‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 18 sur 50 · E. - TÉRATOLOGIE · texte numérisé non relu

E. - TÉRATOLOGIE

45 —Note sur un cas d’hypospadias périnéo-scrotal chez un chien

[en collaboration avec M. Roger : Société de Biologie, 18 novembre 1887).

46 — Anatomie des organes génito-urinaires d’un chien hypospade [en collaboration avec M. Roger : Société de Biologie, 23 juin 1888).

47 Anatomie des organes génito-urinaires d’un chien bypo-

spade [en collaboration avec M. Roger : Mémoire accompagné d’une planche double et de 6 dessins dans- le texte : Journal de l'Anatomie et de la Physiol., 1889).

Il s’agit de la description anatomique et histologique des organes génito-urinaii’es d’un chien hypospade.

L’étude de ce cas nous a montré que les organes génito-urinaires sont normaux (avec un certain retard dans le développement],

sauf en ce qui concerne la paroi inférieure de Turètre [portion spongieuse) : cette dernière fait complètement défaut, tandis que la paroi supérieure (fond de la gouttière périnéale) et le tissu spongieux existent, mais sans s’être réunis sur la ligne médiane ni entre eux, ni avec les corps caverneux.

La cause de cette anomalie, c’est l’arrêt de développement des membranes tégumentaires de la région, qui n’ont pu se réfléchir sur elles-mêmes, de manière à envelopper le corps spongieux et les corps caverneux, et à constituer le raphé médian par leur soudure.

L’existence d’un gland conformé, dans ses trois quarts dorsaux, comme celui d’un chien normal, et l’absence du canal de l’urètre, sont bien propres à mettre en doute l’opinion classique, qui considère le gland comme un renflement antérieur du corps spongieux de l’urètre, de même que le bulbe en représente le renflement érectile postérieur. En réalité, le développement normal, d’accord, à cet égard, avec la dissociation produite par l’arrêt d’évolution dans notre cas d’bypospadias périnéal, nous enseigne que la portion supérieure du gland n’est que la partie terminale des corps caverneux devenue érectile grâce aux nombreux rameaux fournis par les artères dorsales du pénis, tandis que la portion inférieure, seule traversée par le canal de l’urètre, est une dépendance du corps spongieux. De l’union intime de ces deux portions résulte le gland normal dans lequel les artères bulbo-urétrales et les dorsales de la verge communiquent par de nombreuses anastomoses, constituant un organe médian et impair pouvant s injecter aussi bien par les vaisseaux du corps spongieux que par ceux du dos de la verge.

Ces conclusions s’accordent avec celles que m’a fournies 1 étude embryologique des organes génitaux externes que j’ai résumées p. 38 et suivantes.

48 , Sur un reste de cartilag-e branchial double et symétrique

'[en collaboration avec M. Poirier : Société anatomique^ 3 mai 1889).

49. — Cartilage branchial bilatéral et symétrique [en collaboration avec M. Poirier ; Journal de l’Anatomie et de la PhysioL, 1890, p. 49)*

Il s’agit, dans cette obsei-vation, de deux nodules ou segments

cartilagineux développés dans la région cervicale d’une femme adulte. C’étaient des productions bilatérales et symétriques, siégeant sur le bord antérieur du sterno-cléido-mas*toïdien et formant des appendices hauts de 10 millimètres. Ces nodules étaient, comme le squelette du pavillon de l’oreille, constitués par du cartilage réticulé, et entourés d’un épais périchondre.

L’intérêt de cette observation réside dans l’interprétation que nous fournissent les données actuelles de l’embryologie. La présence de pièces bilatérales et symétriques dans la région des arcs branchiaux et leur structure identique à certains dérivés de la région pharyngienne permettent d’affirmer que ces formations proviennent de restes embryonnaires, ayant pris naissance au pourtour du sillon externe de l’une des fentes branchiales, à la façon du pavillon de l’oreille.

KO. - Structure et pathogénie d’un kyste dermoïde du raphé périnéal et du scrotum [en collaboration avec M. P. Reclus: Société de Biologie, 15 juillet 1893).

Tumeur congénitale située dans le raphé périnéo-scrotal. La structure de ce kyste montre qu’il n’est qu’un conduit épithélial clos, limité par le tissu conjonctif et musculaire du périnée et terminé en cul-de-sac en avant et en arrière.

En comparant avec la constitution de ce kyste les phénomènes que présente le développement normal de la région, on peut expliquer la formation de cette tumeur de la façon suivante : les replis urétraux de la région périnéale, au lieu de se souder sur toute leur hauteur, sauf à l’extrémité profonde (urètre), ne se sont réunis qu’en deux points ; à leur extrémité profonde et à leur bord libre. Dans leur partie moyenne, les deux replis n’ont fait que s’accoler ; de cette façon leur face interne est restée revêtue d’épithélium et le tissu mésodermique et vasculaire n’a point passé d’un repli à I autre.

De cette soudure partielle résulte la présence d’un canal tapissé par des assises ectodermiques qui ont continué à évoluer comme l’épiderme, mais sans former ni follicules pileux ni glandes sébacées. (Voir Maechadier. Kystes dermoïdes du raphé des organes génitaux externes. Thèse de Paris, 1893.)

SI. — Rein unique et utérus unique chez une lapine (en collaboration avec M. H. Roger: Société de Biologie, 22 jaillet 1893).

Du côté droit, absence congénitale du rein, de l’uretère, de 1 orifice urétérin de la vessie. Présence d’un ovaire droit muni d’un pavillon normal et d’une portion d’oviducte imperforé.

Du côté gauche, organes génito-urinaires norrnaux.

L’anomalie dont nous venons de résumer les points essentiels nous paraît très propre à montrer les faits suivants :

L’absence de tout débris du corps de ’Wolff semble indiquer que ni cet organe, ni son conduit excréteur n’ont existé chez l’embryon.

L’arrêt de développement du canal de Wolff a entraîné l’absence du rein droit; on sait, en effet, que le rein provient en tout ou en partie d’un diverticule du canal de Wolff.

La présence de l’ovaire et de l’extrémité antérieure de l’oviducte droits prouve que la glande génitale et le canal de Muller peuvent prendre naissance, l’une (ovaire) aux dépens de Vépithelium germinatif interne, et l’autre (trompe), aux dépens de l’épithélium germinatif externe, selon la nomenclature de M. Mathias-Düvap, même si le corps de Wolff ne se développe pas.

Quant à l’allongement du canal de Muller, c’est-à-dire au développement de la portion qui va atteindre le sinus urogénitaL il est intimement lié à l’existence du canal de Wolff. En effet, les embryologistes ne sont pas arrivés à élucider complètement la question de savoir si le canal de Muller s’accroît, c’est-à-dire s’allonge par bourgeonnement des cellules propres de son extrémité pelvienne, ou bien s’il résulte d’une scission du canal de Wolff. La malformation que nous décrivons ne donne pas a solution du problème, mais elle met hors de doute le fait suivant; l’allongement du canal de Muller n’a pas lieu quand le canal de Wolff fait défaut, soit que ce dernier prenne une part active à la formation du premier, soit qu’il se borne à lui servir de soutien ou de tuteur.

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