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VI. - CONTRIBUTION A L’HYGIÈNE ET A L’ÉPIDÉMIOLOGIE MILITAIRES

Mes lonctions de Médecin chef de grands établissemenls hospitaliers et de places occupées par des carnisons nombreuses, celles de Directeur du service de santé d'un corps d’armée, de Médecin Inspecteur Général chargé de missions incessantes dans des garnisons dont l’état sanitaire était compromis, celtes do Membre de la Commission supérieure d'hygiène et d'épidémiologie militaires au Ministère de la guerre, enfin mes fonctions actuelles de Président du Comité technique de santé, m’ont imposé très fréquemment d’étudier à fond de hautes questions d’hygiène et d’épidémiologie.

Ainsi s’explique que, malgré ma spécialisation chirurgicale, j'aie été incité à prendre part, voire à provoquer d’importantes discussions au sein de hautes assemblées scientifiques sur des sujets relevant de l’hygiène et de l’épidémiologie.

I. — Sur la disinleclion des pulls par le permanganate de potasse. (Mémoire lu à r.Académie de Médecine, in Bulletin de l'Académie de Médecine, ItXlO, et in Annales d'hygiène publique el de médecine légale.)

Lorsque j’étais, en 1897-98, Médecin chef de 1 liôpilal et de la Place du camp de Chûlons, j’eus à me préoccuper de la vérification et de la désinfection des puits d'alimentation destinés à deu.x corps d’armée.

Ces puits, au nombre de 24, inutilisés depuis 1850 et mal protégés, étaient infectés par des cadavres d’animaux, des déjections humaines, des détritus de toutes sortes, par les poussières de sols infectés (dysenterie, fièvre typhoïde).

adoptée et prescrite dans l’armée ; elle a été poursuivie, sous mes auspices, à l’hôpital Bégin et au Val-de-Grâcc, et continuée depuis dans d’autres hôpitaux militaires.

III. — De la syphilis dam l’armée. (Mémoire lu à l’Académie de Médecine, le 23 avril 1907, in Bulletins de l’Académie de Médecine, 1907.)

C’est un préjugé encore trop répandu, étayé d’ailleurs par des assertions médicales, que l’armée est un milieu actif de diffusion de la syphilis. J’ai montré que la syphilis y est, au contraire, moins fréquente que dans la population civile.

Je fais connaître toute la série des moyens qui sont en usage dans l’armée pour en préserver le jeune soldat. Me basant sur l’état sanitaire défectueux des nations étrangères et des villes françaises dans lesquelles la réglementation administrative de la prostitution a été abolie, je la réclame comme une mesure prophylactique de première nécessité.

N’est-il pas effrayant, l’exemple cité par Fournier, de cette fille d’un estaminet de barrière, prostituée clandestine et non soumise à la visite médicale qui, en l’espace de quelques mois, syphilise 360 hommes !

J’établis sur preuves que. non seulement le temps de service militaire est, en France, celui pendant lequel les jeunes gens contractent le moins de syphilis, mais encore que c’est pendant son passage sous les drapeaux, que le jeune Français apprend le mieux à s’en préserver pour

Que l’extension des maladies vénériennes, en général, et de la syphilis en particulier, est proportionnelle au développement de la prostitution clandestine et en rapport avec le défaut ou l’insuffisance de la surveillance médicale et administrative.

Que dans la plupart des villes de garnison, les mesures de réglementation prises par les municipalités, à la requête du service de santé militaire, apportent toujours une amélioration, parfois décisive, dans un milieu sanitaire défectueux.

Ce mémoire se termine par des vœux que l’Académie de Médecine a pris en considération.

Que l’épidémiologie d’une caserne n’est pas le critérium certain de sa valeur hygiénique ;

Que des casernes neuves, très bien construites et bien aménagées, sont parfois plus fréquentées par les épidémies que des casernes anciennes, en particulier que celles du nord-est de la France, qui remontent à Vauban ;

la ville de garnison ;

Que le milieu urbain a la principale part, comme la principale responsabilité dans l’apparition et la dissémination des grosses épidémies qui sévissent dans les casernes (fièvres éruptives, fièvres typhoïdes) ;

Que le nombre, la fréquence, la variété dès épidémies qui sévissent dans les casernes, ne peuvent servir d’argument de valeur pour autoriser à en demander la désaffectation et le remplacement ;

Que c’est au nom de l’hygiène de salubrité, parfois en considération de l’état de conservation et d’entretien des locaux et non sous l’égide et avec l’appui de l’hygiène prophylactique, qu on peut être autorisé à réclamer la désaffectation de casernes anciennes ;

L’étude- attentive du casernement français montre que l’utilité de celle désaffectation se réduit à quelques unités.

Le peu de risques que les casernes anciennes susceptibles de désaffectation font courir à leurs occupants autorise à subordonner cette désaffectation aux exigences du budget.

Bien que très perfectible encore, la caserne, habitat de collectivités dont l’éducation est trop à taire au point de vue de la propreté, surtout avec le service à court terme, est, au point de vue de l’hygiène, supérieure aux milieux de la ville et de la campagne qui abritent les mêmes éléments.

VL — Etude du casernement fiiançais, ses desiderata, ses translormations nécessaires. (Rapport à la Commission supérieure consultative d’hygiène et d'épidémiologie militaires, in Archives du ministère de la guerre, 1904-1907.)

Ce mémoire volumineux, fruit d’un travail poursuivi pendant plusieurs années, est une étude de synthèse des narrations hygiéniques et épidé-

— agrès années, une extension extrême. Dans le Rapport qu’en 1910 M. le Professeur Vincent avait lu à l’Académie de Médecine, sur les épidémies (Rapport destiné au Ministre de l’Intérieur), il semblait que la prophylaxie inspirée par cette théorie dût prendre la première place dans les préoccupations des pouvoirs publics comme des populations.

soutenue dans mes trois discours très documentés et qui a eu un très grand retentissement à la fois dans cette .Assemblée et en dehors d’elle, j’ai montré que : si les modes de contagion typhoïdiques sont variés, si les porteurs chroniques ou sains de bacilles ont leur part dans ces modes, aujourd’hui comme hier Vinlection de l'eau les domine tous, qu’elle donne la ciel de l’origine des plus meurtrières épidémies, que, par le fait, sa prophylaxie doit resler, jusqu’à la translormalion de l’état de choses actuel, la préoccupalion principale des Sociétés savantes comme la base de l’eUorl des municipalités et des pouvoirs publics.

Les statistiques de 1 armée, d’une rigoureuse exactitude, démontrent avec évidence que, pendant les quatre périodes quinquennales de 1888 à 1907, c’est-à-dire pendant la période de lutte hydrique, la morbidité typhoïdique dans notre armée s’est réduite de moitié en France, comme en Algérie, et que c’est surtout à l’amélioration du régime des eaux de boisson que cet admirable résultat est dû.

Des villes nombreuses, parmi lesquelles Vichy ofi, comme l’a si bien montré à l'Académie M, Linossier, se trouvent réunis, pour leur traitement, plus de porteurs chroniques de bacilles, typhiques que dans n’importe quelle autre ville, ont vu leur morbidité typhoïdique se transformer, tomber même (Vichy), grâce aux progrès de leur hygiène hydrique. Mes conclusions se formulaient ainsi ;

Les grandes épidémies typhoïdiques sont d’origine hydrique ;

Ce sont surtout les villes du Midi qui chargent les tables de morbidité; Il y a lieu d’inviter les pouvoirs publics à les forcer à purifier leurs eaux cl à assainir leurs sols.

Sun LA VACCINATION ANTITYPHIQUE. (Communications lues à l'.Académie de Médecine, le 31 janvier 1911 et le 14 lévrier 1911, in Bulletins de l’Académie de Médecine et journaux médicaux.)

La première de mes communications a ouvert à l’Académie de Méde-

Notre état sanitaire, qui s’améliore sans cesse au point de vue des épidémies typhoïdiques, grâce à l’amélioration du régime des eaux, ne légitime pas l’emploi d'une méthode qui, d’après les termes mêmes du rapporteur, ne serait « ni anodine, ni indifférente pour celui qui en est l’objet ».

Mes conclusions étaient les suivantes :

1° La vaccination antityphique est, à l’heure actuelle, une méthode dont les milieux scientifiques, comme les milieux dirigeants, ne sauraient se désintéresser ;

2“ Malgré les progrès réalisés, elle ne donne pas encore une immunisation assez sûre, assez complète ; elle n'est pas encore assez dépourvue d’inconvénients (phase négative, accidents locaux et généraux, contreindications nombreuses) pour qu’on puisse la recommander, même à titre tacultatif, aussi bien dans le milieu civil que dans l’armée.

Dans ma deuxième communication, je réponds aux objections qui m’avaient été faites et, après avoir fait remarquer que de la discussion nouvelle il ressortait toujours que les vaccins bacillaires, lesquels ont, pour eux, l’appoint de l’expérience, ont des inconvénients et que, d’un autre côté, la méthode des autolysats bacillaires manque de l’épreuve du temps, de l’expérience et laisse le champ ouvert à l’imprévu, j'estiinais qu’il était inadmissible de songer à étendre d’une façon aussi abusive, dans un pays, fût-ce à titre facultatif, une vaccination dont les procédés ne sont pas sans inconvénients ou qui ont encore besoin d’être sanctionnés par l’expérience.

Rapport adressé au Ministre de la guerre sur une mission accomplie

dans la Chaouïa (Maroc) et sur la {rontière algéro-marocaine (1908).

In Archives du Ministère de la guerre, 1908)

Ce rapport servira de base à un travail en préparation et qui sera publié ultérieurement.

Dans ce long rapport, j’étudie les installations des camps et des postes ; je signale les desiderata hygiéniques qu’ils présentaient et que j ai fait cesser ; les maladies qui sévissaient sur les troupes, ainsi que les mesures que j'ai prescrites pour améliorer leur état sanitaire. J’ai examiné un à un les blessés de la campagne et donné, au sujet de leur traitement, des indications utiles.

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