J’ai essayé de déterminer les modifications
qui ont lieu dans
la muqueuse utérine de la chienne et de la chatte pendant la période du rut.
Des observations que je rapporte je crois légitime de tirer les conclusions suivantes :
1° Le mucus qui s'écoule des organes génitaux provient de la chute et . de la fonte des cellules épithéliales de l'utérus et de ses glandes;
2° La dilatation et la rupture des capillaires utérins produit des foyers h.émon'agiques dans le chorion et un épanchement sanguin superficiel, se mêlant aux mucosités ;
3° Le chorion de la muqueuse utérine est le siège, à l’époque du rut, d'une prolifération et d'une hypertrophie doublant et triplant l'épaisseur des couches qui le constituent.
J’ai constaté, en outre, sur la chienne et la chatte arrivées à la fin du rut, l’existence de granulations pigmentées au centre des foyers hémorragiques; ces granulations ont manifestement pris naissance aux dépens des amas de globules rouges extravasés.
II. J’ai tenté, en second lieu, de déterminer la structure de la muqueuse : 1° à l’état de repos (en dehors du rut et de la gestation) ; 2° à l’époque du rut.
Les faits que j’ai rapportés plus haut prouvent qu’on observe, chez la chienne et la chatte, à l’époque du rut, indépendamment de la congestion des organes génitaux externes et de l’excitation génitale, une hypertrophie de la muqueuse utérine et un épanchement de sang dans le chorion de cette membrane.
En rapprochant ces phénomènes des observations multipliées du professeur Mathias-Duval sur la formation du placenta (dilatation des vaisseaux utérins et épanchement de sang dans un tissu d’origine fœtale), on peut résumer, de la façon suivante, l’évolution de la muqueuse utérine et la signification du rut.
Au moment où la vésicule ovarienne arrive à maturité, la muqueuse utérine se prépare aux phénomènes qui marquent la formation de la caduque pendant la grossesse. Cette membrane s’hypertrophie; ses vaisseaux se dilatent énormément. Déjà, à cette époque, les parois vasculaires cèdent et laissent le sang s’épancher soit dans le chorion, soit dans la cavité utérine. Si l’ovule détaché n’est point fécondé, l’évolution de la muqueuse
s’arrête et rétrograde; en d’autres termes, la membrane reprend peu à peu l’aspect qu’elle présentait avant l’ovulation.
S’il y a fécondation, au contraire, l’hypertrophie de la muqueuse et la dilatation des vaisseaux continuent et aboutissent au développement des lacunes sangui-maternelles, que circonscrivent les tissus de l’embryon et où le sang suit des voies régulières et bien délimitées.
En résumé, au début du rut, la muqueuse utérine sort de l’étaf de repos ; l’ovulation provoque dans son tissu des modifications qui marquent le premier stade de son état fonctionnel ; le dernier stade, qui n’est que la continuation du précédent, correspond à l’hypertrophie progressive de la muqueuse sous 1 influence de la gestation. Autrement dit, l’évolution de la muqueuse est complète, s’il y a fécondation ; elle est incomplète et plus rapide quand la fécondation ne suit pas l’ovulation.
Le sang de la menstruation est donc comparable à une source qui grossit et coule librement. Si la fécondation se produit, la source grossit davantage, et comme Va prouvé M. Mathias-Dütau, elle est captée et endiguée par les cellules de l’œuf, qui donnent naissance au placenta.