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I.e U lest de l’Iiistamine » (Carnot et Lihcrl

L attention des physiologistes a été retenue depuis quelques années par l’histamine, produit de décarboxylation de rhistidine,et comme elle possédant le noyau de 1 imidazol (1). Ce corps, doué de propriétés énergiques dans le domaine de la circulation, est de plus susceptible, dans certaines conditions, de faire sécréter la muqueuse gastrique.

Cette action sur la sécrétion gastrique, observé tout d abord chez 1 animal (Popielski, Heusing, Koskowski, Keeton, Koch et Luckhardt) fut retrouvée pour la première fois chez l’homme par Carnot, Koskowski et Liber! (mars 1922) ; l’étude des cas pathologiques ne fut

(1) L’histidine a pour formule :

/ NH - CH

— C — CH'CH.Nm.COOH

Par perte de CO*, on obtient l’histamine, de formule : /NH - CH acC II

- C - CHi.CH=NH*,

entreprise qu’un peu plus tard par Lim, Matheson et Ammon ; Lira, Matheson, et Schlapp ; Dobson ; Carnot et Libert.

Nous avons nous-raêrae, avec le P” Gilbert et Bouttier, étudié la sécrétion gastrique par cette technique chez vingt-sept sujets.

Pour huit d’entre eux, la comparaison put être faite entre l’épreuve de l’histamine et les résultats obtenus par repas d’épreuve.

Après avoir employé des doses d’histamine variant entre 0 mg. 75 et 1 mg. 5, nous avons adopté finalement celle de 1 milligramme en solution dans un centimètre cube de sérum physiologique. Les ampoules doivent être de préparation récente (moins de six semaines) et stérilisées par tyndallisation, car l’histamine s’altère facilement. La voie sous-cutanée est seule utilisable chez l’homme.

Presque aussitôt après l’injection, on observe quelques troubles vasomoteurs :

1“ Une réaction générale, débutant de deux à cinq minutes après l’injection, et comparable à une crise nitritoïde atténuée : rougeur de la face, battements des temporales, quelquefois érythème cervico-thoracique. Le pouls s’accélère de façon variable suivant le malade. La tension artérielle est abaissée de 1/2 à 1, parfois 2 centimètres de mercure. Cette chute est plus constante, plus marquée et plus prolongée pour la minima que pour la maxima.

2° Vae réaction locale, un peu plus tardive: autour du point d’injection, apparaît un érythème intense, qui

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s’étend rapidement, et peut couvrir une ou deux fois la largeur de la main. Au centre se dessine une papule d’œdème d’aspect urticarien. Il n’y a aucune modification de la sensibilité objective, ni douleurs, ni prurit.

Courbe schématique normale (1)

Il est exceptionnel que l’injection d’histamine provoque des phénomènes plus désagréables, tels que nausées, céphalée, si l’on ne dépasse pas la dose d’un milligramme. Les malaises disparaissent en dix minutes environ ; la vaso-dilatation de la face et l’érythème lo-

(1) A. acidité totale (colonne de gauche).

H. acidité chlorhydrique libre (colonne de gauche).

V. Volume delà sécrétion en centimètre cube (colonne de droite).

En abci.sses nombre de minutes depuis le moment de 1 injection d’histamine, marqué par la flèche.

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cal persistent plus longtemps, pendant une heure à une heure et demie.

Ces réactions ne sont jamais très pénibles. On peut du reste, par l’adjonction d’une petite quantité d’adrénaline (un quart de-milligramme)^ atténuer considérablement et même supprimer la réaction générale. La réaction locale et l’action gastrique ne sont pas modifiées. C’est cette technique que nous avons utilisée dans la plupart de nos observations.

Normalement, la sécrétion gastrique débute dix à quinze minutes après l’injection d’histamine; elle dure de une heure trente aune heure quarante-cinq. On peut la suivre en effectuant des prises à intervalles réguliers au moyen de la sonde d’Einhorn : on relire en moyenne 130 à 130 centimètres cubes de liquide limpide ou légèrement opalescent, très acide, riche en ferments.

La sécrélion passe par un maximum entre quarantecinq et soixante minutes et décroît ensuite plus ou moins rapidement. La courbe forme quelquefois un plateau ou peut même présenter deux maxima, ordinairement vers la quarante-cinquième et la soixantequinzième minute.

Les courbes d’acidité totale et chlorhydiHque accusent une rapide augmentation dès le début de la sécrétion ; elles reviennent plus lentement à leur taux initial que la courbe de volume ; leur maximum ne coïncide pas toujours avec celui du liquide sécrété. L’acidité totale maxima est en moyenne de 3,4 p. 1.000 ; l’acidité cjilo-

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rhydrique libre, de 3 p. 1.000 (méthode de Topfer-Linossier).

Les chiffres obtenus par ce procédé sont donc nettement supérieurs à ceux des repas d’épreuve. Notons en effet qu’ici nous avons un suc gastrique pur de tout mélange alimentaire. Son acidité est presque exclusivement constituée par l'acide chlorhydrique libre. Ce sont là des conditions favorables pour l’examen, tant cbimique que cytologique.

La teneur en pepsine et en lab-ferment augmente toujours dans le suc histaminique par rapport au suc basal. La courbe des ferments, en particulier celle de la pepsine, est plus irrégulière que celle de l’acidité. Le maximum en est atteint en général un peu avant le maximum d’acidité. L’activité peptique tend à persister plus longtemps que l’byperacidité. Ces résultats mériteraient d’être repris à la lumière d’observations plus nombreuses. Toutefois, sans qu’on puisse parler de parallélisme absolu entre les ferments et l’acidité, il semble bien d’après les observations de Carnot, Koskowki et Libert, celles de Lim, de Matlieson et Ammon, de Dobson et les nôtres, que les sucs les plus acides soient en même temps les plus riches en ferments.

Chez les sujets atteints de troubles dyspeptiques, les réponses obtenues par l’épreuve de l’histamine varient dans des proportions notables et permettent de caractériser nettement les divers types pathologiques de la sécrétion.

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1» Cancer gastrique

En cas de cancer gastrique, la quantité de suc gastrique retiré reste minime ; la sécrétion est parfois retardée, discontinue. Le liquide est fortement muqueux. On peut le plus souvent y déceler la présence de sang. L’acidité ne subit qu’une faible augmentation sous l’intluence de l’Iiistamine ; cette augmentation peut même manquer. Fréquemment, on ne peut caractériser d’acide chlorhydrique libre.

Voici à titre d’exemple un graphique obtenu chez un sujet atteint de cancer gastrique. Chez ce malade l’acide chlorhydrique libre faisait complètement défaut.

2» Ulcère gastrique ou duodénal

En cas d’ulcère gastriciue ou duodénal, nous avons obtenu des sécrétions abondantes, souvent prolongées, atteignant un maximum élevé en un temps relativement court. La courbe ne présente qu’un seul sommet ; l’acidité reste longtemps élevée ; enfin la quantité totale d’acide chlorhydrique sécrété est nettement supérieure

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à la moyenne normale. Dans les échantillons prélevés, la présence de .sang est généralement constatée par les réactifs ordinaires.

Ulcère gastrique.

30 Troubles dyspepsiques sans lésion organique avérée

En cas de troubles dyspepsiques sans lésion ulcéreuse ou cancéreuse, les réponses à l’histamine permettent, comme les méthodes classiques, de distinguer des hyperchlorhydriques et des hypochlorhydriques.

Chez certains dyspeptiques tuberculeux, nous avons pu déceler des achlorhydries aussi complètes que chez les cancéreux. Le plus souvent cependant, l’histamine réveille la sécrétion gastrique des hyposécrétants, et

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ôn constate la forrnation d’acide chlorhydrique libre ; mais les taux d’acidité restent inférieurs à la normale. La sécrétion est parfois irrégulière, la courbe présentant plusieurs oscillations. Voici un type (}e réponse à l’histamine chez un dyspeptique, pour lequel le repas d’épreuve d’Evvald avait fourni un chiffre d’acidité faible :

Dyspepsie hypochlorhydrique.

D’autre cas nous ont donné des réponses très comparables aux cas normaux ; il s’agissait, dans l’observation relatée ci-dessous, de troubles dyspeptiques d’allure très banale, rapidement améliorés par le régime.

Dyspepsie simple : chimisme normal.

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Enfin chez les hyperchlorhydriques, le taux d’acidité peut atteindre des chiffres très élevés ; mais le plus souvent,la quantité de suc gastrique retiré est moindre que chez les ulcéreux, comme dans le graphique suivant.

Dyspepsie hyperchlorhydrique.

Comparaison des renseignements fournis par rhistamine avec ceux fournis par la technique classique du repas d’épreuve

Dans le cas où nous avons pu comparer les résultats de l’épreuve de l’histamine et ceux du repas d’épreuve, rhistamine nous a toujours fourni des données analogues. Cependant elle provoque une véritable hypersécrétion et, la plupart du temps, les taux d’acidité sont

plus élevés qu’après repas d’épreuve. Seules les achlorhydries totales, particulièrement chez les cancéreux, ne réagissent pas à cet excitant. On doit tenir compte de ces particularités dans l’interprétation des résultats ; l’absence complète, de réponse à l’histamine, plusieurs fois constatée, paraît prouver une atteinte extrêmement profonde de la capacité sécrétoire de la muqueuse gastrique.

Il apparaît donc que l’histamine peut rendre des services comme procédé de diagnostic, lorsqu’il est utile de préciser l’état de la sécrétion gastrique. Elle permet d’obtenir aisément du suc gastrique à l’état de pureté et donne sur la composition de ce liquide des renseignements de même ordre que les repas d’épreuve. De plus, l’absence de débris alimentaires dans le contenu gastrique facilite l’usage de la sonde d’Einhorn et l’étude par cette technique de l’ensemble de la sécrétion, ainsi que les examens cytologiques.

Peut-on espérer davantage et proposer l’injection d’histamine pour traiter certaines gastrites hypopeptiques ? Quelques essais ont été effectués dans ce sens mais sont encore trop peu nombreux pour permettre une conclusion.

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