VI. - RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LE SOMMEIL ÉLECTRIQUE
les applications du sommeil électrique à la chirurgie expérimentale (en collaboration avec Jardry). Presse médicale, 20 avril 1907, Annexes, p. 257.
Nous avons publié, avec mon interne, M. Jardry, le résultat d’une série d’expériences dont le but était de rechercher si le sommeil électrique par le courant Leduc pouvait êire appliqué h la chirurgie e.Ypérimenlalc et rempl.-icer ainsi l'anesthésie générale, souvent dangereuse chez les animaux. Nous cherchions également ii déterminer si ce sommeil n’était pas l’analogue d’une sorte de curarisation laissant la sensibilité plus ou moins normale ou s’il s’agissait d’une véritable anesthésie chirurgicale.
Nous avons employé exactement le procédé décrit par M. Leduc, en groupant tous les appareils et rendant l’ensemble maniable, portatif et difficilement déréglable.
Dans une grande boite se trouvent réunis : l'interrupteur Leduc, du modèle classique, un rhéoslat permettant de régler la vitesse du moteur, un réducteur de potentiel, un rhéostat de 500 ohms permettant de modifier la résistance du sujet. Dans le couvercle : un voltmètre et un miltiampèremètre rigoureusement apériodiques et à larges divisions. Sur celte boite se trouvent trois paires de bornes reliées ; t" à la batterie du moteur qui débite 5 ampères sous 12 volts; 2“ à la batterie destinée au sujet qui peut donner 0,5 ampère sous 6,5 volts; 5“ au sujet.
Grâce à cet appareil, nous pouvions à volonté faire varier : la tension, Viniensüé, h période, la fréquence : chacune de ces quantités étant indépendante des autres.
Nous avons expérimente sur une série de sept animaux ayant subi plusieurs anesthésies, loufe ayant été l’objet d’opérations graves, suivies généralement d’un choc notable, ét cependant tous ont eü un réveil instantané, se sont levés, ont pu marcher cl môme courir, cinq minutes après l’opération. Il semble <lonc acquis que l’électricité peut, sous forme de courant Leduc, être un anesthésique chez les animaux. El nous
ojouterons, peu dangereux. Dans nos deux dernières expériences nous avons, à dessein, fait tenir la manette du réducteur par une main inexpérimentée, et cependant rancslhésie a été parfaite. Il y a, en cfl'ct, une marge très considérable entre le sommeil électrique cl la mort; dés que le courant, plus exaclement rinicnsitc, devient trop élevée, des contractures généralisées apparaissent, puis la respiration s’arrête, les contractions cardiaques demeurant normales; il suffit aloi-s de ramener de quelques spires en arrière la manette du réducteur, pour établir immédiatement le rytbme respiratoire normal. L’apnée ne peut être que le fait d’une inattention de l’anestbésiste et ne durera qu’autant qu’elle. Pour arrêter le cœur, il faudrait pousser 1 intensité infiniment plus haut. Dans nos expériences, nous avons atteint quatorze milliampères sans amener l’inhibition cardiaque; c’est le triple de l’intensité qui détermine le sommeil. Une simple surveillance permet donc d’opérer sans crainte.
La question d’une curarisation possible, et non d’une anesthésie, nous parait jugée. Les animaux, comme l’a très bien dit Leduc, « n’ont aucun mauvais souvenir de l’expérience ». Il n’est donc pas douteux que la sensibilité soit absolument éteinte pendant l’opération.
Vit. - RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR L’INTRODUCTION ÉLECTROLYTIQUE DES MÉDICAMENTS
A propos des médications ioniques. Comptes rendes de la Soc. de Biol., 19 janvier 1907, p. 64. Soc. de Chirurgie, li novembre 1908, p. H35.
En collaboration avec M. Mautc, répétant les expériences de Leduc, expériences dont la portée chirurgicale paraissait importante, j’ai étudié le mode de pénétration des médicaments introduits par ionisation è travers la peau saine. Les faits méritaient vérification, puisqu’il ne s’agissait de rien moins que de porter directement une substance chimique sur des lésions profondes et è travers la peau saine. En employant pour nos recherches le trypanroth, l’argent et l’acide salycilique, nous avons constaté :
1" Que des substances chimiques peuvent être introduites è l’aide du courant continu è travers la peau saine dans laquelle elles pénètrent par les glandes, les gaines des poils et.méme le revêtement épidermique ;
2" Que les médicaments semblent pouvoir former dans les proloplasmas cellm laires des combinaisons différentes de celles qu’ils présentent lorsqu’ils sont introduits par la voie sous-cutanée;
uperficielle, et que par