la cinquantième ou solxan-
lième compression, le cœur so reprit à battre et la respiration revint, be malade survécut encore doux ou trois minutes, puis le cœur s'arrêta à nouveau sans que j’aie pu
cardiaque chloroformique, alors que tous'les moyens ont échoué. J’ai été suivi dans celle voie d'abord déclarée^ impraticable ou mutile, et il existe à l’heure actuelle une
rythmée du cœur.