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Titres et travaux scientifiques

Diverses raisons m’ont déterminé à publier une nouvelle notice, au lieu de rééditer la liste de mes travaux scientifiques. En comparant entre elles mes notices successives, telles qu’elles ont paru sous leur forme primitive, on jugera du premier coup d’œil de la voie que j’ai suivie et du chemin parcouru. Les sciences ne sont jamais terminées, disait Claude Bernard. Aussi suis-je revenu à diverses reprises aux inêmes organes et aux mêmes tissus, en les envisageant à des points de vue différents et en appliquant à leur étude des techniques plus perfectionnées. Mes dernières publications ne sont donc que la suite naturelle de mes premières recherches et, en comparant mes conclusions actuelles aux conclusions antérieures, il est facile de voir que mes derniers résultats se sont simplifiés et réalisent, si je ne m’abuse, un progrès en anatomie générale.

En collaborant avec des maîtres éminents, j’ai pu m’inspirer deleui’s idées, m’assimiler leurs méthodes et les appliquer à mes propres l’echerches. Avec Georges Pouchet, j’ai su apprécier les éclaircissements que nous devons à l’anatomie comparée. Charles Robin m'a appris à connaître la valeur de l’observation exacte et à dégager le fait positif'des considérations théoriques. Enfin, Mathias-Duval m’a fait comprendre toute l’importance qu’il convient d’accorder à l’évolution embryonnaire des organes et des tissus.

Outre l’anatomie comparée, l’histologie et l’embryologie, j’ai eu recours à l’expérimentation pour déterminer la forme et le jeu des organes ou des tissus. De plus, disposant de moyens d’investigation plus précis, de techniques plus parfaites, j'ai pu envisager les problèmes d’organisation et d’évolution sous d’autres faces, confirmer certaines de mes conclusions antérieures et en modifier d’autres.

Chargé pendant neuf ans (1889-1898) des conférences d’histologie à la Faculté de médecine, je me suis rendu compte des services qu’on peut attendre de l’enseignement oral et dogmatique. Par là, il est possible, en peu de temps, de

donner aux étudiants les notions générales que possède la science sur les questions de structure et d’organisation animales. Depuis que je dirige les travaux pratiques d’histologie (1898-1907), j’ai acquis la conviction que l’enseignement théorique n’a toute son efficacité qu'à une condition, c’est que les étudiants voient par eux-mêmes les organes et les éléments qui forment la matière des leçons théoriques.

En somme, l’instruction des élèves doit être à la fois pratiquée! théorique : après la connaissance de la forme et des aspects divers que, pendant leur évolution, présentent les organes, les tissus et les cellules', il est nécessaire de relier les apparences entre elles en traçant le tableau des explications qu’on en a proposées. L’étudiant a besoin d’être fixé sur les faits et sur la confiance qu’il convient d’accorder aux assertions des auteurs. Ce but ne saurait être atteint que par l’observation scrupuleuse des phénomènes naturels et par une critique impartiale des travaux de nos devanciers.

Si dans plusieurs questions de structure et d’histogenèse, je suis arrivé à des résultats différents des théories classiques, je le dois aux procédés d’examen plus parfaits que nous possédons aujourd’hui, ainsi qu’aux méthodes expérimentales que j’ai essayé d’introduire en histologie. En consacrant depuis de longues années tout mon temps et toute mon activité à l’histologie et à l’embryologie, il m’a été possible d’aborder nombre de problèmes d’organisation, et, si je ne me fais illusion, d’élucider plusieurs points obscurs ou controversés.

Bien que j’aie été préparateur de G. Pouchet au Muséum, bien que j’aie travaillé au laboratoire de Lacaze-Duthiers à la Sorbonne, à ceux de Concarneau et de Roscoff, bien que j’aie professé de 1895 à 1901 un cours de biologie à l’Hôtel de Ville (enseignement populaire supérieur), c’est à la Faculté de médecine que j’ai parcouru toute ma carrière scientifique. Toutes mes recherches personnelles ont été poursuivies au laboratoire d’histologie de la Faculté de médecine (1882-1907).

C est également à la Faculté de médecine que j’ai fait, pendant neuf ans, comme agrégé, des conférences d’histologie ; enfin, depuis 1898, j’y dirige les travaux pratiques d’bistologie.

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