VIL - SOCIÉTÉ DE MÉDECINE MILITAIRE FRANÇAISE
Alors que des spécialisations médicales a horizon circonscrit ont depuis longtemps leurs Sociélés savanles actives, on avait lieu de s elonner qu’elles soient, sous ce rapport, mieux dotées que la Médecine militaire, dont le programme, bien autrement étendu et varié, s’étend des confins de la médecine à ceux de la chirurgie cl comprend : la pathologie médicale et la pathologie chirurgicale du soldat, les maladies des ; pays chauds, l’hygiène, l'épidémiologie des armées, les traumatismes ' par armes de guerre — lesquels sont soumis aux variations incessantes ; de l’armement — la médecine légale militaire, l’organisation sanitaire des armées en temps de paix et sur'le champ de hataille. j
L'utilité d’une .Société ayant pour but l’étude d’un programme aussi étendu était évidente et sa constitution s’imposait. Je pris l’initiative d’en assurer la création.
En 1903, je présentais un projet de constitution que M. le Minislrè de la guerre André acceptait sans le sanctionner ; M. le Ministre de la guerre Berteaux faisait de même.
Sur mes instances, après assentiment des Ministres de la marine cl des colonies, par décision en date du 5 septembre 1906, M. le Ministre de la guerre Etienne autorisait cette association scientifique sous le nom de Société de Médecine militaire Irançaise. Il établissait ses statuts, fixait son siège à l’Ecole d’application de la médecine militaire {Val-de- Grâce), la plaçait sous le haut patronage des Ministres de la guerre, de la marine et des colonies et me prescrivait de faire les démarches que je jugerais nécessaires auprès des médecins de l’armée de terre, de la marine et des colonies, en vue d’assurer son fonctionnement.
Le 15 novembre 1906, soit deux mois après cette décision, la Société de Médecine militaire française, sous ma présidence et avec un bureau provisoire, tenait son assemblée générale constitutive, comptant 340 membres titulaires et 25 membres associés, parmi lesquels elle était ho-
norée de compter les Professeurs Bouchard, Boux, Lannelongue, Uiatin, de l’Institut ; les Professeurs Berger, Chauffard, Landouzy, Lucas- Championnière, Reynier, de l’Académie de Médecine ; le Professeur Segond, président de la Société de Chirurgie; MM; Lejars, Picqué, Schwartz, Walther, Ricard, de la Société de Chirurgie ; les Professeurs Forgues, de Montpellier ; Lacassagne, de Lyon ; Jeannel, de Toulouse ; Iæ Fort, de Lille ; Lagrange et Verdelet, de Bordeaux. Actuellement, elle compte près de douze cenis membres. Elle établit un lien scientifique étroit entre les médecins de l’armée de terre, de la marine et des colonies.
En maintenant à son ordre du jour pendant très longtemps les mêmes sujets et en sollicitant d'une façon incessante l'apport des matériaux, les questions qui y sont discutées prennent une ampleur documentaire et une valeur critique de premier ordre. Celles qui ont porté sur la dysenterie, la syphilis, l'étiologie de la fièvre typhoïde, la désinleclion des locaux, les droits ouverts par les inSirmilés ou blessures reçues en service, les pansements en chirurgie de guerre, la tuberculose dans l'armée, les blessures de l'abdomen dans le service de l'avant, l'épuration des eaux de boisson, le secret médical dans l'armée, les hémarlhroses du genou, les Iractures lermées du crâne, les méthodes de gymnastique utilisables dans l'armée, le traitement prévenlil du paludisme par la quinine, etc., constituent des mises au point dont il sera tenu compte dans l’histoire de ces affections ou de pratiques d’ordre hygiénique.
Je me contenterai de signaler la part que j'ai prise aux discussions, par mes notes sur : la pathogénie de la dysenierie au camp de Chûlons, 1907, p. 104 ; la désinfection des locaux, 1908, p. 693 ; le cerclage de la rotule, p. 175 ; l'angine de Ludwig, p. 175 ; les dépôts de convalescents, p. 502 ; la purification des eaux en campagne, p. 502 ; les blessures de l'abdomen, p. 578 ; sur un filire Miquel Mouchet de fortune, utilisable en campagne, p. 520 ; sur l'ozonisation des eaux, p. 550 ; des rapports de la tuberculose avec le iraumaUsme, 1909, p, 47 ; sur la pleurésie purulente et l'empyème, p. 53 ; sur les procédés de cures radicales de hernie utilisables chez le soldat, p. 07 ; sur l'albuminurie transitoire, p. 85 ; sur l'épuration de l'eau en campagne, p. 228 ; sur le degré de contagiosité des porteurs de bacilles typhoïdiques, p. 247 ; sur l'hydarthrose traumatique, p. 457 ; sur le cathétérisme uréthral après la cure
des hernies, 1910, p. 27 ; sur le rétrécissement uréthral d'origine hystérique, p. 200 ; sur la technique de l'empyème et sur le degré d'utilité des lavages dans les pleurésies purulentes, p. 228 ; sur la résection de l'extrémité supérieure du sternum et de l’extrémité interne de la clavicule, p. 264 ; sur le drainage dans les cas d'empyème, p. 279 ; sur l’empyème du médimtin, p. 308 ; sur l'ablation des esquilles dans les coups de leu, 1911, p. 161 ; sur les inieclions mercurielles dans la syphilis, p. 205 ; sur les fissures des fractures du crâne, p. 207 ; sur les coups de feu langenliels du crâne, p. 213 ; sur l'appendicite, p. 314 ; sur les cas de tétanos observés à la suite de plaies guéries par première intention, p. 478.