VIII. L’amino-acidémie est, ainsi que la plupart
des auteurs l’indiquent, essentiellement plasmatique, mais nos résultats montrent que la répartition de l’azote aminé dans le sang, se fait d’autant plus en faveur du plasma que l’amino-acidémie plasmatique est élevée. Nous apportons à l’appui de cette opinion les résultats de H. S. Wu ainsi que les expériences d’hyperamino-acidémie expérimentale de J. Trivas.
IX. — L’urée suit la même loi, et sa répartition dans les globules par rapport au plasma est d’autant plus faible que l’uréoémie plasmatique est plus élevée, ainsi qu’il ressort de nos chiffres et de ceux de Folin et Wu.
X. — A part quelques irrégularités tenant au mode et au lieu de production des polypeptides, ceux-ci suivent la même loi des répartitions que les autres composés.
XI. — Il est curieux de remarquer, d’après l’examen des chiffres d’auteurs différents, que le glucose a une répartition commandée, dans les différentes espèces animales, uniquement par les phénomènes de concentration dont nous nous sommes occupés. La répartition globulo-plasmatique du glucose n’est donc pas une question de « races » des hématies, et tient uniquement à la concentration plasmatique du glucose.
Enfin il est non moins curieux de remarquer que, malgré des différences physico-chimiques essentielles, le cholestérol se répartit entre les globules et le plasma de la même manière que les non-électrolytes.
En résumé, et comme conclusion pratique, nous pouvons dire que lorsque les substances azotées en particulier sont retenues dans le sang dans le cas de néphrite azotémique, leur taux augmente surtout dans le plasma, et beaucoup moins dans les globules. En somme plus la rétention azotée s’aggrave, plus les globules deviennent imperméables aux constituants azotés non protéiques, que ceux-ci proviennent de l’imperméabilité rénale ou de troubles du métabolisme.
On peut admettre, en transportant l’expérience de Clowes, que tout épithélium sécréteur est fonction, au point de vue sélection et travail, de la composition physico-chimique de liquide qui fournira la sécrétion ; on doit admettre encore que ce liquide — en l’espèce le plasma — est dans la néphrite urémigène de plus en plus concentré en non-électrolytes non protéiques.
Il est évident, dès lors que la sécrétion rénale se fera d’autant moins bien que ce liquide aura une nouvelle composition, par suite d’une mauvaise sécrétion, et que, d’autre part, les produits de déchets non éliminés, retentiront d’autant plus sur la perméabilité cellulaire et sur les troubles du métabolisme qui en résulteront.
Ainsi peut s’expliquer le cercle vicieux qui, de l’imperméabilité rénale, conduit à 1 urémie.
Cette loi de répartition globulo-plasmatique s’applique aussi à l’acide lactique et aux orthophosphates minéraux du sang. Ces faits ont été étudiés par le Docteur J. Dulcy pour l’acide lactique, et par le Docteur J. Cayla pour les orthophosphates minéraux.
Chez les sujets normaux, le taux moyen de l’acide lactique est de 19 cgr. 2, le rapport :
acide lactique globulaire
acide lactique plasmatique
est égal à 1,86 ; lorsque la teneur en acide lactique augmente (de 30 cgr. à 38 cgr.), le rapport diminue graduellement, et prend les valeurs correspondantes de 1,60 à 1,42.
Pour les orthophosphates minéraux du sang, lorsque la concentration des phosphates augmente dans le sang, elle augmente d’une façon plus considérable dans le plasma que dans les globules ; à une concentration plasmatique faible (hypophosphatémie plasmatique) correspond un rapport :
orthophosphates minéraux globulaires
orthophosphates minéraux plasmatiques
élevé (de 1,5 à 2,5). A une concentration moyenne, un rapport moyen (de 1 à 1,3) ; à une concentration élevée, un rapport bas (0,50 à 0,60).
ETUDES SUR LE CHIMISME HEMO-MENINGE
Sur la répartition des bicarbonates entre le sang et le liquide céphalo-rachidien. (Avec P. Cristol). Soc. Chim. de France. Section de Montpellier. Séance du 17 avril 1931.
Contribution à l’étude de l’équilibre hémo-rachidien des bicarbonates. — I. Le chimisme hémo-méningé de la réserve alcaline chez les sujets normaux. (Avec P. Cristoi.). Soc. des Scienc. Médic. et Biol, de Monip. et du Languedoc Méditer., 1931. Séance du 24 avril.
Le chimisme hémorachidien des bicarbonates dans les diverses méningites. (Avec P. Cristol). Arch. de la Soc. des Scienc. Médic. et Biol, de Montp. et du Languedoc Méditer., 1^32, t. XIII, p. 216.
Le chimisme hémorachidien des bicarbonates dans les céto-acidoses. (Avec P. Cristol). Ibid., 1932, t. XIII, p. 219.
En 1907, le Professeur E. Derrien a montré que la répartition des substances dialysables sans tropisme spécial, se fait entre le sang et le liquide céphalorachidien suivant une loi simple. Une telle substance aurait dans le liquide céphalo-rachidien une concentration proportionnelle à sa concentration dans le sang (plasma sanguin) et inversement proportionnelle à la racine carrée de la concentration isotonique :
K est une constante pour laquelle Derrien a proposé le nom de constante hémo-méningée.
Nos propres recherches nous ont permis de confirmer ces faits, et d’étendre cette loi aux bicarbonates.
Cr
Chez les sujets normaux, le rapport — pour les
bicarbonates est toujours voisin sinon égal au chiffre théorique qui est dans ce cas égal à 1,0.
T .F. CHIMISME HÉMORACHIDIEN DES BICARBONATES DANS LES DIVERSES MÉNINGITES
Les leucocytes contenus dans le liquide céphalorachidien au cours de ces infections, sécrètent des diastases qui font fermenter le glucose qui s’y trouve avec production d’acide lactique. Nous savons, d’autre part, que l’acide lactique est un acide capable de décomposer in vitro les bicarbonates. Il est donc
CO a Cr
intéressant d’étudier ce que devient le rapport -