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Sur l’origine du vagin de la femme

{Société de Biologie, 2 mai 1891).

En étudiant des coupes rigoureusement sériées sur les embryons et les fœtus humains, voici ce que j’ai observé quant au développement du vagin chez la femme.

Dans le courant du troisième mois (lunaire), les canaux de Muller débouchent dans le sinus urogénital, aussi bien pour le sexe masculin que pour le féminin. Tandis que, chez le mâle, le sinus urogénital continue à rester un canal unique, on voit, chez le fœtus féminin, le sinus urogénital se cloisonner à partir du point d’abouchement des canaux de Muller. Le cloisonnement se fait d’après un mode identique à celui que j’ai décrit pour le cloaquei : à cet elfet, les parois làtérales du sinus urogénital se portent l’une vers l’autre en formant chacune un pli. Ces deux plis se rapprochent, étranglent le sinus urogénital et le divisent en un canal antérieur [urètre) et en un canal postérieur {vagin). Arri-

1. Comptes rendus Soc. Biol., i janvier, 1" février et 24 mai 1890, et Journal de l'Anatomie et de la Physiol., 1890, p. 127. (Voir plus haut, p. 31, 35 et 42.)

vés au contact, ces plis se fusionnent, et il en résulte la cloison urétro-vaginale.

Le cloisonnement se poursuit de haut en bas, de telle sorte que, vers la fin du quatrième mois, le bord inférieur du septum ure-

tro-vaginal arrive au niveau du bord supérieur du bulbeduvagin,

et que, pendant le cinquième et le sixième mois, le cloisonnement seft'ectue jusqu’au-dessous de la partie inférieure du bulbe du

vagin. J 1

Ce mode de cloisonnement du sinus urogénital nous donne la clé de la descente de l’orifice vaginal d’une part, et de 1 urètre de l’autre, en même temps qu’il nous rend compte de la formation de la cloison urétro-vaginale. Les parties continuent à conserver leurs connexions, tout en se modifiant pendant le développement. Ces modifications se réduisent à la jonction des plis latéraux du sinus urogénital et à la formation du septum urétro-vaginal, qui cloisonne le sinus et prolonge de haut en bas l’urètre et le vagm jusqu’auprès des petites lèvres. ^

Voici comment il convient d’interpréter les faits évolutifs qu on observe par la méthode précitée : la portion du vagin qui répond au bas-fond de la vessie et au segment supérieur de l’urètre, entouré d’un sphincter strié complet, est un dérivé des canaux de Muller. Quant à la portion du vagin qui correspond au segment inférieur de l’urètre, c’est-à-dire à la moitié inférieure environ où le sphincter urétral strié est interrompu sur la paroi postérieure, elle résulte, comme le segment de l’urètre qui est en rapport avec elle, du cloisonnement du sinus urogénital.

41 Sur le développement comparé du vagin et du vestibule des mammifères {Société de Biologie, 9 mai 1891).

L’opinion classique veut que, chez les divers mammifères, de même que chez la femme, le vagin résulte de la soudure des extrémités inférieures des canaux de Muller.Enemployantune méthode

identique à celle que j’ai décrite dans la note précédente, je suis arrivé à cet égard au même résultat général pour ce qui a trait a la formation du vagin dans les foetus de cheval, de veau, de mouton, de chat, de chien, de lapin et de cobaye, à savoir ; le segment infe-

rieur du vagin et la portion correspondante de l’urètre femelle sont l’un et l’autre des dérivés du sinus urogénital. Ce d ernier se cloisonne suivant le mode que j’ai signalé sur les embryons humains.

Cependant le degré variable du cloisonnement nous rend compte des faits d’anatomie'comparée suivants :

1“ Dans le premier type (jument, etc.), l’urètre s’ouvre à une distance considérable de la vulve ;

2“ Dans le deuxième type {cobaye, etc.), l’urètre vient faire saillie à l’extérieur ;

3° La femme représente un type intermédiaire, puisque l’urètre débouche sur un plan qui passe par le bord adhérent des petites lèvres.

Cette évolution différente nous donne également la clé des rapports variables qu’affectent le bulbe et le muscle bulbo-caverneux à l’égard de l’urètre, du vagin et du vestibule.

Chez les femelles du premier type, le bulbe est situé sur les parties latérales et inférieures (postérieures) du vestibule. Il y a un bulbe du vestibule, et le muscle bulbo-caverneux qui le recouvre mérite dans le cas le nom de constricteur du vestibule.

Chez les femelles du deuxième type, le bulbe et le muscle bulbocaverneux embrassent de la même façon le vagin et le segment correspondant de l’urètre. Il existe un bulbe du vagin et de Vurètre, de même que le bulbo-caverneux est à la fois constricteur et du vagin et de Vurètre.

Enfin, chez la femme, le bulbe et le muscle bulbo-caverneux sont situés, en majeure partie, sur les parties latérales de l’entrée du vagin et de l’urètre. Une faible portion des faisceaux musculaires antérieurs déborde le bord antérieur de ces conduits et appartient au vestibule.

morphologie et l’évolution de l’épithélium du vagin

des mammifères {Mémoires de la Société de Biologie, 26 mars 1892).

M. Moeau a signalé, en 1889, la présence d’un épithélium muqueux dans le Vagin de certains rongeurs (souris, cobaye). Pour cet auteur, la transformation de l’épithélium kératinisé en épithélium muqueux est sous la dépendance du rut et de l’ovulation; la gestation ne fait que prolonger et accentuer cet état.

I. Salvioli est arrivé, en 1892, à des résultats différents pour la

^T^étudié l’évolution et la structure de l’épithélium vaginal chez les emhrvons et les foetus de cohaye, chez le cobaye jeune et adulte. J’ai constaté le fait suivant : bien avant que le cobaye soit apte a a reproduction, en dehors de toute influence du rut et du coït, le segment proximal de son vagin est pourvu d’assises nombreuses de cellulL cylindriques ayant subi la transformation muqueuse. Dans la suite, le cobaye adulte possède constamment, dans le segment proximal du vagin, un épithélium dont les nombreuses assises sunerficielles ont subi la modification muqueuse.

Pour ce qui concerne les mammifères autres que les rongeurs (chienne, chatte, brebis, vache, jument), voici les phénomènes que i’ai observés dans la structure et l’évolution de l’epithelium vaginal.

Chez la chienne, la chatte, la brebis et la vache, l’epithelium du segment proximal du vagin reste pavimenteux ou polyédrique stratifié jusqu’à une époque avancée de la gestation. Ces replis de la muqueuse que débute la transformation muqueuse des cellules superficielles devenues cylindriques. , ^ ,

La modification muqueuse atteint son plus haut degré de eve-

loppement quelques jours après la parturition.

Chez les carnivores et les ruminants, ni l’epoque du rut ni le coi ne semblent produire aucune modification appréciable dans la structure de l’épithélium vaginal. La dernière période de la gestation et surtout la parturition exercent une influence directe sur. la transformation muqueuse des cellules épithéliales du vagin.

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