SYPHILIS
Gommes et scléroses syphilitiques des lèvres. Labialites tertiaires, (lieviie île C/nr., 1886, pp. 777 è 813.) Prix Laborie, Soc. de Chir.
Le premier essai de description des tumeurs syphilitiques tertiaires des lèvres date de Boiiisson (18411;. Depuis lors, aucun travail d’e.isemble n'avait été produit sur ce sujet. Notre élude repose sur quarante observations inédites de syphilis tertiaire des lèvres. Elle est restée absolument classique.
Laissant de côté les syphilides tertiaires de tout genre, nous décrivons les lésions profondes ; pommes circonsm’tes ou («/l'uses et les scléroses. .
liicn circonscrite, occupant la partie profonde de la lèvre supérieure. Dure, arrondie, mobile sous la peau, enchâssée au milieu des muscles, elle se ramollit au bout de deux à trois mois, s’ulcère et vient s’ouvrir à la peau. L’ulcération profonde a tous les caractères de la caverne syphilitique. Elle est le plus souvent multiple, ou elle est accompagnée de noyaux en évolution dans l’épaisseur de la lèvre. Ces ulcérations se terminent par des cicatrices molles, pigmentées, puis brunâtres, amincissant la lèvre. De larges pertes de substance ne laissent que des cicatrices insignifiantes. Périodes de crudité et de ramollissement ont une marche et une évolution régulières; enfin, la thérapeutique est rapidement efficace.
Le syphüome dilfus siège à la lèvre inférieure dans le plus grand nombre des cas, au moins quand il est monolabial. Il entraîne une déformation souvent totale avec hypertrophie considérable, quelquefois le double ou le triple du volume normal. Au lieu des nodosités de consistance inégale des gommes circonscrites on trouve ici une infiltration diffuse de toute la lèvre dont la consistance est presque égale partout. Elle n’a pas la dureté delà gomme circonscrite crue, c’est une hypertrophie relaiivemcnt molle. Cette lésion n’évolue pas vers le ramollissement : il n’y a pas d’ulcération profonde. Tardivement on peut voir apparaître, comme coïncidence, des syphilides superficielles pustulo-crustacées ou tuberculeuses, ou même des syphilomes hypertrophiques voisins.
La syphilis tertiaire n’engorge pas les ganglions correspondants aux régions envahies, le syphilome des lèvres obéit à cette loi. M. le professeur Fournier nous a
dehors en dedans. Les cêllules néoplasiques prolifèrent d abord dans les follicules pileux, puis, rompant leur capsule, envahissent le derme. 11 est prudent de se mettre à l’abri de ces greffes pendant les opérations.
Auto-inoculation cancéreuse. Épithélioma de l'avant-bras ; ablation, autopiastie à lambeau; greffe de l’épilhélioma au niveau de la plaie du lambeau pris à la
liique, séance du 8 février i 895. ° ''
Une femme de cinquante-sept ans entre, le 27 avril 1895, à l’hépilal lieaujon pour un épithélioma de l’avant-bras gauche, épithélioma développé sur une cicatrice de brûlure datant de la première enfance. L’ulcération datait de huit mois ; le 28 avril, elle a la largeur d’une pièce de 5 francs. Ses bords sont irrégulièrement découpés, un peu surélevés, rouge violacé. Le fond est bourgeonnant et enduit d’un magma purulent. Le diagnostic de cancer s’impose.
La malade réclame une intervention, et, comme il est impossible d’exciser le néoplasme et de suturer les bords de la plaie opératoire à cause de son étendue et du défaut d’élasticité du tissu cicatriciel, je me décide, plutôt que de pratiquer l’araputa-
inéthodc italienne. Ponr cela, je pratique sur h peau de l'abdomen deux longues inci¬
sions parallèies, écartées de 8 à 10 centimètres, pénétrant jusqu’il l’aponévrose. Puis le tissu cellulaire profond de ce lambeau ainsi taillé est disséqué, séparé de la même
L'examen histologique de la tumeur abdominale, pratiqué par M. Pilliet, indiqr qu’elle est constituée par un épithélioma cutané de même structure.